mardi 16 mai 2017

759 Politico-économie et religion matérialiste scientiste

Une religion n'est pas nécessairement liée à des croyances classées comme « métaphysiques » ou « théistes ». Elle a pour base et pour moteur des idées dominantes plus ou moins irrationnelles. La religion aujourd'hui dominante dans la société, tout au moins au niveau de ses dirigeants politico-économiques, est la religion matérialiste scientiste dont l'alpha et l'oméga est la chrématistique. Cette dernière existait déjà il y a 2300 ans, époque où le savant Aristote l'a décrite. C'est la manie d'accumuler pour accumuler et sans autre but que l'accumulation. Elle a pris à présent une importance colossale. Il y a peu de temps a été annoncé que 62 individus de par le monde « possédaient » autant que la moitié la plus pauvre de l'Humanité. Soit 3 milliards d'êtres humains dont beaucoup souffrent de la faim cependant qu'on jette des quantités astronomiques de nourriture.

Comme beaucoup de religions, la religion matérialiste scientiste possède un clergé très généreusement rémunéré et jouissant de très grands privilèges matériels : avions privés, résidences somptueuses et nombreuses, cuisiniers privés, nombreuses voitures, troupeaux de courtisans et armées de gardes du corps. Ce clergé est formé de groupes différents qui s'accordent ensemble sur l'essentiel : accumuler le plus d'argent possible en main privée. Cette démarche irrationnelle conduit à la constitution de tas d'or gigantesques qui ne servent à rien, mais privent en contrepartie un très grand nombre d'humains de l'essentiel pour vivre.

La société humaine au niveau officiel brille par son absence de buts intéressants. Il s'agit toujours d'accumuler, pourquoi faire ? Pour satisfaire le but irrationnel du matérialisme scientiste : tout est matière et de cette matière je ferai le plus gros tas possible avant de crever et devenir poussière. La religion matérialiste scientiste nie l'amour, la bonté, la générosité, l'espérance et l'Humanité en général. Tout par et pour le fric et d'abord le fric. Quand quelqu'un amasse « il crée des richesses ». En fait il ne crée rien du tout, il s'inscrit dans la concurrence générale entre amasseurs de tas d'or.

Cette religion matérialiste scientiste, comme d'autres religions, possède ses côtés bizarres et ses mythes annexes. Ainsi, par exemple, le nucléaire. Créer des armes dévastatrices est sensé empêcher la guerre... bonjour l'optimisme ! Comme si l'être humain était logique et rationnel. Fabriquer de l'électricité avec des centrales nucléaires hyper-dangereuses est un objectif sacré. Pour une partie du clergé matérialiste scientiste il est exclu de toucher aux centrales nucléaires. Les fermer et remplacer par des moyens de production d'électricité écologique relève du sacrilège. Ne touchez pas aux centrales, elles sont sacrées...

La religion matérialiste scientiste est désespérante, pauvre et vide. Elle ne promet et n'assure aucun avenir radieux ou au-delà merveilleux. Elle est d'une atterrante tristesse. Pour elle, rien ne doit bouger, changer en plus beau, y compris quand on va droit dans le mur. Il faut produire toujours le plus possible et faire croître tout quitte à anéantir la Nature dont nous dépendons.

Quand on s'est avisé de parler du changement climatique au nouveau grand dignitaire matérialiste scientiste portant le titre de « président des États-Unis », il a simplement nié le phénomène.

Les dignitaires de l'église dominante ne font pas feinte de croire à leurs dogmes. Ils en sont sincèrement convaincus. C'est le propre de ces personnes. Et comme la plupart des clergés, celui-ci prône le plus grand conservatisme dans tous les domaines de la vie humaine : morale, famille, travail, etc. Alors qu'il est urgent de réduire le temps de travail suite à l'augmentation incroyable de la productivité, les dignitaires matérialistes scientistes ne veulent pour rien au monde y parvenir. Pourquoi ? Parce que ça changerait les habitudes et il ne faut surtout rien changer. C'est irrationnel, mais c'est comme ça. La principale caractéristique d'une religion est l'irrationalité.

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 mai 2017

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