mercredi 23 septembre 2020

1401 Tous les seins du Paradis parisien

Qu'elles sont belles

Les ribambelles

De ces rotondités

Merveilles naturelles

Mamelles exquises de la cité.

Seins parisiens, seins des seins, séduction

Des bords de Seine. Miches, nénés, tétons,

Pare-chocs, boîtes à lait, nichons,

Roberts, lolos, poumons.

Je préfère

Aux derricks à pétrole du Texas

Des champs pétrolifères

De gars pleins aux as,

Les derricks à lait généreux ô combien

Des champs maternels parisiens.

Ils nous nourrissaient enfants.

Ils donnent à l'amour des autels divins

Quand nous sommes plus grands.

Je chante les seins des Parisiennes.

Grand Perret, santé ! Je bois à la tienne

Toi qui a su honorer ce qu'en Italie

On appelle vulgairement piselli.

Et à la santé aussi

Du grand Georges le Sétois, je bois,

Toi qui a glorifié les amours grivois

D'un représentant de la magistrature

Avec un gigantesque gorille

De très haute stature,

Aux imposants attributs virils.

Du juge la déconfiture

Fut peu appréciée par la censure.

Mais le public trouva le récit très amusant.

Devant deux grands noms de la chanson

Je ne vois pas pourquoi

Je ne chanterai pas

Mon amour des jolis seins féminins

Parisiens, merveilleux ô combien !


Basile philosophe naïf

Paris, le 24 septembre 2020


La plupart des hommes que je rencontre ont une vision consumériste de la femme. Ils veulent en profiter et très souvent « conclure ». Ils voudraient avoir la confiance des femmes et en même temps en profiter. Avoir le beurre et l'argent du beurre. Ils ne sont pas conscients de cette réalité fondamentale : le désintéressement est une arme de séduction massive. Alors ils bricolent. Les résultats ne sont pas convaincants. Cette situation générale rend le compliment difficile. Comment vanter la beauté des seins des Parisiennes sans risquer de passer pour un affreux macho ? J'ai écrit aujourd'hui un hommage respectueux et comique aux seins des Parisiennes. Que cet hommage soit bien accueilli par les Parisiennes, tel est mon souhait


Dans ce poème un mot italien n'est pas traduit : piselli est le pluriel de pisello qui signifie haricot et aussi ziizi.

mardi 22 septembre 2020

1400 La prière du Juste

Cher Dieu,

Donnes-moi la santé et le moral

Face à l'adversité.

Et protèges-moi

De ceux qui veulent m'imposer

La violence, le doute,

Et la résignation.

Je ferai le bien,

Comme je l'ai toujours fait.

Ou au moins essayé

De le faire.

Casses-leur la gueule.

Ils te cherchent,

Qu'ils te trouvent.

Débarrasses le monde

De leur présence immonde.

Basile philosophe naïf

Paris, le 22 septembre 2020

dimanche 20 septembre 2020

1399 Petit conte philosophique

Il était une fois

Un homme

Extrêmement riche

Qui avait décidé

D'acheter le monde.

Le problème

Qu'il ne s'était pas posé

C'est que le monde

N'était pas à vendre.


Basile philosophe naïf

Paris, le 19 septembre 2020

1398 Le Grand Secret

Le Grand Secret


J'ai un secret à te dire

Avant de rendre

Le dernier soupir,

Disait la grenouille à l'escargot.

Qui le répéta aussitôt

Au lézard gecko.

Qui le dit au maki

Qui s'en ouvrit

Au roi des hippopotames

Du fleuve Limpopo,

Qui le cria d'un air féroce

A l'oiseau bleu des Galapagos.

Ainsi fut transmis

Le secret extraordinaire

Du coléoptère dit enfin

Par la baleine

Au lamantin,

Qui le répéta

A la petite souris

Qui passait par là,

Qui le chuchota

Au chameau du désert

Qui le révéla

A l'alligator centenaire

Des îles du golfe clair,

Qui le répéta à l'ourson bleu

Gardien du Capitole

Qui danse la rumba

Dans les boîtes de nuit

De la ville d'Oslo

Sur le fleuve Limpopo

Qui sépare la Transleithanie

De la Cisleithanie

Dans l'empire de l'Autrichon gris.

Ce secret fameux transmis

Du coléoptère à l'Autrichon gris

C'était : « la vie est belle Annabelle ! »


Basile philosophe naïf

Paris, le 19 septembre 2020


Autre version :

Le Grand Secret


J'ai un secret à te dire

Avant de rendre

Le dernier soupir,

Disait la grenouille Gribouille à l'escargot Victor Hugo.

Qui le répéta aussitôt

A Balthazar le lézard gecko.

Qui le dit à Kiki le maki

Qui s'en ouvrit

A Anne Hilarion le roi des hippopotames

Du fleuve Limpopo et de la vallée du Po,

Qui le cria d'un air féroce

A Ventrebleu l'oiseau bleu des Galapagos.

Qui avait trois gosses, à qui il transmit

Le secret extraordinaire

Du coléoptère Jean-Luc Robert dit enfin

Par la baleine Germaine

Au lamantin Antoine Julien,

Qui le répéta

A la petite souris Annabelle

Qui passait par là,

Qui le chuchota

A Bebert, le chameau du désert

Qui le révéla

A Victor dit Totor l'alligator centenaire

Des grandes îles du golfe clair,

Qui le répéta à l'ourson bleu Morbleu

Gardien du Capitole et du phare Ibole,

Qui danse la rumba et le cha cha cha

Toutes les nuits dans les boîtes de nuit

De la ville d'Oslo en Chine

Sur le fleuve Limpopo

Qui sépare la Transleithanie

De la Cisleithanie

Dans l'empire de l'Autrichon gris.

Ce secret fameux transmis

Du coléoptère Jean-Luc Robert à l'Autrichon gris

C'était : « la vie est belle Annabelle ! »


Basile philosophe naïf

Paris, le 20 septembre 2020

samedi 19 septembre 2020

1397 A mon cœur défendant

Agathe,

Je t'aime.
Mais comment te dire « je t'aime »,

Alors que je ne te propose pas

De fonder une famille ?

Alors que ne te propose pas

De faire un strip tease acrobatique

Avec double salto arrière ?

Autrement dit à pratiquer

« L'amour physique » comme ils disent.

Et qu'en plus je ne suis pas jaloux.

Tu peux avoir 56 amants et 87 enfants,

Ça ne me dérange pas.

Car je ne cherche pas une cuisinière-putain-femme de ménage-chienne de garde-jardinière-comptable-punching ball-admiratrice-et infirmière de mes vieux jours.

Comment te dire alors « je t'aime »

Sans te fatiguer, te faire peur

Et me faire mal voir ?

Je me suis dit : en te disant ici comment je t'aime.

Je t'aime comme la chauve-souris tranquille

Aime sa grotte paisible, profonde, humide et accueillante.

Je t'aime comme le choucas des neiges

Aime son pic pointu, acéré et buissonnant à la base.

Je t'aime comme le poisson rouge

Dans son bocal pénitencier en verre

Aime l'immense, profond et libre océan.

Je t'aime comme la guitare

Aime les doigts qui caressent ses cordes.

Je t'aime comme la Lune

Aime les marées,

Qu'elle caresse depuis des millions d'années.

Je t'aime comme la souris

Aime la Lune lointaine

Qu'elle voit et admire en rêvant.

Je t'aime comme le vent glacé de l'hiver

Aime les arbres innombrable des forêts profondes.

Je t'aime

Comme le chant de l'alouette

Aime la rosée du matin.

Je t'aime

Comme le frôlement de l'aile du papillon

Aime la fleur énamourée

Illuminée et exaltée

Par le scintillement des lunes d'Aldebaran.

Je t'aime

Comme le cristal de neige

Aime le vent venu de la forêt enchantée.

Je t'aime

Comme l'aurore embrasse

Les ailes de la nuit.

Je t'aime

Comme les chats étranges

Aiment les souris endiamantées.

Je t'aime

Comme la nuit

Aime la lumière parfumée des étoiles,

Des nébuleuses lointaines

Et des soleils d'or et d'argent.

Je t'aime

Comme le Temps

Aime la lumière du silence

Et le très doux murmure des fleurs

De la plaine des éléphants

Chanteurs enchanteurs, oliphants.

Bref, je t'aime

Comme un poète

Aime sa muse,

Aime et s'amuse

A amuser sa muse

De pierre précieuse,

De cristal

Et d'agate.


Basile philosophe naïf

Paris, le 19 septembre 2020

mercredi 16 septembre 2020

1396 Gloire au petit panda indestructible !

Gloire au petit panda indestructible !

Lettre poétique de la chenille au papillon

 

Il était une fois

Un petit panda

Qui se croyait très fragile,

Alors qu'en chantant

L'univers tout entier

Marchait au pas

A ses côtés.

Les étoiles le saluaient.

Et Monsieur le Soleil

L'invitait à déjeuner.

Tous les crapauds du monde

Rassemblés

Criaient hourra ! Coa ! Coa !

Vive le petit panda !

Mais il n'était toujours

Pas très rassuré.

Alors je l'ai pris

Dans mes bras

Et offert

Du chocolat,

Pendant qu'un chœur de baleines

Venu d'Australie

Se baigner dans le caniveau parisien

Chantait le grand air des bijoux

De la traviata de Richard Wagner

Et l'ode à l'armée allemande

Devant Paris, du même

En 1870.

Les écureuils gris

Et les écureuils roux

Dansaient une farandole endiablée

Devant le Moulin à Café,

Pour saluer mon petit panda

Enfin rassuré

Qu'il n'était pas

Si fragile,

Car il avait mangé

Du chocolat.

Coa ! Coa !

Chantaient les vers de terre,

Vive les haricots verts

Et le grand désert de l'Arizona !

Et pour fêter tout ça

On ira tous au grand bal

Des dinosaures

Et des papillons

Venus admirer

Tes beaux yeux bleus,

Palsambleu !

Tralala !

Me diras-tu

Quand on se verra ?

Disait la chenille

Au papillon.

Basile philosophe naïf

Paris, le 16 septembre 2020

1395 La victoire impossible

Il est des humains

De sexe masculin

Ou féminin

Qui prétendent gouverner

Le monde, l'Humanité

La Terre entière.

Mais tombée des étoiles

La lumière

Jamais ne se voile,

Ou trouve sa tombe,

Face à la faiblesse humaine

Qu'elle se prétende colombe

Ou vampire.

Où cela nous mène ?

C'est ce que nous apprend

Si on la comprend

La destinée des empires.

Ce que l'homme a fait,

Le monde le défait.

Ceux qui ont voulu le pire :

Gouverner l'Humanité

Par l'épée,

Doivent un jour renoncer,

Accepter la paix

Ou perdre la guerre.

Il n'y a rien à faire

Face à la volonté stellaire.

Car la volonté des étoiles

Anéanti tous les voiles

Et décide de la destinée humaine.

La lumière des étoiles lointaines

Veut la paix et la tranquillité

Et la déconfiture

Des humaines moisissures

Qui se prennent

Pour la divinité.


Basile philosophe naïf

Paris, le 16 septembre 2020

lundi 14 septembre 2020

1394 La fête au boulot

 Je dédie ce poème badin

A tous les pas riches

Qui le matin

Contemplant sa niche

Envie leur chien

Qui rêve qu'il dort

Au grand bal

Des os à moëlle

A la capitainerie du port

Commercial de la Turballe.

Voici donc mon poème

Pour dire « je vous aime »

A tous ceux

Qui seraient mieux

Dans leur lit à roupiller

Sur le flanc ou l'abdomen

Plutôt qu'à s'empoisonner

Soixante-douze heures

Par semaine

A l'usine Mitsoukat ô ma douleur

En qualité de goûteur

De croquettes faisandées, au phosphate,

Garanties sans nitrates.

Quand le chat chef est absent

Les souris employées dansent

La farandole de la liberté.

Quand le chat chef est là

Les souris employées

Ont des sourires crispées

Et des mines renfrognées.

Dans les magasins,

Les entrepôts,

Les bureaux,

Les ateliers,

Les usines,

Les piscines,

Les ports,

Les aéroports

Et les élevages de porcs

De plaisance

Et de charcuterie,

Devant le chat chef

La souris point ne rit,

Prend des airs mutins

Et des mimiques de pantin,

Du soir au matin,

Pour être sûr d'avoir

Encore à manger demain.

Mais le chat chef sorti

Faire des courses, à la banque,

Se promener, promener ses enfants,

Boire un café

Dans un estaminet

Du quartier,

Soir ou matin

C'est la fête au chagrin !

Sonnez fifres et trompettes !

Le chat n'est pas là !

Pour les souris

C'est la fête !

Zim ! Boum ! Tralala !

Le chat n'est pas là,

On ne sait pas

Quand il reviendra,

Sonnez fifres et musettes,

Pour les souris

C'est la fête !

Le travail aïh aïh aïh !

Quand le chef est là.

Dès qu'il sortira

On dansera !


Basile philosophe naïf

Paris, le 14 septembre 2020

Poème écrit en pensant à deux copines en train de s'ennuyer au boulot, plutôt qu'à cueillir des fleurs et manger des gâteaux.

dimanche 13 septembre 2020

1393 Mon petit panda

Il est des personnes qui trichent

Pour devenir vraiment très riches,

Posséder des chapiteaux, des hôpitaux,

Des altos, des râteaux, des chapeaux,

Des châteaux. Mil donjons en tire-bouchons,

Des champs de persil et d'estragon

Et un élevage de dragons

Près de la centrale de Donzère-Mondragon.

Moi, je n'ai pas besoin de tout ça,

Il me suffit dans ma vie

D'avoir un petit panda

Auprès de moi.

Doux petit panda,

Gentil mammifère de l'Himalaya,

Je plonge mes yeux dans tes yeux

Et je nous vois, en joie,

C'est merveilleux !

Mais voilà que je m'aperçois

Que mon panda très aimé

Etoile filante parfumée

A la vanille et au romarin,

Au carrosse doré attelé

De dix chevaux marins,

Mon panda adoré

A les yeux bleus, sacrebleu !

Ventrebleu ! Palsambleu !

Les pandas n'ont pas

Les yeux bleus !

Es-tu une nymphe des bois

Déguisée en panda ?

Rassure-moi, dis-moi

Que tu as déjà

Trente-six amants.

J'aime être amoureux,

Mais le bonheur est chatouilleux,

Contemplatif, inconstant,

Fugitif, silencieux, déstabilisant.


Basile

Paris, le 13 septembre 2020

samedi 12 septembre 2020

1392 Les roses du Liban

 Les roses du Liban

Dédié à mes amies libanaises Éliane et Cindy


Un pays où la guerre sévit

Où de terribles explosions ont retenti,

Où grondent de vastes incendies.

Mais il y aura toujours des roses

Au Liban,


Quoiqu'on veuille

Le courage, la peur et les deuils,

Les larmes qui viennent à l'œil.


Mais il y aura toujours des roses

Au Liban,


Quand sont là les envahisseurs

Comme sont longues les heures,

Combien paraît lointain le bonheur.


Mais il y aura touijours des roses

Au Liban,


Comme était bien le monde d'avant

Seuls le soleil, la pluie et le vent

N'ont pas changé au printemps.


Mais il y aura toujours des roses

Au Liban,


L'homme chante ou va se taire

Quand il se retrouve sur Terre

A devoir se sauver en solitaire.


Mais il y aura toujours des roses

Au Liban,


Liban bien aimé, Liban mal aimé,

Liban oublié, Liban retrouvé,

Liban vivant pour l'éternité,

Pays du cèdre et de la joie de vivre,

Il y aura toujours des roses au Liban

Dont le doux parfum nous enivre

Faisant chanter nos cœurs vivants.


Basile philosophe naïf

Paris, le 12 septembre 2020

jeudi 10 septembre 2020

1391 Pour un congrès de la pharmaco-paix

 Depuis très longtemps sévit un conflit dans le milieu de la recherche médicale. Il se déroule entre les partisans de nouveaux usages des vieilles molécules et celle des rejetteurs des molécules anciennes au bénéfice de nouvelles. Le motif de ce conflit est financier. Les molécules anciennes, tombées dans le domaine public, ne rapportent plus rien. Ce qui n'est pas le cas des molécules nouvellement trouvées.

Le grand perdant dans ce conflit, ce sont les patients et le progrès médical. Des usages nouveaux possible d'anciennes molécules ne sont pas étudiés. Des recherches d'hypothétiques nouvelles molécules mobilisent labos et chercheurs. Des conflits d'intérêts sont dénoncés. Mais cela ne règle pas la situation. Il faut trouver la paix. Pour mettre un terme à ce conflit, une solution audacieuse existe. Certains commencent à l'évoquer. Il faut octroyer aux usages nouveaux des anciennes molécules un nouveau statut juridique. Ce statut assurant à la mise au point et la diffusion de ces nouveaux usages un caractère rentable financièrement. Peut-être une nouvelle période de dépôt légal possible. La solution trouvée et appliquée, le conflit cessera immédiatement.

Cette mesure pacifiante doit être imaginée ensemble par le parties intéressées. Pour cela des médecins et des juristes doivent se réunir en congrès. Ce congrès sera le congrès de la Pharmaco-paix. Je ne suis ni acteur scientifique, ni acteur médical, politique ou financier. Je suis juste un poète qui s'interroge aussi sur différents domaines de la vie. Ce n'est pas incompatible. Après tout le grand poète allemand Goethe s'est bien intéressé à la théorie des couleurs. N'étant pas compétent dans les domaines ici concernés, je reconnais par avance que je peux me tromper. Il appartiendra aux personnes compétentes dans ces domaines d'établir si mon idée de congrès est juste ou non. Je les remercie d'avance pour leur avis, dans l'intérêt de la paix et de la bonne santé.

Basile Pachkoff Paris, le 10 septembre 2020

lundi 7 septembre 2020

1390 La belle Polonaise du Moulin à Café

Ta beauté est incroyable, inoubliable, extraordinaire,
Monika, je te le dis comme à une sœur un frère,
Tu es plus belle que le paysage des neiges éternelles,
C'est pourquoi un ange descendu du ciel
Semblable à un pétillant soleil,
Dans un rêve qui m'émerveille,
M'a dicté pour toi ce voluptueux poème.
Quand je t'aperçois au Moulin à Café
Ma pensée est capturée par ta beauté.
Tu es fantastiquement belle à contempler,
Plus que l'apocalyptique mer démontée
Que j'ai admiré un mois de janvier à Sète, par temps amère
Depuis le quai du port sous la pluie qui tombait
Durant une grise, humide et glaçante journée hiver.
Tu es fantastiquement belle à contempler,
Plus que le paisible coucher de soleil
Que j'ai vu et admiré sur la mer
Un paisible soir d'été.
Sur le golfe de Saint Florent
Se mêlaient toutes les couleurs
De l'horizon, du ciel et de la mer,
Dans un ballet que seul Dieu dirigeait.
Tu es plus fantastiquement belle à contempler
Que ce coucher de soleil étourdissant
Dont je me souviens, j'avais cinq ans.
C'était un océan de lumineuses couleurs variées
Jeté au loin sur le lac d'Aiguebelette,
Soulignée par une volée de canards
Dont la vivante troupe nageait
Silhouettée en noir.
Tu es plus fantastiquement belle à contempler,
Que le sommet grandiose et enneigé
De la Meije vue de la Grave,
Avec ses sentiers, ses éboulis et ses forêts
Harmonieusement étagés.
Tu es plus fantastiquement belle à contempler
Que les superbes et poétiques perspectives parisiennes
Défuntes et disparues, détruites et annihilées
Par des barbares bétonnages,
Merveilles qui se déployaient
Depuis le jardin des Tuileries et la terrasse du Trocadéro
Et ne sont plus que des souvenirs bientôt oubliés.
Tu es plus fantastiquement belle
Que la vue à la lumière du jour
Du retable du Jugement dernier
Peint par Van der Weyden,
Symphonie de couleurs et de personnages
Aujourd'hui réduit à une attraction de foire.
Et que la vue de Delft du grand Vermeer
A l'atmosphère magique et imaginaire.
Tu es plus fantastiquement belle à contempler
Que l'écoute de la chanson du Baïkal
Qui est tellement belle qu'en l'entendant chanter
D'émotion j'ai pleuré.
Ou que l'écoute de la berceuse basque
Que j'ai tant aimé.
Tu es plus fantastiquement belle
Que toutes les saveurs que j'ai connu,
Le lait de ma mère
Dont je ne me souviens plus,
La glace aux myrtilles
Qui scintillent encore
Dans mon souvenir de Vallouise,
Village alpin aux balustrades sculptées
Au fond de la vallée
Des Alpes où je séjournais.
Souvenir de cette saveur
Unique et inoubliable,
Comme celle
De mon premier tiramisu,
Ou encore comme ce jus d'orange
Incomparable
Fraîchement pressées
Que j'ai bu à Berlin
Dans un lieu alternatif
L'an dernier.
Aucune de ces apogées gastronomiques
Ne m'impressionne autant
Que ta beauté fantastique !
Peut-être ce parallèle est-il trop osé
Entre toi la très belle Monika
Et des spécialités gastronomiques ?
C'est vrai, j'en conviens.
Mais te comparer à des sommets
De la philosophie ?
Tu es plus fantastiquement belle
Que la beauté des propos
De Lao Tseu sur le non agir,
Tu es plus fantastiquement belle
Que la beauté des propos
Du Christ sur la fraternité,
Du Grand Bouddha sur la paix.
Tu es plus fantastiquement belle à admirer
Que tous les grandes vertus et qualités :
Le respect, l'amour, l'amitié,
La douceur, la tendresse, la générosité.
Tu es plus fantastiquement belle
Que tout ce que j'ai connu et aimé.
Il y aurait tant à ajouter,
Tant de faits et d'êtres à évoquer !
Humains ou objets,
Ils sont tous infiniment moins beaux
Que toi à admirer !
Il me faudrait des jours entiers
Pour parvenir à tous les énumérer !
Dans cette énumération
Il y aurait
Toutes les femmes que j'ai connu,
Parmi lesquelles ce modèle nu
Si parfait, qui posait
Au cours du soir
De l'Académie des Beaux-Arts
De Genève, et qui était si parfait
Que je n'arrivais pas à en détacher
Mon regard fasciné.
Fascination qui m'a valu,
Pris pour un obsédé,
D'être chassé de l'atelier
Que je visitais.
Tu es plus fantastiquement belle
Que le jour qui viendra
Où le Parisien pourra enfin
Se débarrasser
De ce masque en papier
Sensé le protéger.
Tu es plus fantastiquement belle
Que les oiseaux, les chatons, les fleurs
Et l'arc-en-ciel aux mille couleurs.
Tu es plus fantastiquement belle
Que le ciel bleu, les étoiles et la Voie lactée.
Pour t'admirer je n”aurais pas assez de cent années.
Je m'agenouille devant toi et te couronne de fleurs,
Beauté parfaite, déesse des poètes
Chanter ta gloire fait mon bonheur.
Ta beauté est incroyable, inoubliable, extraordinaire,
Monika, je te le dis comme à une sœur un frère,
Seule la Vierge est plus belle que toi. Tu es belle
Comme la Pologne au printemps,
Comme la Pologne en automne,
Comme la Pologne en hiver,
Comme la Pologne en été,
Comme la Pologne pour l'éternité.
Jeszcze Polska nie zginęła,
La Pologne n'est pas morte,
Car elle vit en toi.
Ton cœur est pris
Dans les tendres filets de l'amour.
Grâce à toi Jérôme
Est le plus heureux des hommes.
Amicalement, je le salue ici
Et lui dédie aussi cette poésie.

Basile philosophe naïf
Paris, le 7 septembre 2020