jeudi 25 septembre 2014

279 L'amour surgit quand on ne l'attend pas

L'amour, en soi, ne pose aucun problème par lui-même.

Qu'est-ce que l'amour ? Une douce et irrésistible attraction naturelle, une sorte de magnétisme qui pousse deux êtres l'un vers l'autre. Ils sentent, sans pouvoir expliquer pourquoi, qu'ils sont bien ensemble. Besoin l'un de l'autre, des minutes, des heures, des jours entiers, sans limites dans le temps. Se voir, se revoir, s'écouter, se parler, se toucher... Ils sont émus l'un par l'autre. Ont une inexplicable confiance qui naît réciproquement et leur dit qu'ils ne se feront pas mal à se connaître, s'aimer...

L'origine de cette attraction est un mystère. Mais explique-t-on pourquoi on préfère la couleur orange à d'autres couleurs ou le chocolat à d'autres mets ?

Je rencontre une femme et ressens une attraction inattendue, mystérieuse... Elle aussi, paraît subir l'attraction symétrique. Pourtant, à Paris, je croise des dizaines de femmes de tous âges, certaines d'une beauté qui me frappe. D'autres que je trouve sympathiques, intéressantes, émouvantes... mais aucune de ces femmes ne suscite en moi cette attraction.

Rien de plus naturel que l'amour, mais notre organisation sociale, notre culture, nos idées « morales » sont-elles naturelles... ou dénaturées ? Notre société hait l'amour.

Ce qui pose problème n'est pas du tout l'amour. Ce sont ses interprétations.

Si une femme me plaît, la société va me hurler ses ordres d'avoir peur et de refuser de vivre :

« Attention ! Cette femme te convient-elle ? Est-ce sérieux ? Seras-tu heureux avec elle ? Cela va-t-il durer ? Sera-t-elle heureuse avec toi ? Ne risques-tu pas de te faire du mal ? Lui faire du mal ? Profiter d'elle ? Qu'elle profite de toi ? Voyons, quel âge as-tu ? Quel âge a-t-elle ? Pouvez-vous envisager de fonder une famille ensemble ? Vivre ensemble ? Est-elle « libre » ? Est-elle « fidèle » ? Est-elle « sérieuse » ? Est-elle en bonne santé ? Est-elle riche ? Est-elle pauvre ? A-t-elle des idées bizarres ? Fait-elle partie d'une secte ? Et toi ? Lui conviens-tu ou pas ? Etc., etc., etc. »

J'en suis juste à rêver de la revoir que la voix de la raison mortifère me beugle déjà dans les oreilles : « elle n'est pas faite pour toi ! Où vas-tu ? Tu fonces dans un mur ! Souviens-toi de la dernière gamelle que tu as pris avec ta dernière amoureuse ! »

Et, si c'est « de l'amour », la société me glapit ses ordres : « si tu l'aimes, tu dois coucher avec ! Vivre avec ! Etc. »

Tu dois... tu dois... mais, dans quel monde est-ce que je vis exactement ? En amour je ne dois rien. Juste suivre ma seule inclination, quand c'est possible. En évitant de foncer dans un mur, si celui-ci m'apparaît droit devant.

Je vais aimer quand j'aime. Et oublier les « ordres » de la société et les pièges qu'elle m'a tendu et où je suis tombé. Si je tombe mille fois, je me relèverais mille-et-une fois. Je suis le plus fort.

Et tant pis pour les grincheux, les pisse-froid et les jaloux. Seul l'amour pur m'importe, débarrassé de ses interprétations. Et peu m'importe si mon comportement déplaît aux gens conformistes et « raisonnables ». Si c'est le prix à payer pour aimer et être aimé par celle qui me plaît.

Basile, philosophe naïf, Paris le 25 septembre 2014

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