dimanche 29 octobre 2017

868 Point de vue d'un homme

Un publiciste français témoignait, je crois vers 1900, d'une ironie désabusée. Parlant des rendez-vous sexuels réguliers qu'il avait avec sa maîtresse, il écrivait : « le meilleur moment, c'est quand on monte l'escalier. » Environ 120 ans plus tard rien n'a changé. La soi-disant jouissance automatique, régulière et extrême des hommes au lit relève toujours du pure fantasme et de la mystification pure et simple. La plupart du temps les hommes, même s'ils parviennent, pas toujours facilement, à éjaculer dans un orifice naturel, sont parfaitement frigides. Nous faire croire que la visible excitation génitale, l'érection, suivie de l'émission de divers liquides organiques correspond à une immense jouissance masculine participe de la fable de la supériorité de l'homme sur la femme. Si vous coupez le son en visualisant une quelconque vidéo pornographique sur Internet et observez attentivement la physionomie des hommes comme des femmes impliquées, vous constaterez très aisément une chose. Que ces personnes s'emmerdent et ne jouissent pas de la manipulation effective de leur plomberie sexuelle. Ce qui est désolant, c'est de penser que nombre de jeunes gens et jeunes filles croient s'instruire dans le domaine sexuel en visualisant ces âneries à caractère commercial.

Tout à l'heure un ami disait devant moi : « seul l'homme fait l'amour pour son plaisir. Les autres animaux cherchent juste à se reproduire. » Qu'en savons-nous exactement ? Avons-nous interviewé le rat, le lapin, le bigorneau, sur leur vie sexuelle ? Avons-nous vu le lion se préparant à l'accouplement se dire : « bon, à présent, je vais m'accoupler, mais ce ne sera pas pour le plaisir, mais exclusivement en vue de me reproduire » ? Nous n'en savons rien de ce que pensent et ressentent les autres animaux s'agissant de leurs accouplements.

Quand on parle de sexualité humaine on parle le plus souvent des relations homme-femme. Mais ces relations existent-elles toujours quand accouplement il y a ? La mésentente est fréquente. Souvent la relation est conflictuelle et chacun utilise les armes dont il dispose. La violence est masculine. Le mensonge est féminin. Telle est la tendance, l'homme étant en moyenne plus fort physiquement, la ruse, le mensonge et la manipulation sont les armes les plus efficaces que peut lui opposer une femme. Ce qui ne signifie pas, bien évidemment, qu'il n'existe pas aussi des femmes violentes physiquement et des hommes hypocrites et menteurs.

Quand j'évoque l'injustice fondamentale que représente la non reconnaissance et la non rémunération du travail domestique et maternel des femmes, et l'absence de retraite correspondante, j'entends tout de suite : « mais où va-t-on prendre l'argent ? » Il s'agit d'une réforme fondamentale de la société pour en finir avec la principale injustice et source de conflits et de violences. Il faut donc y parvenir. Et commencer déjà à en parler. Ceux qui nous proposent des améliorations de notre société, à ma connaissance n'en parlent jamais. C'est à souligner.

Les femmes n'en parlent pas beaucoup. Tout au moins pour ce qui me concerne je n'ai jamais entendu l'une d'entre elles spontanément m'en parler sans que je lui en ai parlé juste avant. Il faut dire que le problème est immense, très ancien. Et aussi que les femmes sont généralement plus conciliantes et pacifiques que les hommes. Il sera néanmoins nécessaire un jour d'ouvrir en grand le débat. Le plus tôt sera le mieux.

Améliorer le monde est possible. Le rendre enfin humain l'est aussi. Il faut trouver les voies et les moyens pour y arriver. Très probablement il faudra inventer des solutions nouvelles. Car celles proposées jusqu'à présent n'ont pas réussi. Le monde est globalement toujours aussi barbare dans son ensemble qu'il l'était il y a des milliers d'années. C'est pourquoi, que ce soit de la politique ou de la diplomatie, je doute sérieusement qu'elles nous apportent un jour ce dont nous avons tous besoin : la paix et l'harmonie du monde, et donc d'abord entre les hommes et les femmes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 29 octobre 2017

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