mardi 1 mai 2018

959 Aux origines du patriarcat

Un point qu'il m'apparaît essentiel de souligner pour l'avenir, c'est que ce n'est ni par ruse, ni par calcul, ni par perversion ou méchanceté que l'homme s'est cru à tort supérieur à la femme, et appelé à la dominer et posséder. Ignorant l'ovulation mais découvrant la fécondation, il y a plus de dix mille ans, nos ancêtres masculins ont cru sincèrement et de bonne foi qu'ils étaient supérieurs aux femmes. Qu'ils étaient les semeurs actifs et fabricants de semence humaine confrontés à des ventres féminins passifs où ils déposaient cette semence. Les femmes étant ainsi réduites à leurs yeux à n'être que de la terre qui était même parfois stérile. Cette terre devant appartenir à celui qui la travaille, c'est-à-dire l'homme. Toute cette manière de voir étant bien sûr rigoureusement fausse. La femme prenant une part active à la reproduction au même titre que l'homme.

La généralisation de la conviction erronée de la femme terre passive et de l'homme semeur actif explique que l'ensemble des cultures de la Terre a placé la femme en dessous de l'homme. Tant que la place de la femme dans la reproduction n'était pas révélée par la Science, l'erreur pouvait continuer à prospérer librement ainsi que les abus innombrables qui en découlent.

La conviction fausse de la femme terre passive, conviction issue de l'ignorance de l'ovulation, a perduré durant plus de dix mille années. Ce n'est qu'il y a un peu moins de deux cent ans que l'ovulation a été décrite scientifiquement. Cette découverte réalisée vers 1840 par Félix-Archimède Pouchet et Charles Négrier est beaucoup trop peu connue. Elle mérite d'être vulgarisée.

Pouchet était de Rouen, Négrier d'Angers. Ces deux villes pourraient promouvoir leurs illustres citoyens. Une exposition pourrait être envisagée à la gloire de ces deux grands hommes. Ce genre d'événement nécessite au moins deux années de préparation. Plus rapidement pourrait aboutir la demande conjointe faite par les mairies de Rouen et Angers à l'administration des postes françaises pour l'émission d'un timbre-poste à l'effigie de Pouchet et Négrier et rappelant leur découverte.

Cette découverte est à mettre au rang des plus grandes découvertes scientifiques réalisées par les chercheurs. Et leur deux auteurs, Pouchet et Négrier, méritent une place d'honneur au côté des plus grands savants de l'Histoire humaine, Archimède, Newton, Einstein ou Galilée. Les replacer à leur juste place dans l'histoire mondiale est une tâche qui appartient à tous ceux qui reconnaissent aux découvreurs le mérite de leur découverte, et ici de leur immense découverte.

Parmi les organismes qui pourraient contribuer à cette reconnaissance tardive on trouve l'Académie nationale de Médecine dont Charles Négrier était membre correspondant. Ainsi que le Service de santé des Armées, car il fut un membre actif du corps médical militaire de 1810 à 1815 durant les guerres napoléoniennes. La rue Négrier à Angers pourrait être rebaptisée rue Pouchet et Négrier.

L'étude des conséquences de la prétention masculine à la supériorité sur la femme permettra de comprendre mieux l'Histoire humaine y compris la plus récente et celle actuelle. Prétendre dominer et posséder la femme crée chez l'homme un déséquilibre majeur. Il cherche à réaliser une tâche irréalisable. Sa prétention est absurde. Un être humain ne peut posséder un autre être humain. Le résultat de cette prétention est la recherche de compensations. Par exemple l'accumulation absurde de l'argent pour l'argent. Conduite vicieuse que Aristote dénonçait déjà il y a 2300 ans et appelait la chrématistique. La violence et les guerres de conquête représentent d'autres aspects marquants du malaise masculin. Ce sont les hommes les premiers dans le domaine de la violence et ce sont eux qui fomentent les guerres. Pourquoi ? Pour compenser leur mal-être résultant de leur croyance dans leur supériorité imaginaire sur la femme. Et leur tentation absurde et odieuse de la dominer et la posséder. Quand les hommes y renonceront enfin, il n'y aura plus de guerres.

Basile philosophe naïf, Paris le 1er mai 2018

Aucun commentaire:

Publier un commentaire