samedi 2 janvier 2016

502 « Être convaincu de... » ou « avoir conscience de... »

Il existe une différence fondamentale entre être pour une idée, ou une chose, être d'accord avec elle, convaincu de sa justesse. Ou avoir conscience d'une chose. Prenons un exemple. Il y a trois ans je suis arrivé à une conviction : on fait de la nudité humaine adulte une chose « sexuelle », alors que c'est simplement comme nous sommes. Cette vérité est essentielle, fondamentale. Il n'existe pas d'arbre à slips dans la nature ou de bébé naissant avec une culotte.

C'était une idée, certes juste, mais une idée seulement. Suite à trois années de travail sur moi, je viens d'arriver à la conscience de la réalité de l'état naturel. L'état que nous appelons habituellement « nu » ou « nudité ». A présent, si je n'ai aucun vêtement sur moi, je me sens complètement indifférent à la vision « sexualisée » de la « nudité » que prétend nous imposer la société où je vis. Je suis simplement moi. Même si je sais que la plupart des gens se diraient autre chose s'ils me voyaient à cet instant : « il est nu », « il provoque », « il s'exhibe ». Moi, je ne ressens rien de tout cela. Par la même occasion j'ai changé ma définition. Je ne parle plus d'état de nudité, mais « d'état naturel ».

Il y a trois ans j'étais d'accord avec une idée. Aujourd'hui, j'ai atteint la conscience correspondant à cette idée. Il en est de même pour par exemple l'amour du prochain.

J'ai longtemps été d'accord avec cette idée. Mais depuis nettement moins longtemps, j'ai atteint la conscience de cette idée. Je me sens incapable de haïr quelqu'un. Alors qu'avant je pouvais me dire « il faut aimer son prochain ». Et, à l'occasion, il pouvait m'arriver très momentanément de détester quelqu'un qui s'était affreusement mal conduit. A présent, je ne ressens plus d'animosité contre d'autres gens. Quand bien-même je les trouve légitimement très critiquables pour ce qu'ils font.

Un propos plus ou moins répandu : « l'espèce humaine est une espèce animale parmi les autres, » est presque toujours juste une idée, une conviction. Aujourd'hui et depuis quelques années j'ai atteint la conscience de cette idée. Ainsi, j'aperçois l'importance de certaines perturbations à priori peu visibles.

Beaucoup d'humains mâles sont obnubilés par leur pénis. C'est parfaitement aberrant. L'explication partiel de ce phénomène étrange et très ridicule vient de la « castration relative » que tous les humains mâles, ou presque, subissent.

Durant la plupart du temps, l'organe sexuel masculin reste caché. L'homme ne voit que très peu de temps le sien. Il ne le sens pas non plus contre ses jambes. Il est comprimé dans un sous-vêtement. Cette situation crée un déséquilibre dans la perception. L'organe sexuel masculin n'apparaît aux yeux y compris de son porteur, qu'en des occasions précises et limitées. La plus marquante étant la pratique sexuelle. A laquelle cet organe finit par être associé en exclusivité alors qu'il existe aussi indépendamment. On ne passe pas ses journées entières à « faire l'amour » !

Cette situation crée un dérangement chez le singe humain mâle. Il va entre autres l'amener à exagérer incroyablement l'importance de son pénis, sa taille, sa taille en érection. Alors qu'il est juste un organe parmi d'autres.

Enfant, j'ai écrit un jour la phrase : « le sexe est un organe comme les autres », ou quelque chose comme ça. L'ayant donné à lire à mon père, il est sortit de ses gonds. Il affirmait que ce n'était pas vrai. Mais ne donnait pas d'arguments en ce sens. En fait, il témoignait du poids du conditionnement pesant sur lui. Sa réaction fut tellement inattendue et brusque pour moi que j'ai déchiré mon texte.

Basile, philosophe naïf, Paris le 2 janvier 2016

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