vendredi 25 août 2017

846 L'art de ne pas faire ce qu'il y a à faire

Deux jeunes Parisiens, beaux, intelligents, gentils, sympathiques, cultivés, ayant de l'humour, et quantité d'autres qualités, indépendants matériellement ont chacun, qui s'en étonnerait ? Une copine jeune, jolie, etc, etc. Avec qui ils partagent chacun leur vie... Pardon ! Partageaient ! Les deux relations se sont terminées cet été par une séparation. Tout paraissait OK et tout est à présent terminé. Que font alors ces deux jeunes hommes ? Ils se disent qu'avec les atouts dont ils disposent ils vont trouver chacun une nouvelle copine. Et l'histoire va recommencer.

En aucun cas ces deux jeunes hommes ne se posent l'évidente question : « il y avait tout pour que ça marche bien et ça continue et ça s'est terminé, pourquoi ? » Non, ils ne se posent pas cette question. C'est fini avec Suzette ? Allons chercher Rirette !

Le motif de ces ruptures c'est le banc de sable sur lequel ces relations se déclarent : il s'agit de libertinage encadré. On « sort » avec une demoiselle. Puis, on décrète qu'on est « ensemble », ce qui signifie qu'on ne va pas « voir ailleurs » et on ajoute une adresse commune. La base de ces « relations » proclamées consiste à mettre son zizi dans la zezette d'une demoiselle avec son accord. Et de l'y remettre régulièrement. On le clame bien fort à tout son entourage et le tour est joué !

Là où le bât blesse, c'est que le « contrat » de ce genre de « relation » est de nature patriarcale. Les garçons vers l'âge de douze ou treize ans découvrent la masturbation masculine adulte comprenant l'éjaculation. Ils en deviennent accros. Et la pratiqueront régulièrement toute leur vie durant, ce qui signifie des milliers de fois en tout. Ils vont élargir cette pratique masturbationnelle à l'utilisation d'un ou une partenaire et se masturberont dedans, croyant souvent ainsi « faire l'amour » et satisfaire l'autre. La cause à terme de nombre de séparations, c'est l'incroyable insistance des garçons pour parvenir à se masturber dans un ou plusieurs des orifices naturels de l'autre.

J'ai fait partie du troupeau des ânes masculins hyper-sexualisés. J'ai pris conscience tardivement de ce problème. Durant très longtemps je croyais de bonne foi qu'il me fallait absolument trouver une « partenaire sexuelle ». Cette incommensurable ânerie patriarcale m'a conduit d'échecs en échecs avec les filles. Puis un jour tout parut aller bien avec une fille. Et, au bout de deux ans de Paradis j'ai connu deux années et quatre mois d'enfer. J'ai cherché à comprendre pourquoi. La piste s'est ouverte pour ma compréhension, quand, parlant avec mon ex, elle me dit qu'au fond elle n'avait jamais voulu jouer au petit train avec moi. Et m'interrogeant moi-même j'en conclu que moi aussi je n'avais jamais voulu jouer au petit train avec elle. Alors pourquoi avoir poursuivi la quête imbécile de l'harmonie sexuelle en faisant ainsi les cons ? La réponse est que nous nous sommes pliés à l'immonde patriarcat qui prétend qu'on doit faire ces choses quand elles sont « techniquement possible » même quand on n'en a pas envie. Et comment en était-je arrivé à un pareil comportement ? Quand à l'âge de vingt-deux ans ma famille et le médecin de famille m'ont manipulé pour me jeter dans les bras d'une vague copine. Tout ceci afin de me « déniaiser ». Ce fut une sorte de viol social où je me résignais à « en passer par là » sans réaliser dans quelle voie tordue cela m’entraînait. J'ai mis quarante-trois ans pour en sortir et m'extraire de cet impasse où d'innombrables individus se retrouvent coincés.

Les deux jeunes hommes dont je parle au début de ce texte sont toujours pris dans cette impasse. Si sympathiques soient-ils ils restent persuadés malgré tout qu'une jolie fille ce n'est pas d'abord une jolie fille, mais c'est d'abord un orifice où on met sa queue. Et même si nombre de filles acceptent d'incarner ce rôle, à la longue elles en ont marre, d'où rupture. Il faut s'interroger sur son propre comportement, sur ce qui ne va pas dans celui-ci, pour sortir du cycle des relations-ruptures. Mais pour ça il faut le vouloir. Nombreux sont les hommes qui refusent de le faire. C'est très dommage.

Basile, philosophe naïf, Paris le 25 août 2017

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