vendredi 29 avril 2016

541 Les Droits de l'Homme et l'argent

Aujourd'hui, un être humain a le droit de mettre d'autres êtres humains dehors de leur maison et y compris à la rue au seul motif que leur maison « lui appartient » et qu'il souhaite « la vendre ». C'est vrai en France comme au Canada et dans d'autres pays auto-proclamés « civilisés ». Ce fonctionnement de notre société va à l'encontre des Droits de l'Homme. Un homme, dès à partir du moment où il est vivant, quoi qu'il fasse ou ne fasse pas, qu'il travaille ou non, a le droit de vivre. Ce qui implique qu'il puisse manger, boire, s'abriter sous un toit, se soigner s'il est malade ou blessé, accéder à la culture et l'éducation et d'autres choses encore. Ce n'est pas le cas jusqu'à, présent.

Notre société fait des produits ou services vitaux des marchandises assujetties aux « lois du commerce » ou « lois du marché » pour utiliser un terme aujourd'hui à la mode. Ainsi, par exemple, le blé ou le riz, loin d'être traités comme des substances vitales à l'homme se retrouvent classées parmi les « matières premières » et soumises aux spéculations des affairistes dont le seul but et d'accumuler « de l'argent ». Mais qu'est-ce que « l'argent » ? C'est un outil dont on a fait une fin en soi. Accumuler le plus d'argent possible entre les mains du moins d'individus possible devient le but ultime de la société. L'association OXFAM révélait très récemment que 62 particuliers possédaient autant que la moitié la plus pauvre de l'Humanité. 62 particuliers qui ne parviendront jamais à dépenser tout cet argent dont il dispose et qui en définitive ainsi ne vaut rien.

Le monde est aujourd'hui dominé par des organismes dont seul l'argent est le but, la raison d'être, l'homme est oublié. Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce, Fond Monétaire International, Banque Centrale Européenne, et d'autres encore règnent sur le gâteau financier mondial et se le partagent pour en faire profiter une poignée de nantis généralement enrichis par héritages. Le seul effort qu'ils ont fait pour devenir riches est d'être nés.

L'argent n'est rien, il devient tout. Et, outil créé par l'homme, fini par lui commander. Au nom des « lois du marché » on affame, alors qu'il n'y a jamais eu autant de richesses de par le monde.

Ne craignant pas le ridicule, des politiques ont parlé de « millénaire contre la pauvreté », mais ce n'est pas avec de belles phrases qu'on nourrit les pauvres !

Quand je critique l'argent, on me rétorque très souvent que c'est la meilleure solution pour sortir du troc. Si j'élève des éléphants et ai besoin d'une boite d'allumettes, je ne vais pas troquer un éléphant contre une boite d'allumettes. Miracle ! Oh joie ! Grâce à l'argent je me sors bien de cette situation et échange la boite d'allumettes désirée contre quelques pièces de monnaie.

Ça, c'est la théorie bébête. Dans les faits, l'argent n'est pas un outil simple, c'est un rationnement pour la masse des uns et un capteur-accumulateur de richesses pour une poignée d'autres. Quand il m'est arrivé de critiquer l'argent, je me suis aussi vu répondre : « l'argent a toujours existé. » C'est faux. Il a été inventé un jour. Ce qui signifie qu'il pourra très bien ne pas continuer ad vitam aeternam à exister. Si déjà l'homme s'organise demain pour qu'il ne soit plus nécessaire de disposer d'argent pour satisfaire les besoins humains vitaux, l'argent perdra beaucoup de son importance. Ce qu'il faut, c'est le respect des Droits de l'Homme. Dès à partir du moment où on est vivant, manger, par exemple est un droit. Certains imbéciles se croyaient malins en proclamant : « qui ne travaille pas ne mange pas. » Et bien non, qui est vivant, qu'il travaille ou non mange, et pas seulement des pâtes. Un monde où ce droit et d'autres seront reconnus sera incomparablement plus doux à contempler et vivre que notre triste société actuelle. Où 70 à 90 % des fruits et légumes frais finissent à la poubelle comme « invendus » cependant qu'une masse de gens a faim.

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 avril 2016

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