dimanche 17 janvier 2016

504 Le contact comme remède à la souffrance

Les plus grandes joies et l'équilibre-même de l'être humain proviennent de ses contacts avec d'autres êtres humains. Mais comme fâcheusement ses plus grands malheurs, ses plus grandes souffrances, ses plus profonds déséquilibres proviennent également d'êtres humains, il hésite à avoir des contacts avec eux. Voire en a peur et les fuit.

Quels sont les types de contacts qui existent entre êtres humains. Il en est trois grandes subdivisions.

Le contact par la pensée. Il me suffit de penser à une agréable amie, qu'elle pense à moi et me veut du bien, pour me sentir mieux moi-même. Savoir s'il existe des contacts télépathiques est une question qui se discute. Certains pensent que oui, d'autres non.

Le contact par la parole. On en a fait toute une théorie. Privilégiant le discours oral, on a établi diverses techniques curatives de problèmes psychologiques ou autres. Cependant la parole est limitée et orientée. La langue n'est pas neutre et est imprécise. Qu'on pense seulement aux sens différents que nous pouvons donner aux mots « liberté » ou « être gentil ». Et aux conventions de langage qui ont donné par exemple aux mots « liberté sexuelle » le sens de libertinage et obligation de baiser. Et non celui de faire librement ce qu'on veut, c'est-à-dire y compris ne rien faire.

Le contact par le toucher. Il en existe trois grands types différents : le contact visuel, voir l'autre, le contact dermique et le contact muqueux.

Le contact visuel est étroitement réglementé. Il est interdit de voir l'autre en entier, c'est-à-dire au naturel. Notre culture en a fait un état spécial : nu. Certaines parties de nous sont plus particulièrement frappées d'interdits visuels : les parties génitales, mammaires chez les humains de sexe féminin, les fesses. Ces parties sont sensées n'être dévoilées que dans des conditions précises et des situations particulières : la toilette, les soins médicaux et les ébats sexuels.

Le contact dermique est lui aussi étroitement réglementé. D'une manière générale il est défendu de toucher l'autre. Quant à se toucher soi-même, c'est aussi très mal vu. D'ailleurs l'expression « se toucher » signifie se masturber. Ce qui montre clairement l'orientation de notre culture. Le contact est vu comme un « préliminaire » ou un « post-lude » à l'acte sexuel. Certaines parties de nous sont considérées plus neutres que d'autres, le dos est par exemple considéré plus neutre que le ventre, etc.

Le contact muqueux est quasiment exclusivement réservé aux ébats sexuels. Il s'agit du contact inter-muqueux entre deux individus, avec la bouche, la langue ou les muqueuses anales ou génitales.

La prohibition générale du toucher est la source de quantité de problèmes. Il est très difficile de trouver un chemin permettant d'assurer un toucher dont nous pouvons avoir grand besoin dans certaines situations. Car le toucher peut être curatif plus que la pensée ou la parole.

Pour arriver à sortir du blocage général, il faut se pencher sur le seul toucher qui laisse des parties neutres et moins interdites que d'autres : le toucher dermique, c'est-à-dire de peau à peau. En évitant les zones interdites privilégier les zones restées neutres. Établir une convention du toucher et développer une technique du toucher qui permette de franchir trois étapes : l'acceptation du toucher, le plaisir d'être toucher, la confiance d'être touché. Tout ceci nécessite d'être étudié et détaillé. J'aurais l'occasion d'y revenir ici.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 janvier 2016

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