lundi 17 avril 2017

741 Deux salopards, un médecin et un sexologue

« Tu devrais te faire aider par un spécialiste. » Cette vieille antienne, que ne l'entend-t-on pas ? Quand on a des problèmes « psychologiques »... hop ! Un spécialiste et le tour est joué. J'ai voulu moi aussi suivre ces « bons conseils »...

Première étape : sentant que j'avais des problèmes en moi à régler, j'en parle à un sympathique ami, qui me recommande un ami à lui, psychanalyste. Je prend rendez-vous et lui apporte un dossier de documents écrits de ma plume à propos de mes problèmes. Il m'écoute et puis parle. D'une seule et unique chose : « comment vous allez faire pour me payer ? » Je suis en détresse, cherche de l'aide... et ce salopard ne s'intéresse qu'à une seule et unique question : « comment je vais lui ramener de la thune ? » J'ai ramassé mon dossier, salué le salopard et suis parti.

Seconde étape, des années plus tard : « tu devrais consulter un psychologue, c'est remboursé par la sécurité sociale, utile et intéressant » me dit un ami. Je suis le conseil et me retrouve dans les griffes d'un psychiatre.

Il me voit plusieurs fois, puis rédige une ordonnance pour me prescrire une spécialité pharmaceutique pour la tête. Je lui demande pourquoi. Je lui dit que je ne me sens pas déprimé. Il me répond que, à son avis, je le suis. Mais alors, pour mon moral, pourquoi ne pas plutôt prendre un bon petit vin ? Il me répond, invoquant son autorité médicale : « la différence c'est que c'est ici un médicament qui vous est prescrit par un médecin. » J'ai pris l'ordonnance. N'ai pas été chercher le médicament en question. C'était le début de l'été. Il y avait plein de fruits en vente. Et ils n'étaient pas chers, c'était avant le jour maudit du premier janvier 2002 où cette saloperie d'euro est arrivé et où les prix ont commencé à danser et dansent toujours. J'ai acheté un tas de fruits différents et me suis dit : « le voilà, mon antidépresseur ! » Je n'ai jamais revu le psychiatre. Je n'ai rien contre les psychiatres. Il y en a de très bien, mais pas celui-là.

Plus tard, j'ai une copine. Et mon zizi n'est pas son copain. On demande l'aide d'un brave médecin. Il me prescrit une fameuse spécialités pour soigner « les troubles érectiles », comme ils disent. Je prend la spécialité. Effectivement j'ai la gaule. Mais aucune sensibilité quand je la met à l'ouvrage. Quand j'en parle au médecin prescripteur il ne répond rien. Sa science s'arrête là.

Alors, ma copine m'entraîne chez le... sexologue. Celui-ci fait la sourde oreille à l’exposé précis du problème. Et part dans un discours très bien rôdé pour préconiser, eut égard à mon âge, la centrifugation de mon sperme pour lui assurer une meilleure performance fécondante...

C'est à ces rencontres que se sont limitées pour moi l'aide des « spécialistes ». Ah oui ! Encore un que j'ai vu il y a plus de six années. Quand je lui ai expliqué que j'étais perturbé par le fait d'avoir une compagne malade, il m'a conseillé de... l'abandonner ! Bravo ! Le médecin traitant de ma compagne m'a conseillé de prendre un ultime rendez-vous avec ce spécialiste mauvais conseilleur. Pour lui faire la morale. Ce que j'ai fait. Mon conseilleur a été à cette occasion dans ses petits souliers.

Et puis ma copine est allé mieux. Elle a réglé mon problème en me jetant à la poubelle. Ce qui m'a foutu par terre pour trois ou quatre années, mais ça c'est une autre histoire. Elle appartient déjà au passé. Comme on le voit ici, il y a toujours une solution aux problèmes rencontrés. Elle n'est pas forcément celle qu'on attend, mais on la trouve. Pour finir, je dirai que mes problèmes, eh bien, sans l'aide des « spécialistes » j'ai réussi très largement à m'en débarrasser. Par la force des choses, j'ai fait mon ménage tout seul et je continue à traquer la crasse dans les coins et sous les meubles.

Basile, philosophe naïf, Paris le 17 avril 2017

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