jeudi 30 avril 2015

372 A propos de la divergence sexuelle homme-femme

Les hommes sont réputés plus portés sur « la chose » que les femmes... Est-ce vrai et si oui, comment et pourquoi ?

Un élément paraît indiquer déjà une piste. Contrairement à la femme, qui dispose de quatre membres, l'homme en a cinq. Le cinquième, traditionnellement et très souvent il en fait tout un monde. Ce serait sa fierté, sa force, son courage, son identité. Sous-entendu, entre autres, que la femme, par définition, serait faible et peureuse et l'homme fort et courageux. Car : « il a des couilles », ou plus simplement dit et sous-entendu : « il en a ».

Cette prétention est risible. Situer sa force et son courage dans ces deux petites boules flasques et fragiles... magnifiées, semble-t-il, uniquement parce que les hommes en ont et les femmes pas.

A l'origine, dans les temps les plus anciens de l'Humanité, les humains vivaient nus en permanence. Aujourd'hui, à Paris, par exemple, l'homme est en permanence habillé. Même quand il fait très chaud et que le port de vêtements est inutile, malsain et désagréable.

Cet état habillé en permanence n'est pas sans conséquences pour sa conscience. Le fait de dérober à sa vue sa nudité et celle des autres crée un besoin artificiel de voir ce qui était fait pour être vu et est à présent caché. Le plaisir ou le dégoût éventuel ressenti à cette vue est qualifié de « sexuel », ce qui est une extension culturelle boursouflée et abusive du concept du « sexuel » déjà largement indéfini.

De plus, le vêtement qui enserre son cinquième membre, non seulement l'isole de la vue, mais le comprime et frotte en permanence, chose qui arrive singulièrement au moment de l'acte sexuel. L'isolement du membre par les vêtements conduit également à priver celui-ci du contact naturel avec les cuisses. Ce qui fait qu'une fois nu, la présence de cet organe sera augmenté par la sensation inhabituelle de ce contact. Loin de faire disparaître de la conscience masculine le membre en le dissimulant quasi systématiquement, le vêtement en exaltera finalement la présence cachée.

Les diverses réactions génitales causées par de multiples raisons seront systématiquement et très abusivement qualifiées de « sexuelles », c'est-à-dire en lien et en direction de l'acte sexuel. Singulièrement une confusion extrême régnera autour de deux phénomènes : l'érection et l'émission des secrétions des glandes de Cowper. Quantités de motifs conduisent l'homme à érectionner, verbe qui, remarquons-le, est ici un néologisme, tout comme cowperiser, c'est-à-dire émettre une substance lubrifiante et gluante à partir du pénis. Or, le discours régnant est orienté dans le sens que ces deux réactions, et leurs équivalents féminins, seraient nécessairement un appel au coït.

Ainsi, par exemple, les secrétions des glandes de Cowper sont baptisées : liquide « pré-coïtal ». Pire, les gestes de tendresses entre individus sont baptisés « préliminaires ». Sous-entendu qu'ils doivent nécessairement mener à l'acte sexuel ! On nage ici dans le plus parfait délire imbécile et coïtolâtre... Tout doit soi-disant conduire à la recherche frénétique de l'accouplement, consacré par certains crétins « la plus belle manière de communiquer ».

En fait, il existe une tonne de contacts - y compris tendres, - et de réactions - y compris génitales, - qui n'ont rien à voir avec l'acte sexuel. L'indigence mécanique de la plupart des vidéos pornographiques en témoignent. Ces mises en scène de la mythologie sexuelle machiste par des « acteurs » suivant un plan d'action produit d'une motivation financière brillent par leur misérabilisme. Si on considère la plupart de ces scénarios mécaniques pour ce qu'ils sont, en s'interrogeant sur les motivations visibles des « acteurs », on fini par ne plus trouver du tout excitantes ces productions.

Mais quel regard objectif peut avoir un individu de sexe masculin qui, habillé la plupart du temps, se retrouve en permanence branlé par ses vêtements ? Le trouble relationnel trouve là aussi sa source. Plus l'erreur totale d'interprétation des réactions génitales et la mythologie qui entoure l'acte sexuel.

Suivre la mythologie sexuelle machiste régnante conduit l'homme à une sorte de surdité et cécité volontaire vis-à-vis des femmes. Comprendre la femme serait soi-disant une chose impossible... mais si, pour la comprendre, l'homme commençait par écouter ce qu'elle dit, regarder ce qu'elle exprime ?

L'homme, à force de ne regarder que son zizi et harceler la femme en la ravalant au rang de morceau de viande sexuel conduit celle-ci à la crainte et la peur permanente. Une femme, par exemple, ne pourra jamais dire à un homme qu'elle aime son « physique » sans craindre de le voir affecter le comportement d'un obsédé sexuel la bave aux lèvres. Alors... elle se tait.

Combien d'hommes et de femmes souffrent de ne pas entendre de compliments sincères, appréciations positives émanant de l'autre sexe ? Mais, le terrain est miné. On n'ose pas s'y aventurer. Vous vous voyez dire à une femme inconnue : « j'aime vos fesses ? » C'est vulgaire. Pourquoi ? Parce que le discours régnant prétend tout subordonner ou presque dans les relations inter-humaines en tous cas homme-femme à l'acte sexuel. Cet acte devient alors aussi encombrant qu'un âne qu'on aurait installé au milieu d'un salon, ou un chimpanzé qu'on aurait placé au milieu de la table d'une salle à manger. Un âne ou un chimpanzé n'ont rien en soi de répréhensible. Mais ce n'est pas là leur place.

L'obsession sexuelle commence tôt dans la vie. A un âge où l'acte sexuel n'est physiologiquement pas à l'ordre du jour, la « pudeur » sensée protéger, conduit à la curiosité malsaine. Une chose cachée est forcément mauvaise. Mais, réservée aux « adultes » elle suscite la curiosité de ceux qui ne le sont pas encore. Et Internet est là pour fournir des images vulgaires bien avant l'âge « adulte ». Et le frottement et la compression du pénis par les vêtements commencent très tôt dans la vie.

Le conditionnement sexuel et les discours sur le sexe sont omniprésents de façon directe ou indirecte dans la société où nous vivons. S'affranchir des aberrations de comportements et pensées qu'ils engendrent est indispensable pour retrouver son authenticité et sa liberté. Il appartient à chacun de faire son chemin lui-même. On ne sort pas d'un conditionnement par l'écoute d'un discours, si juste soit-il, mais par un cheminement de vie personnel. Sinon, il suffirait d'écrire sur un morceau de papier « soyez bon ». Le faire lire à tous. Et le tour serait joué et tous les problèmes relationnels réglés. Ce n'est pas si simple.

La philosophie est un processus vivant. On ne saurait simplement donner des réponses aux grandes questions, mais seulement des éléments pour aider la réflexion éventuelle. Tous les efforts doivent d'abord venir de nous-même. Ils sont longs, pénibles, douloureux, comportent avancées et reculs. Mais, sans eux point de progrès. La sagesse amène la paix et ouvre des portes inconnues révélant des richesses insoupçonnées.

La vérité est bien cachée, à l'intérieur de nous-mêmes. Comprendre l'univers, c'est comprendre l'univers qui est en nous. Certains diront : « ce n'est pas l'univers, mais Dieu qu'il faut comprendre ». Mais, si on est d'accord avec ce mode de voir le monde, Dieu aussi est en nous. Donc on en revient au même. Comprendre le monde c'est se comprendre soi-même. Les autres nous servent de miroirs, plus ou moins compréhensibles. La vie n'est pas donnée. Elle est à trouver et en vaut la peine... Cherchez ! Cherchez... Bonnes recherches à tous ceux qui voudront bien chercher !

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 avril 2015

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