vendredi 29 mai 2020

1305 COCORICO !!!

Ils peuvent nous enlever
Nos richesses,
Nos maisons,
Nos musées,
Nos forêts,
Nos ports,
Nos aéroports,
Nos industries
Et même nos prairies.
Ils peuvent nous enlever
Nos autos,
Nos routes,
Nos meubles
Et nos immeubles,
Nos robes
Et nos manteaux,
Nos chemises
Et nos vestons,
Ils peuvent nous enlever
Nos récoltes,
Nos brevets,
Nos inventions,
Nos fabrications,
Nos livres,
Nos vivres,
Nos plages,
Nos rivages
Et nos montagnes.
Mais il y a une chose
Qu'ils ne nous enleveront jamais !
C'est notre fierté d'être Français !

Basile
Paris, le 29 mai 2020

jeudi 28 mai 2020

1304 Avenir dangereux

Le loup s'est fait agneau,
L'agneau s'est fait loup,
Au loup
Au loup
Au loup
Les loups sont parmi nous,
Les loups par milliers
Descendent les escaliers,
Attention, danger !
Leurs crocs sont acérés,
Leur haleine sent mauvais.
Leurs aboiements ressemblent au tonnerre,
Leurs regards lancent des éclairs.
Aux gestes de douceur
A succédé la panique et la peur,
L'espérance est devenu un crime,
Nous marchons vers l'abîme.
Au parfum des fleurs
A succédé l'âcre puanteur
Des écuries et des maisons brulées.
La lune est grise,
Le ciel est noir.
Le rêve même a disparu
Sous le pas des loups,
Qui envahissent par milliers
Jusque votre salle à manger,
Votre chambre à coucher.
Plus rien n'est sécurisé.
De peur
Seul au fond de son lit
On claque des dents,
Derrière la porte
On entend des frottements,
Les loups se réjouissent.
Ah ! Ce sera à votre tour
Disent-ils, de payer
Le prix de l'amour !

Basile
Paris, le 28 mai 2020

1303 Plaire, être apprécié, se montrer

Une amie comédienne me disait un jour : « si un spectacle a un très grand succès et qu'une salle comble applaudit à tout rompre la performance d'un acteur. Et qu'ensuite quelques rares spectateurs viennent dans sa loge lui serrer la main et lui dire qu'il a été très bien, ces rencontres sont très importantes. Et une salle comble qui applaudit ne les remplace pas. »

Quand j'écris une nouvelle poésie et l'envoie à une quinzaine de personnes, j'attends leur retour avec impatience. Même si je suis persuadé d'avoir été bon, il me manque quelque chose.

Quand dans une conversation il est question d'un sujet qu'un des présents ignore, il peut arriver qu'il s'empresse d'apporter une information intéressante... qu'il vient d'inventer.

Certaines personnes ne sont jamais d'accord avec vous et affirment systématiquement le contraire, quel que soit le sujet.

Une amie s'informe sur un sujet d'actualité dont je lui avais parlé. Tombe d'accord avec mon opinion sur ce sujet. Mais s'énerve quand elle m'expose son point de vu, alors que je lui dis que je suis d'accord.

Au Carnaval on cherche à se faire remarquer.

Toutes ces reactions procèdent de comportements acquis durant la petite enfance.

L'enfant, c'est à dire y compris nous il y a bien des années, veut plaire, se sentir intégré au monde des grands, des adultes, des « grandes personnes », des aînés, des anciens, des parents, de « ceux qui savent ». Alors, quand il agit, il observe la réaction de ces personnages dominants et parfois incompréhensibles et mystérieux.

Je fais ci, je fais ça, se dit l'enfant. Est-ce bien ? Approuvé par les grands ? Ils sourient, c'est bien. Ils applaudissent, me récompensent, c'est merveilleux. Ils désapprouvent, se fâchent, aïh aïh aïh !

Beaucoup plus tard, ces comportements s'étant imprimés en nous, nous avons besoin de plaire, de la reconnaissance des autres. Il est alors plus facile de suivre le troupeau, hurler avec les loups que d'être un pionnier solitaire, même convaincu de la justesse de sa démarche.

C'est parce qu'il a été enfant, que l'acteur ou l'actrice apprécie tant la poignée de main et les compliments de quelques-uns reçus dans sa loge après le spectacle où il a y compris triomphé. Ça rentre en écho avec lui ou elle enfant quêtant l'approbation des « grands ». Même chose quand je suis impatient, avide de recevoir des réactions à la lecture d'une nouvelle poésie.

Celui ou celle qui invente une information sur le sujet qui passionne un auditoire cherche aussi la reconnaissance, quitte à affabuler. Ce comportement contribue à la diffusion de fables. Il est très répandu.

Dire systématiquement le contraire est une façon négative de s'affirmer.

Une façon caricaturale de s'affirmer, et pas si rare que ça, est de témoigner par la véhémence de ses propos... d'un désaccord imaginaire avec son interlocuteur ou interlocutrice.

Enfin, pour s'affirmer, quoi de mieux qu'un fantastique costume et masque de Carnaval ?

L'enfant qui est en nous n'a pas toujours tort. Mais il faut savoir quelquefois le dépasser. Ainsi, par exemple, je ne cherche plus depuis des années à « briller en société ». Il n'y a besoin ni d'excuse, ni d'alibi, ni de justificatif pour simplement exister. Si on vous apprécie, tant mieux. Si on ne vous apprécie pas, on ne peut pas plaire à tout le monde. Il y aura toujours des gens qui ne vous apprécieront pas, quoi que vous fassiez, y compris pour leur plaire.

Comme disait Molière : « on ne peut pas plaire à tout le monde et son père. » Essayons d'être nous-même. C'est déjà un effort très satisfaisant, justifié, important, difficile, louable et suffisant.

Basile
Paris, le 28 mai 2020

mercredi 27 mai 2020

1302 L'Allergine de Jousset, un vieux médicament contre de nouvelles pathologies

Il y a plus de trente ans, je flânais dans les rues du Quartier latin, quand mon attention fut attirée par le titre d'un livre. Il était en vente dans une librairie médicale, non loin de l'ancienne faculté de médecine. Ce titre était étrange : « Les microbes sont-ils nos ennemis ? » Son auteur, que je ne connaissais pas du tout, était un certain docteur Marc Emily.

Je feuilletais l'ouvrage en question, qui était vendu d'occasion. Le trouvais intéressant. L'achetais. Et l'emportais pour le lire à la maison.

Cet ouvrage n'était pas un ouvrage ordinaire. Il était en fait conçu en deux parties. La première était constituée d'une série de dossiers médicaux concernant tous l'amélioration de l'état de santé de malades auxquels le docteur Emily avait administré de l'Allergine, un médicament extrait du bacille de Koch par le professeur de médecine parisien André Jousset. Ce médicament à usages multifonctionnels avait cessé d'être fabriqué et distribué. Rayé du Codex pour cause d'inutilité. Emily n'était pas d'accord avec cette décision. Je flairais quelque chose d'intéressant. Et si ce médicament, étudié durant trente ans par Jousset était utile contre de nouvelles pathologies telles que le SIDA ?

Il serait bon et utile d'attirer l'attention des chercheurs pour qu'ils étudient la question.

J'ai cherché à alerter des chercheurs. En vain, car le monde est ainsi fait, il est cloisonné. Un artiste peintre poète diplômé des Beaux-Arts de Paris n'a autant dire aucune chance d'être entendu par un médecin chercheur en médecine.

Je ne prétendais pas que l'Allergine soit forcément un remède miracle. Mais qu'il était justifié de se pencher sur son usage contre de nouvelles pathologies. Un produit extrait du bacille de Koch et étudié durant trente années par un professeur de médecine me semblait digne d'intérêt. J'allais à la rencontre d'hommes de science, de médecins, en leur disant : « je ne suis pas médecin, mais vous, pourriez-vous étudier la question, vous qui savez ? » C'est tout juste si on ne m'a pas rit au nez. Ma cause était perdue d'avance. Ce n'était pas mon propos qui était perçu, mais qui j'étais : un artiste, un doux rêveur, qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, la recherche médicale, domaine réservé aux chercheurs médicaux.

C'était à désespérer. Je persévérais. Un jour, il y a vingt-trois ans, une amie s'était retrouvé hospitalisée sous traitement suivi avec un médicament sur lequel je m'interrogeais. Ce médicament était-il adapté, dangereux ? Je décidais, pour en avoir le cœur net d'aller consuiter de la documentation pharmaceutique. C'est ainsi que je débarquais à la bibliothèque de la faculté de pharmacie située près du jardin du Luxembourg. J'ai reçu un accueil très sympathique et j'ai pu me enseigner sur le médicament administré à mon amie, un puissant neuroleptique. Il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.

Reste que j'étais dans la place ! Me souvenant de l'Allergine, je me suis dit : « je ne suis ni médecin, ni chercheur en pharmacie ou en médecine. Les médecins, chercheurs en médecine ou en pharmacie ne veulent pas m'entendre et faire des recherches sur l'Allergine. Je ne suis pas compétent, je ferais des recherches quand même ! »

J'ai donc cherché et demandé des documents concernant l'Allergine. J'en ai trouvé trois ; un bulletin de l'Académie de médecine où Jousset avait écrit une communication, une revue médicale où il expliquait l'Allergine et enfin un livre sur le traitement de la tuberculose par l'Allergine.

Fait extrêmement significatif, ce dernier ouvrage n'avait pas été acquis par la bibliothèque de la faculté de pharmacie, mais offert par un particulier. Ce qui confirmait ce que j'avais pensé. Jousset, pour diverses raisons, pas forcément médicales, était mal vu dans le milieu médical où il évoluait. Sa notice nécrologique laisse entendre qu'il s'était même fait de solides inimitiés.

Après sa disparition, les recherches qu'il avait poursuivis n'ont bientôt plus été continuées.

Munis de nouvelles informations sur Jousset et l'Allergine, ayant photocopié des documents à la bibliothèque, j'ai cherché à alerter encore et encore. Las ! Je me heurtais à un mur. J'ai du amuser certains médecins. L'un d'eux m'a dit : « c'est intéressant, c'est le style des articles scientifiques de cette époque. »

La tâche paraissait impossible à remplir. J'ai baissé les bras durant quelques années. Enfin, il y a pas trop longtemps j'ai rédigé l'article André Jousset dans Wikipédia. Il est bien sûr mentionné dans cet article sa recherche sur l'Allergine. Et précisé qu'un autre médicament, qui n'a rien à voir, existait aujourd'hui, commercialisé sous le même nom.

Dans mon article j'ai mis des liens permettant d'accéder à des écrits de Jousset, notamment sur le mode de fabrication de l'Allergine. Cet article de Wikipédia je l'ai vu un peu comme une bouteille çà la mer. Peut-être quelqu'un un jour, un chercheur, va s'y intéresser et ouvrir par la suite un nouveau chapitre dans l'histoire de l'Allergine de Jousset.

J'ai longtemps cherché qui pourrait reprendre les recherches sur l'Allergine de Jousset, sur laquelle existe une thèse. Aujourd'hui enfin je crois avoir la réponse à mon interrogation. Un institut de recherches de Marseille dirigé par un professeur dont un axe de recherches est justement l'emploi de vieux médicaments contre de nouvelles pathologies. Je lui envoie cet article et souhaite très vivement qu'enfin l'Allergine de Jousset sorte de l'ombre et de l'oubli et soit utile à la santé. Et peut-être même soit d'une très grande utilité.

Le professeur de médecine de Marseille se nomme Didier Raoult. Il a en commun avec le professeur André Jousset d'être compétent, intelligent et aimant les arts. Il a comme lui, semble-t-il, des détracteurs. Feu André Jousset et Didier Raoult sont des personnalités qui m'apparaissent comme des esprits indépendants et teigneux, positifs et persévérants et dévoués à la santé. J'aime et estime de telles personnes, quand bien-même je suis un artiste et un poète tout à fait ignorant dans le domaine scientifique et médical. Ma spécialité étant l'aquarelle, la photographie, la philosophie et la poésie. J'espère que l'Allergine de Jousset sauvera demain beaucoup de malades.

Basile
Paris, le 27 mai 2020

mardi 26 mai 2020

1301 La veste de golf

Une poétesse
Dame assez riche,
M'a offert un jour
Un très beau présent.
Une veste de golf.
Je n'avais jamais vu
Ni possédé
Un vêtement aussi chic.
Elle m'allait très bien.
Il allait falloir l'inaugurer,
Assurer sa première sortie.
Mais voilà,
Une dame de l'entourage
De ma généreuse donatrice
Et vague parente
Visiblement n'appréciait pas
Qu'un si resplendissant objet
Échoue dans la garde-robe
D'un misérable poète
Pauvre, pouah !
Un Russe inconnu
À la famille
Ruinée par la Révolution,
Et devenu balayeur.
Quelle horreur !
Elle ne cachait pas sa pensée,
Me disant que le don à moi
De cette belle veste
Était mal venu, n'était pas justifié,
Était une erreur.
Elle réservait ce présent
À un homme chic
De son entourage.
Cette dame m'a fait un charme fou.
Devant ce tir de barrage
De Cupidon,
Ce bombardement de l'Amour,
Ces shrapnels d’Éternel Féminin,
Mon cœur de poète
S'est illuminé, embrasé,
Carbonisé, soumis
Et asservi.
Ma séductrice n'a pas eu
Trop de mal pour y arriver.
Comment un vieux garçon
Sentimental et solitaire
Pourrait résister
À une telle offensive ?
Sous le feu de ses bisous
La capitulation était inévitable.
J'ai déposé les armes,
Toute résistance était impossible.
Les fortins de la ligne Maginot
De mon cœur
Se sont tous rendus.
Drapeaux blancs
Sur toute la ligne de front.
Heureuse capitulation !
Cette dame me promettait,
Sans rien me donner,
À part quelques bisous un peu appuyés
Sur les joues,
Mais hors d'œuvres
De folles nuits d'amour.
Me promettait,
Que dis-je, m'assurait
De tout son merveilleux cœur de femme,
De dame d'honneur de Vénus,
D'esclave d'Aphrodite,
De suivante d'Astarté,
D'héritière de Cléopâtre
Et Marilyne...
L'amour, la tendresse,
Une agréable compagnie,
Bref, ma vie transfigurée
Par la grâce d'une personne
Qui se donnait à moi
Et ne me demandait rien.
Si, la veste de golf.
Devant une telle chance,
Une telle générosité,
Un tel avenir doré,
Que pesait cet équipement
De golf, auquel je ne joue pas ?
Sans aucune hésitation
J'embarquais l'objet
Et le portais
À notre rendez-vous.
Ma future compagne
Embarqua la veste
Dans un grand sac.
Je la vis s'éloigner.
Et depuis ce jour
Je n'ai plus jamais entendu parler
De la belle récipiendaire
Et de son précieux objet.
J'ai ainsi eu le potentiel
De me vêtir très chic.
Ce potentiel a duré
Trois ou quatre semaines
Il y a bien longtemps.
J'aurais pu ainsi
Concurrencer en élégance
Mes ancêtres
Qui, dans leur grand palais,
Aujourd'hui bibliothèque d'état
De Russie,
Prenaient le thé
Avec le tsar,
Et le rendait parfois
Cocu.
À défaut de posséder
L'élégance du passé,
J'en conserve au moins
Le souvenir.
Il m'a permis d'écrire
Aujourd'hui,
Cette poésie,
Qui, j'espère
Vous a apporté
Un peu de bonheur.

Basile
Paris, le 26 mai 2020

1300 Souvenir de Chamallow - poésie interactive avec vingt lignes à remplir

Je suis allé à Chamallow
Cité corsaire.
Pour cela
J'ai pris une route
En lacets
Qui longeait la mer
Pleine de couples
Enlacés.
Il y avait là
Vladimir, pour la vaisselle
Et sa copine
Mélusine, en grève.
Konnitchi Oua Oua
La caravane passe
Et Sayonara pas
Pour tout le monde,
Avec le chat Clifford
Monté sur une feuille de papier
Et troublant... mon inspiration.
Trou blanc
C'est tout de même mieux
Que trou noir.
Le chat passe
Et repasse,
Mais ne repasse pas
Les chemises.
Il vient me ronronner
À l'oreille,
Et mordiller
La feuille de papier.
Et Sonia n'est pas là.
Son maître chat
Me tient compagnie,
Comme Florent
L'intelligent.
Le chat vrai
C'est mieux que le chat faux.
Chat va bien,
Chat tourne pas rond
Mais au carré
Raie de lumière
Au fond d'un ciel bleu betterave
Tout noir la nuit.
Mais les betteraves sont rouges !
Et pourquoi pas elles seraient ici
Bleues ?
Plus que six ou sept lignes à écrire
Pour finir.
Qu'alors y faire ?
Il a cru s'y fier
Mais ce n'était pas le bon plan,
Rataplan !
Fin du premier épisode.
Oui, c'est ça.
Ajoutez à ce texte vingt lignes
Ou plus :






















Basile
Paris, le 26 mai 2020

samedi 23 mai 2020

1299 MERCI !!

Le Boléro de Ravel,
Arrangé
Et interprété
Par cinquante et un concertistes
Chacun seul
Devant sa caméra
Au bord de la mer,
En ville,
Ou à la campagne,
C'était beau à pleurer.
J'en ai eu les larmes aux yeux.
Et je suis sûr
Que dans la salle de concert virtuelle
Dieu et les anges,
Et l'âme de Ravel,
Étaient présents,
Admiraient,
Et leurs yeux brillaient.

Basile
Paris, le 22 mai 2020



https://www.youtube.com/watch?v=BZQF5X9E770


  GRAZIE !!
 
Il Boléro di Ravel,
Disposte
E interpretato
Di cinquantuno musicisti
Ciascuno da solo
Di fronte alla sua macchina fotografica
In riva al mare,
Nella città,
O in campagna,
Era bello piangere.
Avevo le lacrime agli occhi.
E ne sono sicuro
Quello nella sala da concerto virtuale
Dio e gli angeli,
E l'anima di Ravel,
Eravamo presenti,
Ammirato,
E i loro occhi brillavano.

Basilio
Parigi, 22 maggio 2020