mercredi 5 juillet 2017

804 Dépatriarcalisons !

La fin du patriarcat arrivera quand les hommes renonceront d'eux-mêmes à prétendre avoir une position dominante sur l'ensemble des femmes. Ce mouvement de dépatriarcalisation ne se fera pas instantanément, mais progressivement. Il a déjà commencé. Il n'est pas rare que je rencontre en France et à Paris des hommes qui souhaitent voir la fin du patriarcat et y contribuent. Par exemple, un homme à qui je passais mon texte d'une page intitulé « Appel aux femmes », s'empressait de me dire : « je vais le lire à mes filles. » Ce n'est pas un cas unique comme réaction orientée ainsi.

Se dépatriarcaliser consiste pour un homme a renoncer à quantité d'habitudes de pensées et de comportements. Par exemple, si j'aperçois une jolie fille dans un lieu public, ma pensée si elle est patriarcalisée tendra à en faire à mes yeux un morceau de viande à baiser. Mon regard, s'il est patriarcalisé passera en revue ses « avantages ». Comme par exemple ce macho qui me disait il y a peu d'années : « quand j'aperçois une femme, je m'intéresse d'abord à son regard, puis sa bouche et ses seins. » On aurait cru les propos d'un boucher choisissant sa bête sur pied.

Quand un homme patriarcalisé contemple une jolie femme, il va l'analyser comme une addition de quartiers de viande et des diverses façons de les consommer. J'ai longtemps suivi ce mode de regarder les filles. Je l'ai jeté par dessus bord. À présent, si je vois une jolie fille dans un lieu public, je me contente de me dire : « voilà une femme, comme elle est belle ! » et c'est tout.

Le patriarcat développe des fantasmes contradictoires et irréalisables. Une jolie femme doit être tout à la fois facile et fidèle. Elle doit être tout à la fois une sainte et une putain. L'homme patriarcalisé n'arrive pas à voir dans la femme un être humain. C'est juste une série de trous à boucher. Et pour y arriver pratiquement tous les moyens sont bons. La pression morale qui fera accepter de dire oui est sensée respecter la femme.

L'homme patriarcalisé pense tout le temps à « la chose ». Il confond se masturber dans un vagin et « faire l'amour ». Il croit qu'une jolie femme qui se déplace seule en ville est forcément sexuellement disponible. Alors, il harcèle les jeunes filles et jeunes femmes qui se déplacent seules dans les espaces publics : parcs, avenues, magasins, autobus, etc. L'homme patriarcalisé attache une grandiose importance à la taille de son sexe, surtout quand il est en érection.

L'homme patriarcalisé croit que l'attirance pour une femme signifie forcément chez l'homme un besoin de coït. Et d'autant plus s'il y a érection et émission des glandes de Cowper. L'homme pariarcalisé est victime de l'orgasmoscroquerie. Celle-ci consiste à affirmer qu'il existerait une sorte de jouissance unique et suprême atteignable par l'homme en éjaculant dans un vagin. Que cet instant de shoot endorphinien serait le but-même de l'existence. Alors que la plupart du temps quand un homme éjacule, ce qu'il fait trop souvent, étant un drogué de la masturbation, l'homme ne ressent pas grand chose, voire même peut avoir mal. Cette réalité est un sujet tabou dans notre société. En effet, si nous savons la vérité, où se trouve alors la supériorité sexuelle masculine dont on nous parle tant ?

Il suffirait pour l'homme d'éjaculer pour jouir. Quelle farce !!! Mais si on remet en question ce boniment, quelle supériorité sexuelle a l'homme sur la femme ? Il n'en a aucune. L'admettre est bien ennuyeux pour les machos. Machos qui se croient mieux lotis sexuellement que les femmes. Mais la vraie question n'est pas la jouissance sexuelle mais la communication. Un sexe qui en opprime un autre n'est pas un sexe libre. Et sans liberté il n'y a pas de bonheur réel possible. Juste au mieux son esquisse, le temps de nous faire rêver à ce que pourrait être la vie humaine enfin débarrassé du poids du patriarcat et de ses conséquences calamiteuses et destructrices.

Basile, philosophe naïf, Paris le 5 juillet 2017

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