jeudi 22 avril 2021

1462 Connaissez-vous Flora ?

Connaissez-vous Flora ?

Elle a eu mille vies différentes,

Et elle est toujours vivante,

Notre Flora adorée,

Ses longs cheveux,

Sa gentillesse,

Sa jolie voix

Et sa guitare.


Elle a animé

Le grand bal des ours blancs

Au pôle Nord.

Et le défilé des fourmis lalala,

A la Fourmi-City

Dans l'Arizona.

La fête des lucioles

Dans les atolls

Des trois parasols,

La chorale des trois corbeaux

Au festival des trois lavabos,

Et le défilé des chats

Dans les neiges de l'Himalaya,

Parmi les hiboux,

A la Saint-Miaou.


Flora, c'est quelqu'un,

Elle est partout

Et nulle part.

On la cherche

Elle n'est pas là.

On croit qu'elle n'est pas là,

Mais elle est pourtant bien là,

Belle présence parmi nous, miaou,

Flora la magicienne

Qui nous rend heureux

Avec son seul regard

Et ses chansons.


Connaissez-vous Flora ?

Si vous ne la connaissez pas,

Courez, découvrez-là !

Flora que l'on aime

Et à qui j'ai dédicacé

Ce poème.


Flora la belle Mexicaine,

La belle Colombienne,

La belle Équatorienne,

La belle Bolivienne,

La belle Uruguayenne,

Qui nous enchante

Avec ses chansons.


J'ai rêvé d'un monde

Où il n'y aurait plus

Que des Flora

Par millions.

Ce serait un monde fait de paix,

De gentillesse

Et d'harmonie,

Avec plein de chansons

En espagnol,

Puisque c'est la nature

Et l'origine

De ta maman

Adorable,

Qui t'a fait jaillir

De ses entrailles,

Et que nous remercions

Pour ce cadeau incomparable :

Flora qui chante

Et nous enchante,

Amour, beauté, grâce infinie.


Basile philosophe naïf

Paris, le 22 avril 2021


mercredi 21 avril 2021

1461 Je ne peux pas

Je ne peux pas t'offrir mon amour,

Je ne peux pas... t'offrir mon amour...

Alors je t'offre des fleurs.


Je ne peux pas t'offrir mon amour,

Alors je t'offre des gâteaux.


Je ne peux pas t'offrir mon amour,

Alors je t'offre de belles pensées.


Je ne peux pas t'offrir mon amour,

Alors je t'offre ce poème.


Je ne peux pas t'offrir

Ce que j'ai de plus précieux au monde.


Je ne peux pas t'offrir

Ce qui est le plus précieux

Que je puisse donner

Sous le ciel étoilé,

Au bruit du ressac de la mer

Sur les récifs des îles enchanteresses.

Je ne peux pas t'offrir mon amour,

Je ne peux pas t'offrir mon amour,

JE NE PEUX PAS T'OFFRIR MON AMOUR !

Parce que tu l'as déjà.


Basile philosophe naïf

Paris, le 21 avril 2021

samedi 10 avril 2021

1460 Supplique

Il paraît

Que si un jour

Je ne suis plus inscrit

Au registre des vivants

Il faudra prier

Pour « le salut de mon âme ».

Si vous êtes croyant

Priez pour moi

Le jour venu

Et même avant.

Et si vous ne croyez pas,

Mangez du chocolat,

C'est très bon pour le moral

Car ça contient de la théobromine.

La seule chose qui me chagrine

Si je dois sauter le pas,

C'est la tristesse de mes amis.

Allons, ne pleurez pas !

Pour moi

C'est juste

Un changement de dimension,

Et mon envie

D'aller saluer

Le duc e la Tour-Maubourg,

Henri Langlois

Et Charles Baudelaire,

Dont on fête cette année

Le bicentenaire.

Si vous êtes triste,

Voici un conseil

Pour vous consoler,

Plantez en mon honneur

Un bel arbre fruitier.

Et puis, chaque année

Allez le caresser.

Avec ses fruits

Faites de la confiture

Et dites vous

En en mangeant

A tous les repas :

« C'est bien vrai,

« Basile est encore là !

Bien qu'on prétend

Que ce veinard

Habite à présent

Rue Emile Richard,

Une rue très calme

Et trépassante

De son quartier.

Et qu'on le voit

Tous les soirs

Près d'un des rares moulins parisiens

Bavardant agréablement

Avec Henri Langlois,

La duchesse des Petits Pois

Et Charles Baudelaire,

Les inhumés les plus extraordinaires

Du cimetière

Le plus joyeux de la Terre,

Où chaque soir

Les fantômes dansent la java,

La rumba, la polka et le cha cha cha.

Et si une nuit je m'ennuie à vie,

Je m'en irai saluer

Le duc de la Tour-Maubourg

Qui, selon ma kiné adorée

Était loin d'être parfait,

Ce qui ne m'étonne en rien,

Car nous le savons tous très bien,

L'homme est une moisissure pensante

Qui se prend pour Dieu.

Mais pour éviter de finir ma poésie

Avec quelque chose de sérieux,

Connaissez-vous l'histoire

De ce missionnaire

Qui rencontre

Un lion affamé ?

Il se jette à genoux

Et implore Dieu.

« Seigneur, inspirez

Des sentiments chrétiens

A ce lion ! »

Et voilà le lion qui s'agenouille

Et déclare,

Pattes de devant jointes :

« Seigneur, bénissez

Le repas

Que je vais prendre ! »



Basile philosophe naïf

Paris, le 10 avril 2021

mercredi 7 avril 2021

1459 Le Val de Grâce

Hôpital du Val,

Là où passaient les infirmières,

A présent circulent

Les courants d'air.

Dans les chambres vides

Et les blocs abandonnés,

Réduits à des lieux sans valeur

Et sans utilités,

Des ruines prématurées,

Erre en pleurs,

Escorté de grognards,

L'ombre du grand Corvisart.

Cet hôpital

Était un trésor médical,

Une richesse nationale,

Une fierté de la France,

Une référence

Pour ceux qui y travaillaient

Avec efficacité et compétences.

Fondé en des temps anciens

Pourvu d'un grand bâtiment récent,

Avec un beau jardin parisien.

Au Val, j'ai été, il y a neuf années

Tester l'habileté au bistouri

Du professeur Chapuis.

J'ai apprécié cet hôpital.

Et puis un jour, il a été détruit.

 C'était un hôpital militaire.

Est-ce une victime de guerre ?

A-t-il été bombardé ?

Non. Il a été fermé

Par ordre du ministère.

On l'a supprimé

Comme on écrase une mouche,

On supprime un nuisible.

Quatre cent lits

Dont on n'avait sans doute

Pas besoin.

Je m'étonne et questionne,

Pourquoi supprimer

Ce qui est beau, ancien,

Fondé en 1799

Et depuis remis à neuf

Et marche bien ?


Basile philosophe naïf

Paris, le 7 avril 2021

mardi 6 avril 2021

1458 Cri poétique

Que ceux qui sont d'accord

Le disent, me soutiennent,

Pour nettoyer notre vocabulaire.

Débarrassons notre langue

Du venin des siècles passés !

Qu'elle s'épanouisse

Dans l'amour de la vie,

La paix des cœurs

Et l'harmonie du monde !

Tous les petits enfants,

Y compris nous il y a longtemps,

Arrivons du ciel,

Pour nous abriter un moment

Au chaud,

Dans le ventre accueillant

De notre maman,

Puis passons par le même passage

Pour entrer dans le monde.

Notre monde

Qui est très perturbé.

Et dont les femmes

Payent chair,

Cé, ache, a, i, ér

Les faiblesses,

Les incohérences

Et les crimes.

Il est temps

Que le règne de la violence

Se termine,

Et le règne de l'amour

Arrive.

Cette violence

Qui s'inscrit également

Dans notre vocabulaire.

Vagin signifie

« Fourreau d'une arme ».

C'est infect, ignoble,

Affreux, immonde.

Je propose de remplacer

Le mot « vagin »

Par le mot «passage».

Un mot juste, neutre,

JHonnête et glorieux.


Basile philosophe naïf

Paris, le 6 avril 2021

samedi 3 avril 2021

1457 Riz amer

 Des milliers de femmes

Transformées en bétail

Pour repiquer le riz,

Les pieds dans l'eau

Du matin jusqu'au soir,

Dévorées par les moustiques

Et harcelées par leurs chefs.

Tout ça,

Pour une paie de misère,

J'ai pleuré

En regardant « Riz amer ».

Rizières de Vercelli,

Si vous pouviez pleurer,

Vous déborderiez

En pensant à toute la misère

Que vous avez connu,

Sous un ciel ardent et cruel.

Mes sœurs anéanties par le travail,

Vos jambes et vos pieds étaient nus.

Vaillantes Piémontaises,

Braves filles d'Italie,

Vous avez usé vos charmes

A enrichir vos patrons

Et gagner le pain de la misère,

Le pain du riz amer.

Derrière mes larmes

Je vous aime

Et ne vous oublierai jamais.

Je penserai à vous

Tant que je vivrai.

Et même après cette vie

Si Dieu m'accorde

De vous retrouver au Paradis.


Basile philosophe naïf

Paris, le 3 avril 2021

jeudi 1 avril 2021

1456 Poème pour remercier Élise

 Hier, par un bel après-midi

Ensoleillé de printemps

Je remontais la rue Didot

En direction de mon domicile.

Avant de sortir

J'avais troqué

Mon pantalon de velours vert

Contre un pantalon de toile bleue.

J'étais seul.

Personne ne m'avait vu

Avant que je sorte

Pour apprécier ma tenue.

Je marchais d'un bon pas,

Quand une voix féminine

Calme, aimable et tranquille,

Proche et inattendue

M'a interpellé derrière moi.

Une jeune fille inconnue

Me disait que j'avais

Une jambe de pantalon

Qui n'était pas descendue.

La belle inconnue

Ainsi soudain apparu,

Troublant ma solitude,

M'a fait remarquer

Que ce n'était sans doute

Pas choisi exprès

De voir ainsi mon pantalon froissé,

Sa jambe retroussée

Au-dessus du mollet.

Elle s'est proposé de l'arranger,

Supposant que ma santé

Me rendait difficile

De me pencher.

J'ai accepté,

Et le désordre réparé

Nous voilà à bavarder.

Nous parlons de choses

Et d'autres.

Nous nous présentons.

Quelle aimable situation !

J'offre trois poésies

A l'aimable inconnue,

Et apprend qu'elle se prénomme Élise.

Élise, trésor d'humanité,

Trésor de l'Humanité,

Élise, je vous aime.

Rassurez-vous

Je n'ai pas le moindre béguin

Pour vous

Et ne cherche pas

Je ne sais quoi.

Je ne viens pas

Chercher à troubler vos amours.

Élise, la part de votre charme

Qui m'a frappé

Est que vous m'avez montré,

Surgissant ainsi dans ma vie,

Une des facettes les plus belles,

Éblouissantes et divines

Des relations humaines,

La bonté désintéressée

Pour aider un inconnu.

Ce que j'ai fait

En sauvant Asta

Il y a quinze ans.

Ce que j'ai raconté

Dans une des trois poésies

Que je vous ai remise

Belle et généreuse Élise.

Votre geste m'a ébloui.

Par cette poésie je vous remercie.

Dans la nuit de l'indifférence

Où hélas est souvent plongé la France,

Vous avez été comme une lumière

Venue du Paradis,

Comme un clin d'œil

De la Vierge Marie.

Basile philosophe naïf

Paris, le 1er avril 2021

mardi 30 mars 2021

1455 Joséphine

Joséphine princesse des légumes

Aux Saisonniers

Vend la verdure du printemps.

Je ne vois pas son visage

Dissimulé par un masque chirurgical.

J'aurais préféré

Un masque de Carnaval,

Pour l'inviter à danser

Aux très joyeux bals masqués.

On voit ses longs cheveux.

Son sourire est bien caché.

On sent sa bonne humeur,

Derrière le masque médical

Plus fait pour les belles infirmières

Que pour vendre les joyaux de la terre.

Joséphine n'aime pas son prénom.

Elle a un tas de surnoms

Dont j'ignore la composition.

J'aimerai les connaître.

Elle me les révélera peut-être

Quand je lui offrirai ce poème,

En rêvant aux jours meilleurs

Où sera restauré notre bonheur,

Festoyer, danser et chanter en chœur.

  

Basile philosophe naïf

Paris, le 30 mars 2021

samedi 27 mars 2021

1454 Rencontre avec l'Amour

M'étant levé de bon matin

J'ai trouvé une femme

Dehors, près de ma porte,

Vêtue d'une longue robe

Au tissage ancien,

Assise sur un banc de cristal,

D'opales et d'émeraudes.

Ses cheveux blonds dorés défaits

Tombant en cascade

Sur ses genoux.

Elle me regardait

D'un regard mystérieux,

Tranquille comme le sphinx

Au milieu des solitudes.

Ses prunelles

Ont capturé les miennes.

Ses yeux étaient bleus.

D'un bleu si intense

Que je me suis senti transpercé

Et incendié de l'intérieur.

Son regard rayonnait

Comme la foudre

Traversant le ciel étoilé,

Comme l'éclair

Annonçant l'orage,

Comme la pluie d'équinoxe

Lavant tout sur son passage,

Comme le vent du pôle

Effaçant le paysage

Sous la neige accumulée

Par l'hiver impitoyable.

Son regard était

Puissant et invincible

Comme la brume incendiaire

Et la flamme des volcans.

Devant cette créature mystérieuse

Et pourtant proche,

Je restais pétrifié.

L'apparition me fixait toujours

De ses prunelles d'acier bleui.

Elle me regardait à présent

Avec une tendresse infinie.

Et je me sentais

Totalement soumis

Et en accord

Avec sa présence bouleversante.

Je la percevais familière

Et pourtant venue d'ailleurs,

Amicale et inaccessible,

Nouvelle

Et venue depuis toujours.

Mais qui était donc

Cette femme inattendue

Au regard d'or

Et de profondeur marine ?

« Qui es-tu ? » Lui ai-je demandé,

Inondé par la tendresse soudaine

De la caresse de son regard.

« Je suis la sagesse de Dieu, »

M'a-t-elle répondu.

Et elle a disparu,

Laissant à sa place

Un pénétrant parfum

De lis et de roses,

Et une vaste corbeille de fleurs bleues.


Basile philosophe naïf

Paris, le 27 mars 2021