mardi 23 mai 2017

768 Le mot interdit, seins et nudité, où débute la fin du patriarcat

Il existe en français un mot interdit : le mot « caresse ». Quand on veut toucher l'autre, il n'est pas question de le caresser, à moins que ce soit « sexuel ». On peut... le masser. Avec un alibi thérapeutique on peut « mettre les mains », sinon non. Et le but du massage ne sera pas « le plaisir », quelle horreur !! Mais, le confort, ou bien l'amélioration des résultats scolaires...

Avec la nudité c'est pareil. Bien des fois j'ai vu des articles dans des revues naturistes où on cherchait à justifier le fait de se mettre nu en public dans un centre naturiste. Alors que les seuls qui auraient à se justifier pour leur conduite étrange sont ceux qui portent des « vêtements de bains ». On devrait dédier des plages spéciales à ceux qui s'obstinent à rester habillés pour nager ou prendre le soleil.

Si c'est le fait d'être habillé en plein soleil qui paraît de prime abord justifié à beaucoup et aller de soi et non le fait d'être nu, c'est parce que le patriarcat domine la société. Son poids explique beaucoup de soucis bizarres et comportements incompréhensibles.

Le patriarcat a fait du « sexe » une sorte de marchandise, de « bien à consommer ». À lui est associé d'office la « nudité ». Le « sexe » est lui-même très sévèrement réglementé. Suivant les circonstances, il est soit interdit, soit obligatoire. Et lui est associé la femme, réduite au rang d'objet sexuel que l’homme aurait pour devoir de « consommer » sous certaines conditions.

L'autre jour, à la sortie d'un spectacle, le chanteur qui avait chanté à cette occasion fait mine de chahuter un groupe d'admirateurs et prend ce prétexte pour mettre les mains sur les seins d'une des femmes présentes. Puis élude les questions qu'elle lui pose en s'étonnant de sa grossièreté. Cette femme m'a confié ensuite : « aurais-je du le gifler ? Je n'ai pas osé. » En y réfléchissant je pense que la réponse juste à cette interrogation est oui. Une femme ou un homme n'a pas à être utilisé comme un objet. Une gifle aurait été légitime, quitte à troubler la « bonne ambiance » post concert.

Il importe de détruire le patriarcat d'abord à l'intérieur de nous, ce qui n'est pas évident vue la pression patriarcale régnante. Ici l'atmosphère chaleureuse d'une soirée festive qui aurait été gâchée par une bonne baffe bien méritée. Autre exemple de cette pression que me rapportait une amie : elle se promenait au bord de la mer et arrivée sur une plage naturiste elle a eu très envie d'ôter tous ses vêtements. Et ne l'a pas fait car elle était accompagnée par des amis qui restaient habillés, eux. Encore une fois la pression patriarcale qui ritualise le « sexe » et l'encadre avec une quantité d'obligations qui vont toutes dans le sens de la domination et la maltraitance de la femme par l'homme. Cette domination pouvant prendre les apparences fallacieuses d'une « protection ».

Le patriarcat qui officiellement n'existe pas a l'occasion de se manifester de multiples façons. Le seul fait de regarder les femmes comme des objets sexuels témoigne du patriarcat et de sa grossièreté. Mais s'il arrive qu'un homme grossier va déguiser son regard pour se faire passer pour respectueux alors qu'il ne l'est pas, l'inverse est également possible. J'en ai fait l'expérience. Durant tout ma vie adulte jusque tout dernièrement, je regardais la beauté des formes féminines rencontrées comme si je n'avais pas de considération pour les femmes. Ayant pris conscience de ce dérangement, j'ai entrepris de me rééduquer. Il m'a fallu à peine huit jours pour perdre sans regrets cette mauvaise habitude. Ce qui montre que si on veut on peut s'améliorer. Et mettre son apparence en conformité avec ce qu'on est. Se débarrasser de certaines choses apparemment petites, peut être comme défaire la maille d'un filet. Car cette action pourra entraîner la disparition de quantité d'autres éléments parasites de notre personnalité. Formant une pollution spirituelle introduite en nous par la culture patriarcale dominante qui piétine la femme, l'homme et la communauté humaine.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 mai 2017

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