samedi 6 mai 2017

753 Renaissance de la Fête des Femmes de Paris !!!

Le jadis très grand Carnaval de Paris a toujours été très féminin. Au contraire d'autres carnavals, comme par exemple celui de Dunkerque, à la base masculine travestie. Traditionnellement durant la fête les Parisiennes s'émancipent. Au XIXème siècle, par exemple, elles osent adresser la parole à des hommes auxquelles elles n'ont pas été présentées ! Elles parlent librement ! Font des blagues salaces ! Portent des pantalons ! Voire vont par les rues et aux bals masqués les jambes nues !

Le sommet féminin du Carnaval de Paris, c'est la fête de la Mi-Carême où les cortèges des Reines des blanchisseuses convergent vers les Grands Boulevards et y défilent joyeusement. Cette grande fête populaire, féminine et ouvrière, des hommes vont s'en emparer. En 1891, la fête tombe sous le contrôle de la Chambre syndicale des Maîtres de lavoirs et échappe aux mains féminines. Un cortège central organisé apparaît, pourvu d'une Reine des Reines de Paris. Les reines jusqu'alors élues par les femmes sont ravalées au rang de potiches décoratives. Elles sont désormais comblées de cadeaux, élues et sélectionnées par des jurys composés essentiellement et presque toujours de personnalités masculines. La fête des femmes n'est plus organisée et contrôlée par les femmes. Cependant la Mi-Carême reste très populaire. En 1903 elle tombe sous le contrôle du commerce parisien. De brillants défilés ont encore lieu, certains avec des participations venues d'ailleurs, de province et de l'étranger : Rome, Turin, Madrid, Prague, etc. Les derniers défilés de grande ampleur ont lieu en 1936 et 1946. Après ce dernier subsistent quelques petits cortèges jusqu'au début des années 1960.

Il faut attendre 2008 pour que débute la renaissance de ce qui fut de facto la Fête des Femmes de Paris. Son premier historique est fait alors par Basile Pachkoff, qui a déjà à son actif la renaissance du Carnaval de Paris, Promenade du Bœuf Gras, qui a recommencé à défiler en 1998. Basile lance un appel à toutes les femmes de son entourage pour qu'elles impulsent la renaissance de la Fête des Femmes de Paris. Finalement c'est Alexandra Bristiel qui se lance dans l'aventure. Aidée par Basile et quelques bonnes volontés, elle ressuscite la Fête des Blanchisseuses sous le nom de « Carnaval des Femmes ». Son premier défilé a lieu en mars 2009.

Le mot d'ordre lancé à cette occasion est : « Les femmes en reines, les hommes en femmes, s'ils osent ! » Mais, bien sûr, tout est libre. On peut aussi venir déguisé autrement ou pas déguisé du tout.

Depuis, la fête se déroule chaque année. En 2018 ce sera sa dixième édition. Alexandra étant partie habiter loin de Paris, c'est Basile qui organise le défilé. Il aura lieu le dimanche 11 mars 2018, juste un mois après le défilé du Carnaval de Paris le dimanche 11 février 2018.

Cette joyeuse fête traditionnelle est indépendante, libre, bénévole, gratuite, apolitique et autogérée.

Tous les groupes participants sont invités à se doter d'accompagnateurs qui se chargeront de régler le rythme de la marche de leurs groupes afin de conserver sa cohésion au défilé.

Vous êtes tous invités à participer à la fête et la préparer !

Proposant une amélioration générale de la condition féminine, je vous invite à lire le 743ème texte publié dans ce blog.

Il s'intitule : Appel aux femmes pour une Assemblée féminine. S'émanciper de sa situation actuelle, se libérer du patriarcat, sera aussi l'occasion pour les femmes de faire de très grandes et joyeuses fêtes. Auxquelles les hommes, devenus doux et pacifiques, seront naturellement invités.

Basile philosophe naïf, Paris le 6 mai 2017

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