dimanche 6 novembre 2016

684 L'Art joyeux ou dessin libre par et pour chacun

Avant cinq ans environ, nous sommes tous des petits peintres, petits sculpteurs, petits poètes, petits dessinateurs, petits danseurs, petits décorateurs, petits chanteurs... Puis vient l'âge d'apprendre plein de choses. C'est « la grande école ». Et à ce moment-là et même parfois avant, toute cette richesse, cette créativité, cette spontanéité disparaît. Bousculée, liquidée par l'étude et ceux qui transmettent le « savoir » venu du monde des « grandes personnes ». Peu d'années après on voit les ex petits artistes commenter lamentablement leurs prestations possible ou tentées dans le domaine des arts : « je ne sais pas dessiner », « je chante faux », etc. C'est le lot du plus grand nombre. Et si nous renouons avec notre créativité enfantine endormie, contrariée, mais toujours présente en nous ?

C'est à cette expérience que j'ai convié ceux que ça pouvait intéresser à un atelier d'« Art joyeux » que j'ai tenu le samedi 5 novembre 2016 au Café associatif du XIVème arrondissement « Le Moulin à café ». Avec peu de moyens matériels, dans un petit local voisinant la grande salle du Moulin à café occupée par une troupe bruyante d'enfants fêtant joyeusement l'anniversaire d'un des leurs.

L'expérience d'Art joyeux a été très positive et réussie. En partant d'une vision positive des efforts d'expression libre enregistrés, sans censure esthétique et condamnations péremptoires. En voyant juste le caractère positif et le progrès possible, et l'essentiel : le plaisir pris à créer. Si on court à pied le dimanche matin on n'est pas champion de cent mètres ou marathonien, mais ça fait du bien et ne fait de mal à personne.

Nous avons été une dizaine concernés, dont quatre visiteurs. Parmi les peintres et dessinateurs, le plus jeune, Côme, était un petit peintre âgé de trois ans et demi et la plus âgée, Charlotte, une dessinatrice et peintre âgée de soixante-seize ans.

Ce qui s'est passé, c'est que tout le monde a pris du plaisir et que tous les résultats étaient sympathiques, agréables a regarder et avec des qualités à relever, par exemple : de jolies couleurs.

Sans limiter l'inspiration et la liberté des présents, j'ai donné quelques conseils et encouragements. Quand Charlotte m'a dit que le nénuphar qu'elle avait dessiné ne ressemblait pas à un nénuphar comme elle pensait devoir le dessiner, je lui ai dit : « mais non, c'est ton nénuphar. Le nénuphar de Charlotte, et il est unique ! » Puis je lui ai conseillé pour la construction de son dessin où la fleur était décalée sur le bas à gauche, soit de recouper la feuille, soit de compléter le dessin. C'est cette dernière proposition qu'elle a suivi.

Une autre artiste avait dessiné une grille de rectangles et occupait chacun de ceux-ci avec un petit dessin. Arrivée au deux-tiers des rectangles elle ne voyait pas comment continuer. Je lui ai conseillé de s'inspirer des dessins faits en les retraitant avec d'autres couleurs. Ce qu'elle a fort bien réussi.

Ce qui est intéressant dans cette expérience d'Art joyeux ou dessin libre, c'est qu'elle paraît correspondre à un besoin réel et donne des résultats agréables et immédiats. Nous la recommencerons. Elle m'a aussi donné d'autres idées. Si l'Art joyeux ou dessin libre permet de retrouver sa créativité endormie, ne pourrait-on pas poursuivre sa pratique à la grande école, en parallèle des études « ordinaires » ? Permettre ainsi aux enfants de conserver leur créativité ? La qualité générale de leurs études en profiterait certainement. Pour des étudiants plus âgés et engagés dans un cursus copieux, l'Art joyeux assurerait une détente et une créativité qui leur profiterait aussi. L'Art joyeux pourrait aussi être convié dans le cadre de soins à des traumatisés ou des malades ou accidentés en général. Pour les personnes âgées l'Art joyeux contribuerait à leur bien-être et leur mental. Il y a quantité d'expériences passionnantes et utiles à tenter. Tentons-les !

Basile, philosophe naïf, Paris le 6 novembre 2016

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