lundi 27 juin 2016

573 A propos d'une communauté américaine

En cherchant sur Internet j'ai découvert une communauté américaine dont j'ignorais l'existence. Officiellement, elle se présente comme adversaire de la masturbation et de la pornographie. La réalité est plus complexe que ça.

La masturbation est un geste anodin et inoffensif. Le problème n'est pas la masturbation par elle-même, mais les fantasmes et frustrations que les adultes, essentiellement de sexe masculin, véhiculent avec et soulignent avec. Et cette communauté condamne la masturbation manuelle pour prôner la masturbation intra-vaginale ! Se branler avec la main ce serait mal selon elle. Se branler dans un vagin serait juste et parfait. A fortiori on peut imaginer que la masturbation intra-anale ou intra-buccale trouvera également un accueil positif chez la communauté en question.

Le vraie problème est de renoncer effectivement aux fantasmes et frustrations accompagnés par diverses masturbations et à la théâtralisation des fantasmes et frustrations réalisée par la pornographie.

Le rapport sexuel, s'il est effectivement et réciproquement désiré et réalisable dans de bonnes conditions est en principe bienvenu. S'il consiste en une masturbation vaginale, anale ou – et – buccal, il est à rejeter. L'être humain ne saurait être résumé à de la viande à baiser. Quand bien-même elle serait consentante.

La question posée n'est pas : « pour ou contre la sexualité ? » mais : « en quoi consiste-t-elle et à quel moment est-elle authentique et bienvenue ou non. »

La sexualité n'est ni un produit commercial ni un produit de consommation ni un justificatif social. Quand elle n'a pas lieu d'être elle est à éviter absolument car elle nuit alors gravement aux relations humaines et à l'équilibre individuel. Ce refus doit se faire en douceur, comme on refuse un plat dont on ne veut pas. C'est une simple question de bon sens et d'amour de la vie.

J'ai longtemps cherché à faire « comme tout le monde » dans le domaine sexuel et suivre le troupeau. J'ai finalement compris que cette position que je suivais sans l'avoir analysé était stupide et erronée. Il vaut mieux se sentir seul dans la vérité que suivre d'autres dans l'erreur.

Les livres, revues, émissions de télévision et sites Internet qui prônent des erreurs à la mode dans le domaine sexuel sont innombrables. Leurs propos ne présentent aucun intérêt, sauf si on s'intéresse à la riche histoire de la bêtise et du conformisme humain qui l'accompagne très souvent.

Le vrai désir sexuel est plutôt peu fréquent. Ce qui est en revanche un besoin permanent c'est celui de l'amour et de la tendresse. Ces éléments sont le plus souvent contrariés par une sexualité hypertrophiée qui prétend les dominer. Quand on renonce à cette sexualité hypertrophiée on ne renonce pas à « la sexualité », mais à l'erreur à propos de la sexualité.

Quantité de personnes s'imaginent qu'elles doivent négocier des rapports sexuels institutionnels dans le cadre d'une relation dite « de couple ». Prétendre institutionnaliser la sexualité est une erreur. Cette ambition conduit tôt ou tard le « couple » concerné à la ruine et la séparation.

L'amour est plus grand que la sexualité. Celle-ci doit être ramenée à sa juste place. On doit rendre à l'amour et la tendresse les larges espaces que la sexualité hypertrophiée a depuis bien trop longtemps confisqués et rendu inaccessibles.

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 juin 2016

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