mardi 23 août 2016

623 Un sentiment plus fort que l'amour

Sujet tabou dans notre société, en tous cas celle qui m'entoure, et certainement loin au delà : la pratique régulière masturbationnelle adulte masculine. Elle est très importante et extrêmement répandue. Dès l'âge de 12-13-14 ans, qu'elle soit réalisée dans la main ou dans un orifice anatomique d'un ou une partenaire, elle ruine la sensibilité de celui qui la pratique et égare sa perception sexuelle. Créant une faim permanente et inassouvissable qui conduit l'homme à harceler les partenaires rêvés. Cet harcèlement sexuel pouvant aller jusqu'au viol et même à l'assassinat.

Cette faim, dont les femmes ne parlent guère aux hommes, leur pourrit la vie et les éloignent de leurs tourmenteurs. Ces derniers sont amenés du fait de leur frustration à des conduites compensatoires qui ont souvent loin d'avoir une apparence « sexuelle ».

Il en est ainsi de l'usage de drogues diverses. Songez qu'en France un décès sur cinq est entraîné par la consommation alcoolique ou tabagique ! Cette catastrophe sanitaire n'est que très rarement évoquée. Et y remédier ou tenter d'y remédier ne fait partie d'aucun programme politique de ceux qui se présentent à nos suffrages électoraux.

Des démarches d'ordre psychologique ont de très considérables conséquences. Ainsi, incapable de « posséder » l'autre, l'homme insatisfait va chercher à posséder autre chose. Ça pourra être de l'argent qu'il accumulera bêtement et n'utilisera pas. Aristote appelle cela « la chrématistique ». Ça pourra être aussi accumuler des objets y compris parfaitement inutiles. Certains hommes très pauvres vont accumuler y compris des déchets comme de vieux journaux. L'essentiel recherché sera le sentiment de posséder quelque chose à défaut de posséder une ou plusieurs partenaires.

Autre démarche : le rêve de « séduire ». C'est-à-dire détruire l'indépendance de la proie convoitée qui vient se soumettre à vous. On peut aussi rêver de l'acheter. Chose qui s'opère effectivement dans le cadre de la prostitution. Enfin, ne sachant comment parvenir à satisfaire sa faim inassouvissable d'origine masturbationnelle, l'homme pourra se rêver en « héros » irrésistiblement séduisant. Soit suite à un acte héroïque, remarquable, exceptionnel ou à une chance inouïe, à la célébrité, etc.

Tous ces comportements ont des conséquences sociales, économiques, politiques, affectives importantes et destructrices. Qu'on pense par exemple aux hommes qui cherchent à occuper à tous prix des postes de direction qu'ils n'ont aucune capacité à occuper. C'est un phénomène courant.

Ce que la plupart des hommes croient être « l'amour » ressemble très souvent à un misérable marchandage, doublé fréquemment de petits ou grands chantages. « Si je t'aime, tu me dois ça, tu me donne ça », tel est le résumé de la démarche. La partenaire est réduite à l'état d'enjeu et de marchandise à consommer. On la choisira jeune et belle selon les critères esthétiques à la mode. Et quand il n'en restera que « des restes », l'âge ayant endommagé les chairs, on « rajeunira les cadres ». C'est-à-dire qu'on jettera à la poubelle sa compagne et on la remplacera par une plus jeune. Le schéma est classique. Il est favorisé par notre culture qui accorde aux hommes une jeunesse plus longue qu'aux femmes. Comme le rappelait un jour une bande dessinée : « si un homme a quelques cheveux gris, on trouve ça charmant, si c'est une femme, on dit qu'elle est vieille. »

Ce triste théâtre des « amours » ne mérite guère de porter ce nom. En fait, si on renonce à cet impasse que représente la pratique régulière masturbationnelle masculine adulte et son aliment pornographique, on découvre progressivement l'existence d'un paisible sentiment plus fort que l'amour. Celui de vouloir faire le bien à d'autres, y compris de jolies femmes, sans rien demander ou exiger en échange. Mais en fait, ce sentiment « plus fort que l'amour » est le vrai amour lui-même.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 août 2016

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