jeudi 30 avril 2015

374 La simple nudité prolongée jamais ?

Quand sommes-nous nus ? Autant dire jamais, et quand ça arrive ce n'est pas pour bien longtemps. Ce qui fait que les humains de sexe masculin sont en permanence branlé plus ou moins par des vêtements qui frottent et compriment leur pénis, comme durant l'acte sexuel. Ce qui n'est en rien anodin et les dérange mentalement.

Et les naturistes ? Les naturistes ne sont jamais vraiment pleinement nus. De sexe masculin, dès leur douzième ou treizième année environ, ils vivent dans la terreur permanente de l'érection publique. Quant aux naturistes de sexe féminin, dès le plus jeune âge on leur inculque le commandement d'éviter de trop écarter les jambes en public. De plus, les naturistes restent fréquemment chaussés. Et, le soir, quand vient la fraicheur, ils s'habillent. C'est dire que seuls semble-t-il de bien rares peuples, comme les aborigènes d'Australie sont nus en permanence. Mais leur conscience doit être sans doute encombrée comme la nôtre par des concepts compliquant l'état naturel pour en faire autre chose dans la conscience des individus concernés.

J'ai cherché à expérimenter le fait d'être nu le plus souvent et longtemps possible chez moi, loin du regard des autres. C'est ainsi que j'ai pu constater dernièrement un phénomène survenu sans qu'il soit prémédité.

En général rester nu le plus souvent possible était un état qui s'interrompait au moins une fois dans la journée car il me fallait m'habiller pour sortir de chez moi. Or, dernièrement, il est arrivé qu'une journée entière je suis resté nu chez moi sans sortir et le lendemain aussi. Ce qui a généré un état particulier qui dure encore depuis plusieurs jours : un désintérêt très marqué pour le « sexe » commercial, stupide et consumériste qui prospère dans notre société. Et, après coup, j'ai réalisé une chose :

Je suis resté deux jours de suite nu... pour la première fois de ma vie ! Et cela a généré une modification de ma conscience. Elle s'est éloigné des schémas sexolâtres qui mettent du sexe partout et surtout là où il n'a rien à faire. Le port de vêtements en permanence, leur compression et frottements sur le sexe dérangent de manière mécanique la pensée masculine. Me dénuder durant quarante-huit heures a eu des répercussions directes sur ma manière de voir, réagir et penser.

On me dira que c'est un point de vue personnel. Je ne crois pas être si exceptionnel que ça. Mes réactions sont probablement celles que pourront avoir quantité d'autres personnes. La nudité effective prolongée guérirait la conscience des vieilles obsessions sexuelles qui dérangent la société et les relations entre les humains.

Certes, il faudrait étudier la question sur un échantillonnage plus grand d'êtres humains. Mais c'est déjà une piste de recherches. L'harmonie entre l'homme et la femme pourrait peut-être surgir suite à des mesures simples. Mais qui ne font pas partie de la culture « habillée » que nous connaissons.

S'agissant de la nudité, je remarque que traditionnellement on voit des personnes condamner l'homosexualité comme étant « contre-nature ». Ce qui signifie que ceux qui prononcent cette condamnation défendent « la nature ». Il n'y a rien de plus artificiel et contre-nature que le port de vêtements. Nous sommes à notre naissance et naturellement nus. J'attends que ceux qui condamnent l'homosexualité comme « contre-nature » se mettent en accord avec leurs propos. C'est-à-dire ôtent leurs vêtements et se montrent à nous nus. Ou bien qu'ils cessent d'invoquer la Nature comme une loi supérieure qui s'impose. Ou alors qu'ils nous amènent voir l'arbre sur lequel poussent les slips.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 avril 2015

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