mardi 12 avril 2016

532 Ce qui fait le plus peur aux hommes

La terreur majeure chez les humains, en tous les cas ceux qui m'entourent dans la société où je vis aujourd'hui, c'est la terreur du viol. Cette peur est telle qu'elle génère la peur de la peur. On n'en parle peu ou guère. Et chez les hommes on n'en parle jamais. Car, si c'est aujourd'hui relativement banal d'évoquer les violences sexuelles infligées aux femmes ou aux enfants des deux sexes, du viol d'hommes par d'autres hommes on ne voit ce sujet abordé que dans les récits concernant les prisons. Pourtant, c'est un fait, les hommes vivent dans une terreur panique d'être violés. Ce qui a diverses conséquences étranges. Par exemple, les gays font peur à quantité d'hommes. Ils dissimulent cette peur avec de la haine. Le plus souvent, les hommes refusent avec énergie les câlins d'autres hommes et ont une peur panique d'en faire. Par peur du viol, mais ça ils ne se l'avouent guère, voire jamais.

Quand un homme apprécie beaucoup un autre homme à Paris, il va lui serrer longuement la main. Parfois lui tapera sur l'épaule, par exemple, ou lui posera un instant la main dessus. Mais, surtout, aucune caresse ! Pourquoi ? Parce que la terreur du viol règne.

Les violeurs, qu'on appelle « pointeurs » dans les prisons, font les frais de cette panique masculine généralisée. Ils seront pourchassés et lynchés par quantité d'autres détenus. Pourquoi ? Parce qu'ils évoquent pour eux leur peur. La même raison explique la violence extrême que prend fréquemment l'homophobie. Les hommes ont peur d'être violés. Un gay ne cache pas son goût pour le sexe avec des hommes. Il se fera massacrer en qualité de violeur potentiel. Y compris quand il n'en est absolument pas un. Mais la peur extrême conduit à des comportements irrationnels et violents.

Une autre conséquence de la peur du viol chez les hommes est la grossièreté envers les femmes. On affiche, si possible à plusieurs, qu'on est « des hommes ». On insulte la femme, braille des chansons de corps de garde, fait des blagues « bien grasses », pourquoi ? Pour souligner « qu'on n'est pas des pédés ». Donc, il n'y a aucun risque de viols entre nous, les « hommes ». Ouf !

Les injures chez les hommes sont aussi tournées très souvent de la même rassurante façon. On traite ceux qu'on n'aime pas de « pédé », « petit pédé », « sale petit pédé », ou, plus explicite : « d'enculé ».

La panique masculine n'est jamais avouée. Elle conduit y compris aux meurtres d'homosexuels déclarés ou supposés tels. Ces meurtres sont même inscrits dans les codes de lois de divers pays. Ce y compris quand le chef de l'état est « à voile et à vapeur », c'est-à-dire couche avec des femmes comme des hommes. Ce fut le cas chez les Mongols à l'époque de Gengis Khan. Ce chef, de notoriété publique avait une épouse et un amant. Pourtant, le code de lois qu'il fit édicter punissait de mort l'homosexualité entre hommes !

L'activité « sexuelle » est « culpabilisée » car elle permet le viol d'hommes par d'autres hommes. La vue de la « nudité » est proscrite, car le « sexe » fait du « corps » une arme. La vue du pénis en érection est interdite, car elle équivaut à brandir une arme menaçante. Chez certains hommes stupides existe la fierté de posséder un très grand sexe, car ils croient ainsi posséder une très grande arme. Et selon eux dans cet organe réside le courage, car être courageux, c'est « avoir des couilles ».

Quand les hommes reconnaîtront leur peur, l'analyseront et s'en débarrasseront, l'Humanité aura fait un très grand progrès. Il faudra aussi que les hommes arrêtent de harceler stupidement les femmes, ce que font la plupart d'entre eux. Alors, la peur cessera de régner entre les humains. Et la vraie Civilisation pourra enfin commencer. Quantité de problèmes liés à ce qu'on a baptisé « la sexualité » s'évanouiront complètement. Et enfin l'homme et la femme se découvriront et vivront.

Basile, philosophe naïf, Paris le 12 avril 2016

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