vendredi 16 juin 2017

785 La clé cachée du bonheur et de la sérénité

Un jeune homme et une jeune fille s'aiment, habitent sous le même toit, et le soir, nus, partagent le même lit, se caressent réciproquement un peu partout, s'embrassent sur la bouche avec la langue. Le jeune homme bande, la jeune fille réagit symétriquement au niveau génital... Question : « alors ont-ils envie de faire l'amour ? » La plupart des personnes interrogées de la sorte répondront sans hésitation par l'affirmative. Alors que la bonne réponse est toute autre : « non, pas forcément. »

Pour trouver cette bonne réponse j'ai mis des dizaines d'années. Et suis environné de gens qui, s'ils m'entendent, me regardent d'un air condescendant. « Le malheureux, se disent-ils en pensant à moi, il a des problèmes. » Alors que le problème ici n'est pas en moi mais en eux. En fait la vérité très simple et évidente est celle-ci : « pour faire l'amour, il faut avoir envie de le faire. Il ne suffit pas de pouvoir mimer mécaniquement l'acte. » Mais la plupart des gens ignorent même le sentiment exact d'envie de faire l'amour. Et se croient très malins en suivant le troupeau. Et s'étonnent que tant de personnes sont malheureuses et déçues en amour. Alors que tout ici est lié.

Quand tout paraît réuni pour pratiquer le coït, si le sentiment précis et fort particulier, l'envie effective de l'acte n'est pas au rendez-vous, il est simplement dévastateur pour la relation de faire ce qui est « techniquement » possible. Il faut aller vers un ailleurs qui est en fait la suite naturelle de ce qui s'est ébauché. Faire des câlins ? Et bien continuer. Mais combien l'ont compris ? Bien peu semble-t-il. Et pour en parler, autant dire que personne parmi ceux et celles qui ont compris va s'aviser d'essayer d'expliquer aux autres. Vous voyez un homme et une femme arrivant le matin raconter à leurs amis leurs ébats « soft », c'est-à-dire sans coït ? Bien évidemment non. La compréhension de la réalité des relations sensuelles qui n'impliquent nullement le coït obligatoire reste réservé à une minorité consciente.

Une amie à qui je ne cache pas ma manière de voir et faire me dit que j'ai peur. Bien sûr, que j'ai peur. Peur de me retrouver dans une situation où quelqu(un exigera de moi une chose que je n'éprouve pas l'envie de faire. C'est déjà arrivé. Ça ne se reproduira plus.

Une jeune fille un jour, faisant mine de dormir, m'a montré son origine du monde. Elle voulait très certainement que je joue avec. J'ai regardé. Me suis simplement demandé : « en ai-je envie ? » La réponse était non. Je n'ai rien fait. Par la suite elle a fait semblant de se réveiller et fut d'excellente humeur. Si elle avait vraiment éprouvé l'envie que je joue avec son yoni, elle aurait certainement fait la gueule suite au fait que je n'y avais pas mis les mains, la bouche et autre chose aussi. Comme elle était au contraire de bonne humeur, j'en déduis qu'elle n'avait pas vraiment envie de faire quelque chose de sexuel avec moi. Elle imitait un scénario pornographique vu sur Internet. C'est l'explication qui me paraît la plus vraisemblable.

En restant authentique j'ai préservé la qualité de notre relation. Quantité de gens me traiteront d'imbécile. Leur réaction me flattera. Car les imbéciles se sont eux. Et me faire traiter d'imbécile par des imbéciles est un très beau compliment involontaire de leur part.

Ne pas chercher artificiellement le coït, et ainsi éviter de se retrouver pratiquant la masturbation dans un orifice naturel, c'est s'assurer la plus belle tranquillité qui soit. On élimine 90 % des causes d'angoisse cachée. Quand je me retrouve devant mon ordinateur pour écrire, ou devant une feuille de papier pour peindre ou dessiner, je suis parfaitement calme. Je vois les autres s'agiter, parler d'amour, de mariage, d'harmonie recherchée, moi je suis moi. Ne m'embarrasse pas d'efforts pour suivre le troupeau de moutons conformistes. Je ne méprise pas ces braves moutons, mais suis en droit de choisir de ne pas partager leur sort. Sort pitoyable qu'ils s'obstinent à rechercher, les fous !

Basile, philosophe naïf, Paris le 16 juin 2017

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