mardi 30 décembre 2014

325 Pour une approche textile du fait psychiatrique

Quelques comportements étranges relevés :

Voilà une jeune femme ayant tout les atouts possibles pour plaire et être appréciée. Belle, intelligente, cultivée, imaginative, créative, ayant de l'humour, sachant bien s'exprimer et s'habiller, habitant un bel appartement bien situé et bien rangé. Elle se retrouve régulièrement « en couple » avec des hommes qui ne la rendent absolument pas heureuse. Bizarres ou profiteurs, déséquilibrés pour divers motifs et porteurs de problèmes variés. Elle collectionne littéralement les fâcheuses rencontres. Pourtant l'expérience devrait la guider mieux, mais non. D'un bizarre à l'autre, d'un triste à l'autre, d'un étrange à l'autre, telle semble être sa devise. Que se passe-t-il ?

Elle a une peur en héritage qui l'égare dans ses choix, ses sentiments, les directions relationnelles qu'elle prend. Certes, quand elle fait son marché sentimental, les compagnons qu'elle choisit apparaissent tous beaux et sympathiques... mais, à l'usage, ils se révèlent tous des calamités ambulantes qui la font souffrir... La peur en héritage qu'elle a en elle vient en particulier au moins notamment de ses grands parents, qui ont connu la guerre dans des conditions très difficiles. Ils ont transmis leur peur à leur fille qui l'a communiqué à leur petite fille.

La mère de cette jeune femme est très cultivée, humaine, généreuse, brillante, créative et raffinée. Pourtant, elle néglige l'ordre dans sa maison au point que c'en est un poème. En particulier la vaisselle s'accumule près du lave-vaisselle inutilisé. La peur en héritage rend la vaisselle quasiment impossible à faire pour cette dame. L'ordre est impossible. Il entre en résonance avec une peur héritée. Et en fait une tâche trop dure à entreprendre.

Un homme conserve précieusement tous les souvenirs de famille possible : lettres, écrits, photos, etc. Il est très amoureux depuis longtemps et sans retour d'une femme qui ne le rends pas heureux, ne lui convient pas. Et dont il est incapable de décrocher. Il est le sigisbé. L'amoureux qu'on cultive à distance sans répondre à ses attentes. Un jour, la femme lui tient des propos qu'il interprète comme une déclaration d'amour. Puis, elle part en vacances. Avant son retour, voilà cet homme qui ramasse plein de photos qu'il conserve d'une petite amie qu'il a eu bien des années auparavant, où elle apparaît nue. Et les détruit ainsi que les négatifs. Il détruit aussi toutes les revues érotiques avec des femmes nues qu'il conserve. Comportement frénétique que par la suite il ne comprendra pas.

Ce qui animait sa fureur destructrice n'était ni l'amour, ni la crainte de froisser sa dulcinée. C'était sa peur en héritage et rien d'autre. Qui l'amenait également à entretenir cet amour sans issues.

Le fruit de la peur en héritage se caractérise par trois aspects : une intensité surprenante, une incohérence de comportement, et une souffrance, un malaise plus ou moins dérangeant. Quand quelqu'un boit au point d'être alcoolique et n'arrive pas à corriger sa conduite, on pourra donner plusieurs interprétations à cette manière d'agir. C'est un trouble du comportement. C'est une maladie. C'est un empoisonnement qui fait qu'il ne peut plus s'arrêter de boire... Mais, derrière l'alcoolisme, on trouvera fréquemment la peur ou les peurs en héritage. Cet héritage explique également quantité de conduites à risques, suicides, crimes passionnels. Il est temps de considérer d'abord le manteau explosif porté des peurs en héritage si on veut répondre aux problèmes qui sont causés par lui. Un manteau est en principe fait de tissus. C'est pourquoi j'ai appelé cette approche tenant compte du manteau, l'approche textile. De quoi s'approche-t-on ? De maladies, troubles comportementaux, problèmes psychologiques ? Autant ne pas classer ce dont on parle et savoir s'y attaquer pour améliorer la vie de ceux qui souffrent du manteau. Appelons cette souffrance un fait psychiatrique, sans préciser plus. Et pour lequel nous aurons une approche textile.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 décembre 2014

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