dimanche 13 décembre 2015

489 Le regard des petites filles et l'origine de la condition féminine

Dans toutes les sociétés et toutes les époques on constate que la femme est systématiquement niée en tant qu'être humain. Et victime des pires tourments si elle affirme ou tente d'affirmer son indépendance et sa personnalité. Par exemple, il y a quelques années, sous l'emprise de l'alcool, un artiste connu tue à coups de poing sa compagne qui voulait le quitter. Procès, transfert de prisons, remises de peine aidant pour récompenser sa bonne conduite, l'assassin est libre au bout de six ans. Par ailleurs, j'ai eu l'occasion de croiser un homme qui m'a expliqué que, sous l'emprise de l'alcool, il avait tué le client d'un bar qu'il fréquentait. Il est sorti de prison au bout de dix années. Comparer ces deux histoires montre que tuer sa compagne est moins grave que tuer un homme inconnu. Où est la justice ? Où se trouve le respect de la femme ? Et tout ceci se passe dans « un grand pays européen évolué ». Alors, vous vous imaginez ailleurs comment ça se passe...

Dans notre société française où le dieu régnant est l'argent, les femmes, à travail égal des hommes, touchent en moyenne un salaire inférieur d'un tiers à celui des hommes. Ce pour la seule et unique raison qu'elles sont des femmes. Le travail domestique que les femmes fournissent à la maison n'est carrément ni reconnu, ni rémunéré. Élevez des chauves-souris ou des rats, on vous paye. Élevez vos enfants, avenir du pays et du monde, vous ne toucherez rien comme rémunération. En général il n'est pas recommandé pour une femme - surtout si elle est jeune et considérée comme jolie, - de se balader seule la nuit dans une ville, y compris Paris. Alors qu'un homme peut le faire. Pourquoi tant de violences et d'injustices envers les femmes ?

Qu'est-ce qui conduit la femme a se faire piétiner à ce point par l'homme ? Plusieurs explications existent :

Les femmes sont en général en moyenne plus petites et donc plus faibles que les hommes. Les femmes sont moins aptes à développer la violence physique directe. Elles sont handicapées pour se défendre par la responsabilité d'élever leurs enfants. Il existe enfin une quatrième raison possible.

Quand j'observe les petites filles et les petits garçons dans la rue à Paris, je suis frappé par une différence évidente dans leur regard. Les petites filles paraissent beaucoup plus curieuses que les petits garçons. Après, avec l'organisation de la société machiste où nous vivons, les filles cessent d'avoir un regard franc et direct. Pourquoi ? Parce que soi-disant un tel regard signifierait forcément une avance sexuelle ! Les femmes, surtout jeunes, développent dans les lieux publics des ruses de sioux pour observer les hommes sans en avoir l'air. Mais le regard des petites filles exprimerait quelque chose d'essentiel pour comprendre notre société.

Si on se réfère à l'origine de nos industries, cultures, civilisations, au début l'homme a seulement son instinct originel pour se guider dans la vie. Animal d'assez grande taille, mordeur et vivant en groupes solidaires, il ne connaît aucun prédateur. S'il commence à inventer des outils, des idées, c'est uniquement par jeu. Mais qui est à l'origine de ces jeux ? Ce serait la partie de l'Humanité la plus naturellement et spontanément curieuse : la partie féminine du genre humain. En créant le savoir, les filles et femmes sont à l'origine de la catastrophe qui a engendré leur triste condition. Cette responsabilité resterait inscrite dans l'inconscient collectif féminin. Les femmes sont historiquement la cause de leur situation. Savoir ce fait, d'une certaine façon, rendrait difficile et compliquerait la résistance et l'affirmation des femmes face à l'oppression machiste masculine.

Pour surmonter cet handicap, les femmes devraient pleinement endosser cette responsabilité d'être à l'origine de la Civilisation. Et, ensemble avec les hommes sensibles et clairvoyants, la rectifier. En mettant un terme au détestable et immémorial machisme universel ambiant qui nous pourrit la vie.

Basile, philosophe naïf, Paris le 13 décembre 2015

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