vendredi 11 novembre 2016

688 Petite approche générale de la « sexualité » humaine

Un point fondamental à retenir est celui-ci : quand un homme pénètre avec son pénis en érection un des orifices naturels de son ou sa partenaire et parvient ou non en remuant à l'éjaculation, s'il n'existe pas de désir authentique, véritable et réciproque d'accouplement, il ne fait pas l'amour. Il se masturbe dans son ou sa partenaire. Que celui-ci ou celle-ci soit intellectuellement persuadé de « faire l'amour » ne transmute pas le plomb de la masturbation en or de l'acte sexuel. Tôt ou tard la personne utilisée comme branloir va ne pas bien supporter de servir de multi-trous à branlette. Elle s'éloignera, si ce n'est physiquement, tout au moins moralement. Elle se sentira seule et mal à l'aise, insatisfaite. Comme me disait une femme qui a beaucoup baisé et pas « fait l'amour » au cours de sa vie : « j'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose. » Cette même femme, faut-il s'en étonner ? Fume et lève le coude.

Deux femmes que j'observais un jour étaient toutes les deux nanties de maris adorables, sensibles, affectueux, artistes, prévenants... et se plaignaient ou laissaient voir la grande souffrance qu'elles connaissaient. En dépit ou à cause de leur compagnon respectif elles se sentaient seules ! Une amie à laquelle je faisais remarquer que nombre d'hommes ne font pas l'amour mais se branlent dans le vagin de leur partenaire, s'exclamait : « j'espère que ce n'est pas le cas avec mon compagnon ! » Poser la question c'est déjà y répondre.

Le pire c'est que cette démarche consistant à se branler dans le ventre d'une femme est très souvent menée sans réaliser ce qu'on fait exactement. L'homme croit « faire l'amour » et en fait se branle dans la femme. Qui, souvent, finira par le rejeter tout à fait. Son tendre compagnon finissant par lui apparaître insupportable, y compris sans comprendre bien pourquoi.

De telles « ruptures » courantes passent facilement par une phase de franche et étrange hostilité. À laquelle succède fréquemment et plus ou moins vite une phase d'apaisement. Une fois que la séparation est effective et bien établie, il est possible de devenir ou redevenir de bons amis.

Sans comprendre pourquoi, l'homme se voit ainsi et plus d'une fois rejeté ou tenu à distance par des femmes qui refusent de lui servir de multi-trous à branlette. Il va alors développer une peur plus ou moins consciente des femmes et de l'amour. Cette peur offrira aux femmes la possibilité de le manipuler aisément. Il y aura en fait absence de relation réelle entre cet homme et les femmes. Ce sera la cause de souffrances diverses, sentiment de solitude, d'hostilité, de mal-être, etc.

L'homme sera tenté de trouver refuge dans la satisfaction facile et à sa portée de la branlette manuelle en solitaire. Qu'il cultivera d'autant plus qu'il se sentira seul. Et avec cette branlette en solitaire il cultivera et encouragera sa recherche de branlette dans un ou une partenaire, le rejet par le ou la partenaire éventuels envisagés, d'où exacerbation du sentiment de solitude. Cette exacerbation encourageant la branlette. On se retrouve ici devant un véritable cercle vicieux. Plus on se sent seul, plus on se branle. Plus on se branle, plus on se sent seul. Les « partenaires » se résumant souvent aux fantômes des vidéos pornos trouvées sur Internet.

Le seul début d'issue pour s'en sortir consistant à arrêter la masturbation et sa recherche, ainsi que la pornographie, et attendre que sa conscience se remette progressivement en ordre. La peur des femmes s'estompe alors. Mais il faut au moins six mois pour commencer à aller mieux.

La masturbation sous ses diverses formes est la première, principale, fréquente et très souvent unique activité « sexuelle » masculine adulte. Qu'elle se pratique individuellement, manuellement et en solitaire ou en groupe, ou dans la main ou un orifice naturel d'un ou une partenaire. Éventuellement avec un stimulant de grossièreté, c'est-à-dire insulter l'autre au cours de la masturbation intra-corporelle, ou – et – un stimulant pornographique, ou – et – pharmaceutique. De cela on ne parle jamais, en tous cas objectivement. En se masturbant trois fois par jour durant trente ans de l'âge de treize à l'âge de quarante-trois ans, un garçon puis un homme se masturbera au total plus de trente-deux mille fois ! À ces masturbations manuelles s'ajouteront celles opérées dans un ou une partenaire, que spécialistes scientifiques auto-proclamés et moralistes divers s'obstineront à qualifier « d'acte sexuel ». Or l'« acte sexuel » n'existe que s'il est le fruit d'un désir authentique et véritable. Sinon il n'en est pas un. Et cet acte sexuel authentique et véritable est plutôt rare.

D'où provient cette frénésie masturbationnelle masculine adulte, cette toxicomanie endorphinique, cette éjaculatrie ? Il serait intéressant de parvenir à le savoir. Peut-être est-ce lié à la découverte faite un jour par de nos lointains ancêtres du caractère fécondant et reproducteur de l'acte sexuel.

Les spécialistes scientifiques auto-proclamés de la sexualité humaine font d'intéressantes études, mais les conclusions qu'ils en tirent peuvent être critiquées. Sans compter leur ignorance volontaire de l'ampleur, la diversité et l'importante de la masturbation masculine adulte, de son rôle et des perturbations qu'elle cause. Articles et ouvrages parlant de la sexualité chez les humains abondent en propos fantaisistes. Par exemple, il est fréquent de voir prétendre mettre sur le même plan masturbation masculine adulte et masturbation féminine adulte, alors qu'il s'agit de deux phénomènes très largement originaux et différents. L'homme étant présenté comme un modèle à suivre, si la femme se branle moins que lui, son « émancipation » devrait passer par le fait de se branler autant que lui ! Et pourquoi pas l'inverse, l'amélioration passant par le fait que l'homme se branle moins, voire pas du tout ? Que ce soit dans sa main, celle de quelqu'un d'autre ou un orifice naturel de quelqu'un d'autre ?

Une autre aberration souvent rencontrée est qu'on parle d'« orgasme » indépendamment de la relation entre les partenaires éventuellement concernés. Est-ce que manger seul ou en compagnie de parfaits inconnus ou en compagnie d'amis proches c'est la même chose ?

Question étrange et fréquente : « peut-on faire l'amour sans désirer, mais par exemple par devoir ou par habitude ? » Non, car quand on remue deux zizis ensemble sans désirer, on ne fait pas l'amour. On se branle dans l'autre. Ou autour de l'autre, si on trouve un plaisir ou une excitation de qualité médiocre en prêtant un orifice naturel à la pénétration par l'autre.

Le rôle et l'importance essentielle de la masturbation masculine adulte n'a pas été souligné par les auteurs anciens. Or ce rôle et cette importance essentielle de la masturbation masculine adulte étaient déjà effectifs à l'époque. Le réalisateur de films Jean Renoir raconte dans un livre de souvenirs sur son père l'illustre peintre Auguste Renoir, que dès l'enfance il était habitué à côtoyer des femmes nues. C'était les modèles de son père. Et quand Jean est arrivé au collège, il s'étonnait et ne comprenait pas pourquoi ses camarades de classe, des garçons, se masturbaient furieusement à la vue de la moindre photographie de femme dénudée. Au 19ème siècle à Vienne, en Autriche, quelles étaient les premières, principales, fréquentes et le plus souvent uniques activités « sexuelles » des garçons en âge de procréer ? C'était très certainement les diverses formes de masturbation. D'abord la masturbation individuelle et manuelle en solitaire ou en groupe. Puis la masturbation dans la main, entre les cuisses, dans le vagin, le cul ou la bouche d'une prostituée. Puis, la même chose avec une femme dite « honnête ». Sans parler de l'homosexualité stimulée par le confinement des garçons entre eux et leur séparation des filles. La première forme de masturbation individuelle, manuelle, en solitaire ou en groupe se poursuivant tout le long de la vie. La masturbation masculine adulte devenant une toxicomanie. L'endorphinomane masculin y ayant recours en général, quand il est triste, s'ennuie, souffre de quelque chose et pas forcément suite à un « besoin » ou une « frustration » sexuelle. La pornographie jouant le rôle de stimulant aphrodisiaque. Depuis le 19ème siècle le support informatique du porno est apparu, mais pour l'essentiel, rien n'a changé.

Basile, philosophe naïf, Paris le 10 novembre 2016

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