dimanche 23 février 2014

230 Le mythe et le piège de la subvention

Si vous avez un beau projet artistique, culturel, social et des moyens insuffisants pour le mettre en œuvre, on vous fera rêver à l'idée de recevoir une subvention.

En théorie c'est simple : votre idée est bonne. Vous allez voir des organismes officiels ou privés. Vous leur expliquez votre projet. On vous alloue la subvention. Et vous pouvez ainsi réaliser votre projet. Comme c'est beau et simple !

La réalité est toute autre.

Vous avez un projet. Vous cherchez une subvention. On vous demande alors de réaliser un dossier de demande de subvention. La réalisation de ce dossier représente un travail long, très ingrat, pénible, ennuyeux, humiliant. Vous aurez aussi le juste sentiment de renoncer à votre indépendance, votre liberté, eut égard à toutes les précisions demandées.

Si tout se passe au mieux, vous recevrez quelque chose par la suite, ce qui n'arrivera pas toujours, loin de là. Ce sera très inférieur à ce que vous avez demandé.

L'organisme privé ou public qui vous financera ne considérera pas qu'il vous aide. Mais qu'il vous achète.

Il vous traitera en obligé. Et puis, un jour, la subvention maigrira ou disparaîtra suite à un changement quelconque. Nouveau maire, changement d'orientation, réduction du budget, etc. et votre projet crèvera.

En résumé, la subvention est un mythe qui se transforme éventuellement en piège pour vos projets.

Il faut imaginer des projets sans subventions. Dont la réalisation ne repose pas sur le versement de celles-ci. Contrairement à ce qu'on veut nous faire croire beaucoup de choses sont possible sans avoir besoin de se prosterner devant ceux qui disposent de nos impôts. Et ne tiennent pas du tout à nous en faire profiter. Pourquoi voudraient-ils nous rendre ce qu'ils nous ont pris ? Et dans quelle intention ? Pour faire notre bonheur ? Mais le leur les intéresse infiniment plus. Comme disait Victor Hugo en 1849 dans son discours contre la misère : "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches". Depuis cette année-là, rien n'a changé. Le bonheur des pauvres est juste un argument électoral pour faire voter les pauvres afin qu'ils choisissent quels riches se serviront dans leurs poches. Aujourd'hui, le nombre des riches est de plus en plus réduit. Celui des pauvres est de plus en plus grand. Où allons-nous ? Je n'en sais rien. Mais j'ai bien l'impression que tout ça risque de finir mal, et à quel prix ? J'espère vivement qu'il sera très petit.

Basile, philosophe naïf, Paris le 23 février 2014

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