jeudi 23 juillet 2015

404 À propos de la souffrance des femmes

Un enfant de deux, trois, quatre ans qui apprécie un homme se jette dans ses bras pour l'embrasser. Plus tard, à partir de l'âge de treize ans, il devient hasardeux et risqué pour une fille de se jeter dans les bras d'un homme adulte. Car ce mouvement de tendresse est aussitôt assimilé à une « avance sexuelle ». Notre société condamne la tendresse en lui attachant au pied la chaîne et le boulet de la recherche obligatoire de l'acte sexuel qui lui serait soi-disant toujours lié. Arrivé à l'âge de treize ans, les jeunes filles sont plus proches des chiens, chats ou lapins d'appartement. Qu'elles peuvent caresser librement, que des hommes. Ce barrage s'étendant jusqu'au sein-même des familles.

J'ai vu de mes yeux une jeune fille de treize ans faire un câlin à son papa. Elle s'est assise sur ses genoux. Et le pauvre paraissait apeuré, désemparé et paralysé. N'osant pas la toucher, refermer les bras sur sa fille. Visiblement, pour lui, un tel comportement était nécessairement incestueux.

Une amie m'expliquait que, comme elle continuait à s'asseoir sur les genoux de son père alors qu'elle avait déjà treize ans, elle entendit un jour par hasard sa mère engueuler son père. Elle lui disait qu'à présent que sa fille était devenue une jeune fille il devait cesser de l'accepter sur ses genoux !

Toujours ici la même abusive confusion : câlins égal forcément baise. Même quand les personnes concernées ne pensent pas au cul.

Cette situation délirante conduit généralement les femmes à éviter les câlins, caresses, bisous des hommes. Et les hommes souvent à avoir peur d'en faire ou essayer d'en faire aux femmes.

Les femmes aiment les câlins des hommes, mais, pour ne pas se sentir harcelées, elles sont amené à les éviter ou repousser le plus souvent.

Cette situation crée une souffrance des femmes carencées en câlins. Car la peau des femmes appelle les caresses et bisous des hommes.

Pour remédier un peu à cette carence, j'ai pu observer que certaines femmes profitent à Paris de la cohue du métro aux heures de pointe pour procéder à la prise d'échantillons gratuits de câlins.

On entend fréquemment parler des hommes qui « collent » aux femmes ou leur mettent la main en divers endroits de leur anatomie aux heures de pointe du métro parisien. Il est bien moins souvent fait état du comportement symétrique féminin correspondant.

Pas plus tard que tout à l'heure j'en ai eu une démonstration dans le métro. Une jeune femme avec de très gros seins monte dans la rame bondée où je me trouve. Elle se place pas loin de moi et attrape la barre pour se tenir où je me tiens déjà. Je ne la vois pas, car elle est plus ou moins derrière moi. Je sens alors qu'elle appuie le côté d'un de ses seins contre mon coude gauche. Je ne fais rien comme mouvement. Elle continue. Par moments elle se déplace pour frotter la pointe de son sein contre mon coude. Elle le fait « en toute innocence » bien sûr et tout à fait par hasard... J'apprécie ce contact autant que je peux sans faire quoi que ce soit pour. Ce manège de la jeune femme dure un certain nombre de stations. Puis, quand nombre de gens descende, elle s'éloigne. Personne n'a semble-t-il remarqué quelque chose. Sauf une jeune fille au décolleté sexy, debout devant moi, qui a tout vu. Et me jette un regard furibond. Je n'ai pourtant rien fait de reprochable. Une jeune femme inconnue a cherché à profiter de la cohue pour se caresser le sein sur mon coude. Et je ne lui ai pas refusé ce plaisir furtif.

On m'a sollicité des échantillons de câlins gratuits. J'ai laissé les prendre. Comme je comprends la jeune femme aux très gros seins qui s'est servi ainsi. Si elle accepte ouvertement des caresses sur les seins ou en sollicite, les imbéciles qu'elle rencontrera à cette occasion vont vouloir lui imposer à la clé leur « prestation » sexuelle. Et celle-ci non seulement mal venue car imposée, sera le plus souvent sommaire et misérable. Cette prestation prétendra résumer la surface de la peau à caresser de cette femme à vingt centimètres carrés alors qu'elle mesure deux mètres carrés !

Une amie me racontait un jour la décevante prestation sexuelle d'un amant. La première fois qu'elle et lui se sont rapprochés, ce fut comme une révélation et un élan naturel : bisou sur la bouche, câlins, tendresse et baise. Mais, la suivante fois, voilà que l'amant arrivant chez elle s'empresse de lui présenter sa queue en érection. Lui prend la tête avec les mains. Et lui fait faire une pipe. Ni bisous, ni tendresse, ni rien de tout ça. Juste Monsieur qui voulait utiliser la bouche de sa copine. Après ce comportement minable elle n'a plus voulu le revoir et a eu raison.

Autre comportement nul d'un homme : celui-ci, jeune, retrouve au lit une jeune femme. Il la pénètre avec son pénis, remue dedans, éjacule. Puis se lève. Va prendre une douche. Met un slip, un short et un tee shirt. Et va s'asseoir devant son ordinateur pour regarder des conneries. Il ne manquait que quelques billets de 20 euros à sortir pour avoir l'apparence effective d'une passe avec une pute ! La jeune femme n'a pas voulu recommencer ce genre de rapports « amoureux ». Elle a eu raison.

Et vous savez quoi ? Le plus beau est que ce jeune homme au comportement sommaire et peu câlin était justement le fils de la dame dont je parlais juste avant de parler de lui. Ce jeune homme a témoigné de la plus grande nullité tactile jointe à l'obsession du trou et de sa petite jouissance en lieu et place d'une relation véritable. Mais quelle relation véritable envisager quand l'égoïsme masculin règne ?

Tant que les hommes dans leur grande masse ne rectifieront pas leur comportement sommaire et inepte avec les femmes, celles-ci seront amenées le plus souvent à leur refuser tous contacts physiques. Dont pourtant elles raffolent. Mais que les hommes le plus souvent sont incapables de leur donner. Car ils ne pensent qu'à leur queue. Et s'obstinent à ignorer la tendresse ravalée au rang de « préliminaires » à leur jouissance à eux.

Une revue française rapportait très récemment qu'une statistique indiquait qu'une majorité de femmes en France préfèrent un bon repas pris au restaurant à « une nuit d'amour » (lisez : un plan cul). Vue la très fréquente nullité masculine au lit, il n'y a vraiment pas de quoi s'étonner. Dans notre société, le plus souvent la relation faite de câlins est complètement sinistrée. J'ai connu une jeune femme dont aucun des nombreux amants ne s'était avisé à lui caresser les seins. Qu'elle avait très sensibles. Une autre qui n'avait jamais reçu de la part de ses amants de caresses sur son dos. Tous les hommes que ces deux femmes avaient connu ne pensaient qu'au trou. L'un d'entre eux avait même expliqué un jour que s'il bandait et ne faisait pas ensuite l'amour il ressentait de terribles souffrances. Avec un tel argument il était parvenu à convaincre sa partenaire de « passer à la casserole » pour l'aider à ne plus souffrir ! Que de ruses, de mensonges et d'efforts pour parvenir à cette petite chose qu'on appelle, bien souvent par antiphrase : « l'acte d'amour ». Que de tristes gesticulations préférées au fait d'ouvrir les yeux, se remettre en question. Avoir enfin l'ambition d'un rapport harmonieux et complémentaire avec la femme.

Il serait temps que l'homme comprenne que la femme existe pour elle-même et pas pour lui. Qu'elle rit, pense, pleure, aime et vit pleinement comme un être humain et pas comme un objet complémentaire de l'homme. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir besoin de l'homme et réciproquement. Mais les hommes, bien souvent ne savent pas répondre au désir des femmes de les voir assumer leur tendresse. Ils ne savent ni en donner, ni en recevoir. Il faudra bien un jour qu'ils changent. Et acceptent pleinement d'être des hommes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 juillet 2015

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