dimanche 11 décembre 2016

705 Cinq grandes légendes de la sexualité humaine

Il existe au moins cinq grandes légendes de la sexualité humaine qui dévastent le champ relationnel humain. Y croire a des conséquences catastrophiques. Et ces croyances sont aujourd'hui des plus répandues.

La première de ces légendes est que les caresses échangées entre des humains adultes sont forcément des « préliminaires » de l'acte sexuel. Elles seraient sensées obligatoirement préfigurer, précéder le coït. Cette croyance nie la sensualité libre des humains. Elle conduit à refuser et les caresses et l'acte sexuel sensé devoir y conduire.

La seconde de ces légendes consiste à croire que les modifications génitales telles que l'érection masculine, l'émission par le pénis du liquide produit par les glandes de Cowper, l'équivalent féminin de ces modifications signifient désir, urgence, bienfait de la recherche immédiate du coït. L'érection masculine, entre autres, survient dans quantités d'occasions détachées du coït. Le seul plaisir des caresses peut la déclencher. Ça ne signifie nullement que l'acte sexuel soit alors à l'ordre du jour ou bienvenu.

La troisième de ces légendes consiste à croire qu'en cas de pénétration d'un orifice naturel par un pénis en érection, suivi d'éjaculation, il y a coït. Ce n'est vrai que s'il y a désir authentique et véritable, ce qui est plutôt rare. Sinon il s'agit seulement d'une masturbation intra-corporelle.

La quatrième de ces légendes est celle de la jouissance automatique de l'homme. Elle prétend à ce que l'éjaculation et « jouir » seraient synonymes. C'est catégoriquement faux. Le ressenti de l'éjaculation par l'éjaculateur est des plus variable. Il peut même être douloureux et désagréable.

La cinquième de ces légendes est la prétention à faire de la masturbation masculine manuelle adulte, c'est-à-dire comprenant l'éjaculation, un acte positif, salvateur et anodin. Un homme qui se branle trois fois par jour durant trente ans se sera masturbé 32 557 fois. Est-ce anodin ? Non, et c'est vécu comme une véritable toxicomanie, un shoot de drogue pour le masturbateur. A partir de l'âge de douze, treize ou quatorze ans les garçons découvrent la masturbation et se branlent ensuite régulièrement. Ils deviennent de véritables toxicomanes endorphiniens. Leur comportement est celui d'un drogué. Ce qui complique et ravage singulièrement le domaine relationnel entre l'homme et la femme. Les garçons vont obsessionnellement chercher à se masturber dans un autre, et souvent dans le vagin d'une femme. Celle-ci sans forcément l'analyser clairement le vivra très mal.

Les cinq légendes sexuelles passées ici en revue détruisent très fréquemment la possibilité que s'établisse une relation sincère, épanouie et de confiance entre les humains. Les humains qui seront ainsi empêchés de bien vivre ne comprendront pas ou guère ce qui leur arrive. Le plus souvent ils incrimineront le manque de chance, la fatalité ou l'inconduite des autres. Pour se gargariser ensuite avec des légendes décrivant l'amour « idéal » de ceux qui ont la chance d'y accéder.

Partout régnera un discours normatif qui prétendra à ce que la solution consiste à trouver « la bonne personne » que, comme par hasard, on ne trouve jamais. Mais qu'éventuellement d'autres trouvent ou ont trouvé. Il y a ainsi pratiquement toujours le couple de X plus Y qui lui est parfait. Le pauvre couple en question serait très étonné de s'imaginer qu'on le croit « parfait ». J'ai moi-même était un jour choisi par une amie comme un des deux éléments d'un couple parfait. Le jour où la relation « parfaite » en question et qui était très loin de l'être a explosé, j'ai été étonné d'apprendre comment celle-ci avait été considérée. Il y a toujours un « Paradis » quelque part chez les autres pour justifier la persistance de la recherche de l'enfer par nous.

Basile, philosophe naïf, Paris le 11 décembre 2016

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