dimanche 19 avril 2015

366 La fin de la mystification économique

L'élection de Syriza en Grèce marque le début de la fin de la mystification économique. En quoi consiste-t-elle ? En ce que depuis plusieurs années les choix économiques enrichissant les plus riches et appauvrissant la grande masse des autres sont déguisés en « contraintes économiques ».

A tel point que j'ai entendu quelqu'un dire de bonne foi : « mais si les politiques ne peuvent vraiment rien faire pour nous aider. S'ils sont impuissants pour choisir un autre chemin que celui dicté par les contraintes économiques, au moins qu'ils le disent ! »

En fait, les politiques européens et autres sont la plupart du temps plus sensibles aux sirènes des riches qu'aux gémissements des pauvres. Ils aiment l'argent plus que les êtres humains qu'ils sont sensés servir et défendre. Alors, ils disent ne pas pouvoir agir autrement que ce qu'ils ont librement choisi de faire. Et prétendent que c'est là le seul chemin possible. C'est pourquoi l'arrivée en Grèce d'un gouvernement qui annonce vouloir défendre les pauvres les inquiète.

Les politiques européens et autres ont raison de s'inquiéter. Si Syriza tient ne serait-ce qu'une partie de ses promesses à rebours de l'austérité choisie et soi-disant « fatale » et « inévitable », toute la mystification économique s'écroulera.

La contrainte imaginaire de traités en papier volera en éclats. La farce européenne se désintégrera en percutant la réalité du mécontentement des peuples. Et les victimes de l'austérité demanderont des comptes aux responsables de leurs souffrances.

Peut-être un jour sera créé une Cour internationale pour le jugement des crimes austéritaires ? Les défenseurs de l'austérité ont raison de s'inquiéter pour leur avenir.

Leur meilleure réponse à cette inquiétude consisterait à changer leur orientation et écouter la souffrance des peuples. Mais, en sont-ils capables ? Et, surtout, en ont-ils envie ?

Dernièrement, un copilote d'un avion de ligne a volontairement envoyé son avion percuter une montagne dans les Pyrénées. Il a même accéléré à deux reprises durant la descente de son avion vers le choc mortel. Les dirigeants européens font penser à ce copilote, s'agissant de leur manière de conduire la politique européenne. Sauf qu'ici les montagnes sont remplacées par les traités TAFTA et TISA. L'avion percutera-t-il la montagne cette fois-ci aussi ? Ou les passagers, c'est-à-dire nous, échapperont à la catastrophe ? L'avenir nous le dira. En attendant, la cabine de pilotage européen est occupée par des personnes qui n'ont rien à y faire.

Il faut espérer que les passagers et les membres de l'équipage qui ne sont pas fous parviendront à prendre le contrôle de l'appareil.

TAFTA doit être signé à la fin de cette année. Le moment du crash approche. Nous sommes en avril. Plus que huit mois avant la catastrophe annoncée. Hier, 18 avril 2015, des manifestations ont eu lieu contre TAFTA dans un certain nombre de villes. D'autres auront lieu dans les prochains mois.

Souhaitons qu'elles parviennent à chasser de la direction des affaires des pays européens les dirigeants fous qui aiment plus l'argent que les êtres humains, la poésie, la civilisation et la paix.

Ce sera une bonne chose pour nous et pour l'avenir du monde en général. L'avion européen perd de l'altitude... Il nous faut rester très vigilant pour parvenir à le redresser avant qu'il ne soit trop tard.

Basile, philosophe naïf, Paris le 19 avril 2015

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