dimanche 17 janvier 2016

505 Le contact comme remède à la souffrance (suite)

Il existe différents types de souffrances causées par d'autres à nous-mêmes. Le harcèlement, l'agression sexuelle et le deuil en sont trois formes possible.

Le harcèlement peut être actif ou passif. Le premier consiste par exemple dans le traitement que subissent quotidiennement les jolies filles blondes aux yeux bleus quand elles se déplacent seules dans les transports publics et lieux publics parisiens. Constamment sollicitées par un troupeau de crétins mal élevés du sexe opposé, elles sont sur la défensive. Une quadragénaire m'en a parlé récemment, ajoutant qu'avec l'âge, elle se sentait enfin tranquille. Le harcèlement passif consiste, par exemple, à refuser une augmentation de salaire justifiée à un employé. Et ensuite l'accueillir chaque jour ouvré comme si de rien n'était. Ce mépris de son embarras financier le fera souffrir.

L'agression sexuelle peut prendre des formes multiples. Un mot, un regard, peut prendre la forme d'une agression. Le deuil peut prendre aussi des formes variés et pas seulement celle de la disparition de quelqu'un. Mais aussi, par exemple, celle d'une rupture sentimentale ou amicale.

Confronté à ces souffrances, comment peut-on réagir ? La pensée ou la parole peuvent être curatives, mais qu'en est-il du toucher ?

Considérons le toucher autorisé, c'est-à-dire de peau à peau et excluant des zones dites « sensibles ». Il nous reste une grande surface libre : les mains, les bras, les épaules, le haut du torse, le dos, les pieds, les chevilles, la tête en entier et le cou.

Si nous convenions d'un protocole précis concernant ces zones plus neutres que d'autres. En décidant de créer des situations sans ambiguïtés où elles pourront être sollicitées tactilement. Pas de tête-à-tête, pas de lumière tamisée, pas de tenues vestimentaires bizarres, juste une recherche du contact rassurant. C'est-à-dire devant amener à être pleinement accepté par le receveur, puis qu'il y prenne du plaisir et enfin de la confiance. Imaginons une personne qui a été agressée par une autre.

Elle va avoir peur du contact. Alors qu'elle en a besoin. Ne rassurons-nous pas quelquefois d'autres en les prenant inhabituellement dans nos bras ? Comment rassure-t-on un enfant, si ce n'est en lui faisant un câlin ? Dans notre culture on prétend au mieux soigner avec la parole et les médicaments. Et si nous rehabilitions le toucher ?

Ce qui nécessite de l'imagination. Par exemple, une personne agressée sera traitée d'abord par un proche, en présence d'un thérapeute spécialisé dans la réhabilitation du toucher. Il n'y en a pas ? On en créera.

Aux Pays-Bas on a développé l'activité de « prostitués thérapeutiques » qui baisent des handicapés à leur demande. A mon avis, c'est une manière de faire qui justifie le désordre général de notre société dans le domaine du sexe. Je ne suit pas cette démarche. Cependant, elle témoigne d'une mentalité dans ce pays qui permettrait d'envisager que soit développé une approche du toucher neutre et curatif tel que je le préconise. En France, les idées que j'avance ont très peu de chances d'être suivies.

Le toucher curatif devrait être différent du massage. Il est plus léger. Mais, pour le définir, il faudrait en faire une démonstration impossible à faire par écrit. Ce toucher spécial, que je n'ai pas inventé, il m'a fallu nombre d'années pour l'identifier et parvenir à savoir le pratiquer. Il ne me sert à rien présentement. Certains le connaissent spontanément. La plupart l'ont connut et oublié.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 janvier 2016

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