vendredi 17 juillet 2015

399 Les problèmes instincto-culturels

Les problèmes instincto-culturels sont le produit de la contradiction entre l'instinct en nous et la culture dans laquelle nous baignons et qui vient le contrarier. En voici un exemple : deux jeunes filles sont au contact d'un homme qu'elles apprécient.

Leur instinct porte ces jeunes filles à souhaiter les contacts propres aux singes que nous sommes à la base. Elles voudraient partager une nudité commune, échanger de très douces caresses, des « gratinari » griffures légères et douces, mordillements, léchages, dormir nues avec cet homme, qu'il leurs caressent les seins et d'autres endroits sensibles comme leur orifice vaginal. Mais tout ceci est impossible. Pourquoi ? En raison de la culture. Celle-ci prétend que rien qu'une faible partie de ces échanges tactiles implique obligatoirement et nécessairement l'acte sexuel. Quand bien-même elles n 'éprouveraient pas le désir d'entreprendre celui-ci. Mais la culture prétend que « de toutes façons » ces gestes conduisent, doivent conduire forcément à l'accouplement. Ce qui est en fait parfaitement faux et rigoureusement idiot. Et, même si ces jeunes filles peuvent appréhender toutes ces caresses sans faire l'acte sexuel, la culture régnante leur hurle dans les oreilles que, de toutes façons l'homme, lui, dans ce cas voudra absolument faire l'amour. Cette prétention totalement stupide est effectivement partagée par la plupart des hommes. Qui se révèlent ainsi parfaitement odieux et con.

En l'occurrence ici, fait rare, l'homme voit clair. Car cette situation est une situation que j'ai vécu. Je savais parfaitement bien qu'échanger éventuellement un Niagara de caresses n'impliquait absolument pas l'obligation de s'accoupler. Seul un désir effectif et réciproque pouvant éventuellement y conduire. Désir qui est plutôt rare. La plupart du temps les humains s'accouplent en dépit du bon sens. Croyant que si c'est possible techniquement et intellectuellement sympathique c'est une chose qu'il faut faire. Alors que l'essentiel fait défaut : un désir effectif et réciproque. Car une simple érection par elle-même ne signifie rien. Sauf que le membre est en bonne santé.

Deux soirs ces deux jeunes filles me promirent de venir me voir et ne vinrent pas. Je n'en ressenti ni impatience ni irritation. Sachant très bien que la situation est très difficile à vivre pour elles. Comment traduire dans la vie un désir de caresses que la société a abusivement assimilé au désir d'accouplement ? La situation devient peu clair, difficile à gérer, à maitriser. Alors, ces jeunes filles font du sur place. Jouent le jeu de la séduction. Et l'interrompent. Ne savent que faire. Au fond d'elles-mêmes elles désirent la paix des caresses. Et se retrouvent victimes d'un ultimatisme sexuel abusif et culturel. Qui est le fondement-même de la guerre des sexes.

Comment peut-on répondre à cette situation ? D'abord par la patience. Il n'est évident pour personne de détricoter la « culture » dont elle a été victime. Il faut du temps.

Ensuite, observer et voir. Il peut n'y avoir rien à faire. Comme il peut arriver que soudain quelque chose se révèle à faire de façon inattendue. Un jour que je caressais le bras d'une de ces jeunes filles elle me dit quelque chose que je ne saisi pas, tant c'était dit tout bas, hésitant et peu articulé. Mais où je distinguais parfaitement le mot sein. Et voilà que, continuant mes caresses juste sur ses bras, l'un puis l'autre, je vois la jeune fille faire des mouvements complexes du torse afin qu'au passage mon bras vienne effleurer le bout de ses seins. Tout ceci sans dire un mot. Je n'en revenais pas. Alors que ma timidité est immense, je me retrouvais caressant les seins de cette jeune fille. Qui ensuite n'a rien fait de plus. Et évité qu'il se passe encore autre chose du même genre. En tous cas ne l'a pas recherché. Le singe, l'instinct en elle, s'était brièvement, vigoureusement, soudainement et momentanément manifesté. De tels moments arrivent quand le carcan culturel saute face à la pression instinctive qui le déborde. Puis, c'est souvent le retour à la case départ. « Un moment d'égarement » comme diraient certains. Alors qu'il s'agit en fait d'un moment de lucidité.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 juillet 2015

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