mercredi 21 juin 2017

788 L'effrayant bourrage de crâne sexuel

Une exposition s'adressant aux enfants prétend les informer et déculpabiliser sur « le sexe ». Or elle propage exactement toute une série de clichés traditionnels. Sans remettre en cause leur contenu, il faut remarquer qu'ainsi présentés ils peuvent avoir des effets démoralisateurs dévastateurs.

On y voit présenter d'emblée pour s'aimer la notion impérative de « couple ». Mais qu'est-ce donc que s'aimer ? D'après l'expo c'est quelque chose qui se passe à deux, entre jeunes gens de sexe opposé, de même âge, ayant dépassé la majorité sexuelle, en bonne santé et de beauté « standard ».

Arrêtons-nous sur divers points : s'aimer c'est forcément à deux. Mais qu'est-ce que « s'aimer » ? C'est sous-entendu qu'il existe un sentiment particulier et très fort qui attirerait exclusivement deux personnes ensemble. Mais dans ce cas on abandonne le jeune devant le dilemme : « est-ce que j'aime ? J'aime pas ? C'est de l'amour ou c'est pas ça ? » Or il existe des nuances innombrables de sentiments affectueux. Là on somme le jeune, pour être dans la norme et trouver « le bonheur » de rechercher le fameux sentiment. Il doit le faire non à partir de ce qu'il ressent, mais à partir d'une sorte de grille qualitative proposée et imposée par les adultes.

Pour accéder à ce fameux sentiment il faut avoir la beauté standard... C'est-à-dire, images dessinées à l'appui, que le garçon et la fille ne sont pas gros ou maigre, juste ce qu'il faut de gras et de muscles. Le garçon doit avoir un zizi de taille moyenne et la fille une poitrine de taille suffisante... Mais si un garçon a un très petit zizi et la fille pas de poitrine du tout, ou au contraire d'énormes nichons, qu'est-ce qui lui reste à faire dans la vie ? Et si le garçon ou la fille se considèrent laids ? Ou a une infirmité ? Là, le joli dessin devient culpabilisateur.

Ensuite l'exposition explique que « l'amour » naissant entre le garçon et la fille, ils vont avoir des réactions génitales qui les mèneront à l'accouplement. L'exposition figurant celui-ci avec la très classique position dite « du missionnaire », le garçon allongé sur la fille.

C'est là que de grands désaccords subsistent entre moi et cette exposition. J'ai mis de très nombreuses années à comprendre que l'érection et son équivalent féminin ne signifient rigoureusement pas nécessairement l'envie, l'urgence de l'acte sexuel. On admet facilement que quelqu'un peut avoir envie de s'accoupler et ne pas bander, mais pas l'inverse. Pourtant l'inverse existe bel et bien. Et la pensée unique dominante nous aboie alors « d'y aller ».

Si « on y va » sans vrai désir, il ne s'agit pas d'un accouplement, mais d'une masturbation réalisée en utilisant l'autre à la place de la main. C'est nul et démolissant pour la relation affective. C'est le plus sûr moyen pour arriver à terme à se brouiller.

L'acte sexuel n'est pas un acte anodin. Sans la condition nécessaire mais pas forcément suffisante d'un vrai et authentique désir, il est à éviter absolument. Des dizaines de millions de gens ne suivent pas cette règle et s'étonnent ensuite d'être déçus et malheureux en amour.

Mais allez l'expliquer aux organisateurs de cette exposition ! Ils vous riront au nez.

L'essentiel pour eux n'est pas d'informer. Ça ils s'en fichent. Ce qui les intéresse c'est de vendre des billets d'entrée et des catalogues. Libérer les autres est un bon argument pour vendre et gagner de l'argent. Cette exposition avec ses réponses biaisées, insatisfaisantes, fausses, conventionnelles, laisse les visiteurs abandonnés à la recherche de la réponse à leurs questions dans la traitreuse pornographie sur Internet. Qui est l'anti éducation sexuelle de notre époque.

Basile, philosophe naïf, Paris le 21 juin 2017

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