vendredi 20 mai 2016

551 Le phénomène de dévalorisation des femmes

Quelle base a notre conscience ? Au début de notre vie notre instinct nous guide. Si à la naissance nous cherchons le sein de notre mère, ce n'est pas suite à la lecture d'un manuel de puériculture ! Cette évidence et d'autres encore seront par la suite occultées par des discours prétendument objectifs qui recouvrent des idéologies diverses. Ils se drapent parfois avec les oripeaux de « la morale », « la science » ou « l'évidence ». Vers l'âge de quatre ans, le petit humain est autonome, capable de se nourrir seul. C'est à ce moment que commence le trouble majeur de l'enfance prolongée. Pour pouvoir lui faire ingurgiter le savoir, ou les bêtises, fruits de « la Civilisation », le petit humain sera sevré tactilement et infantilisé durant une dizaine d'années au moins. C'est une fille ? Elle est belle en regard des critères esthétiques de son entourage ? Alors, elle sera aussi quotidiennement arrosée de compliments niais, énoncés autant par les hommes que par les femmes, qui se résumeront essentiellement par ces quatre mots : « comme tu es beeeeeeeeeeelle !!! »

Viendra l'époque où la fille voit ses seins pousser, sa pilosité pubienne et ses règles apparaître. À ce moment-là, il lui sera très hypothétique de vivre une « histoire d'amour ». Vu que si la Nature la fait femme, dans sa tête et affectivement elle est toujours une fillette. Cependant, il faudra peu d'années pour que des troubles nouveaux envahissent sa vie. Le désordre mental dans la tête de la plupart des garçons et des hommes fera qu'elle ne sera plus considérée par eux comme un être humain de sexe féminin, mais juste comme de la viande à baiser. La jeune fille nouvelle découvrira l'immonde harcèlement sexuel. Comme me disait récemment une amie septuagénaire parisienne : « à partir de l'âge de treize ans, il n'était plus question pour moi de pouvoir aller acheter le pain à la boulangerie en étant tranquille ! » Une dame, également parisienne, qui a été une jeune femme d'une très grande beauté, devenue âgée, s'exclamait devant moi : « enfin tranquille ! » Notre société française et parisienne, et d'autres ailleurs, font de la merveilleuse beauté féminine une tare et un fardeau.

Au harcèlement s'ajoutera la menace du viol. Qui est une menace sournoise et omniprésente dans toutes les classes de la société. Ces dernières décennies un autre phénomène dramatique s'est développé. Jusque dans les années soixante du siècle dernier, les jeunes filles et les femmes ne fumaient guère. Depuis, prenant les hommes pour modèles, elles se sont mises à fumer en masse. Résultat : les cancers liés au tabagisme ont très largement augmenté leurs ravages parmi les femmes.

La plupart des hommes harcèlent sexuellement les femmes, qui résistent. Ils en sont furieux, déçus et dépités. « Mais qu'est-ce qu'elles veulent ? » s'exclament-t-ils. Car, à partir du moment où elles n'obéissent pas immédiatement à leurs fantasmes imbéciles et irréalisables elles sont proclamées « mystérieuses ». Alors, ces hommes fâchés regardent les femmes avec mépris, hostilité. Le problème est que le regard des hommes représente aussi pour les femmes un miroir. Le miroir enlaidi ainsi entraine un phénomène de dévalorisation qui trouble très souvent la femme. Elle en amène beaucoup à se dévaloriser elles-mêmes. Cette pensée m'est venue en observant des femmes remarquables, qui bizarrement ne s'estiment pas. Je me suis demandé d'où pouvait venir cet étrange phénomène de dévalorisation injustifiée. Ces femmes sont extraordinaires et ne s'aiment pas elles-mêmes. J'ai pensé alors à leur vécu. Elles sont belles et depuis des dizaines d'années d'innombrables hommes stupides et suffisants les regardent de travers, comme des fruits indociles qui refusent d'être consommés par eux. Ainsi regardées avec cette hostilité les femmes sont plongées dans un abime de dévalorisation injustifiée. Elles le sentent aussi, cette injustification. Ce qui fait qu'elles développent également une hostilité qui va s'exercer contre les hommes et y compris ceux qui les estiment et respectent. Ces derniers hommes seront victimes de « sentiments perdus », qui sont, dans le domaine des sentiments, l'équivalent des balles perdues dans une fusillade. Ils sont touchés sans avoir été visés. L'ampleur du phénomène de dévalorisation des femmes est impressionnant.

Basile, philosophe naïf, Paris le 20 mai 2016

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