mercredi 11 novembre 2015

456 Conséquences dramatiques de l'excès de coïts

Comme je l'ai déjà écrit par ailleurs, une des plus grandes aberrations de notre société est d'avoir fait de l'acte sexuel entre humains un produit de consommation. Ce qui réduit les humains à l'état d'objets à consommer. Certains hommes jaugent les femmes comme un boucher jauge une bête de boucherie qu'il achète sur pied. « Voyons la bouche, le regard, les seins... Très bien ! Je consomme ! » Le désir véritable est remplacé par un calcul. Et quand l'organisme dit non, se cabre, refuse de s'impliquer dans des divagations, on fait appel à la science. On traite des « pannes de désir » comme des pannes de voitures. C'est juste un dysfonctionnement. Il faut remettre la machine en route. Sans chercher à réfléchir pourquoi en fait « ça ne marche pas ». Alors que l'acte sexuel ne doit se pratiquer qu'à la condition exclusive, mais pas forcément suffisante, qu'il existe un vrai et authentique désir réciproque. Désir qui est rare. Pour aller au coït, on se contente le plus souvent de la possibilité « technique » de la réalisation de l'acte, jointe à une relative excitation. Les humains, dans leur ignorance abyssale de leur sexualité, croient en particulier que l'érection masculine et les réactions génitales féminines correspondantes expriment le désir et même l'urgence de l'acte sexuel. Alors que ces réactions physiologiques interviennent fréquemment en l'absence du désir, qui est un sentiment très particulier. La colossale et dévastatrice stupidité humaine conduit au galvaudage de l'acte sexuel. Ce galvaudage va ronger la relation et finir par la rendre insupportable à l'un des partenaires. Il ne supportera plus l'autre et va rompre. Ce schéma relationnel explique la plupart des ruptures incompréhensibles entre des amoureux qui avaient, semble-t-il, très bien débuté leur idylle.

Fait à souligner, le mécanisme de la distanciation des relations et de la rupture ne sera pas clairement analysé et identifié. La catastrophe arrivera. Et on ne saura pas vraiment comment l'expliquer. Ça marchait si bien. Et à présent voilà que plus rien ne fonctionne. On était si bien. Et voilà qu'on est très mal.

J'ai mis plus de quarante ans pour comprendre le processus. Les autres ne le comprenant pas, partent à la recherche de remèdes qui ne font qu'aggraver leur sort. Sentant confusément que quelque chose cloche dans le domaine sentimental, ils cherchent à résoudre le problème par la recherche d'une séduction supérieure. Ainsi, par exemple, ils donnent trop. Ou accumulent trop. Ça peut consister en dons de valeurs matériels. Ou accumulation de celles-ci. La chrematistique, dérangement consistant à accumuler sans fin le plus d'argent possible, est un trouble d'origine sexuelle. On croit sans le comprendre et l'analyser clairement, que « l'amour » qui paraît fuir, vous sourira enfin si on est riche, très riche, trop riche. Ou si l'on est généreux, très généreux, trop généreux. On offre ce à quoi on tient le plus. La personne qui reçoit les cadeaux les reçoit avec plaisir. Mais n'est pas « séduite » pour autant. D'autant plus qu'avec le comportement hypersexualisé l'amour est en fait impossible. L'obsession du coït tue les sentiments. Réduit les humains à devenir des sex machines. Plus rien ne fonctionne. Le coït lui-même devient fade et décevant.

Conquérir le plus de « pouvoir » possible, voler, dominer, toutes sortes de comportements déviants et plus ou moins acceptés par la société deviendront un but pour l'amoureux malheureux qui en fait tourne le dos à l'amour. J'ai raconté dans ce blog comment à 22 ans l'amour m'amenait à prendre le risque de voler un rideau dans un train. D'autres voleront des biens autrement plus importants. Des dictateurs affameront des pays entiers. Et ce crime aura pour source le trouble de leur sexualité. Trouble qu'ils ne résoudront pas avec de tels moyens.

Avec le temps, la société toute entière a fini par marcher sur la tête. Les plus affamés sont souvent les paysans qui produisent les aliments. Les plus bêtes se retrouvent commandant les plus intelligents. La force se met au service de l'arbitraire, et ainsi de suite. Une société qui tourne le dos à l'amour est une société malade et qui se traine. Seul l'amour peut rendre au monde son équilibre.

Basile, philosophe naïf, Paris le 10 novembre 2015

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