jeudi 12 octobre 2017

860 Aller au fond du problème

Dans les années 1940, l'actrice Marlène Dietrich disait, parlant d'un célèbre réalisateur américain qui insistait pour coucher absolument avec elle et cherchait à forcer la porte de sa chambre : « j'ai résisté à Hitler, je serai capable de lui résister ! » Je cite de mémoire. Le même réalisateur à qui une jeune actrice de cinéma demandait ce qu'il appréciait le plus en elle, répondait : « vous êtes justement assise dessus ! » On voit clairement quelle manière de considérer les femmes avait ce célèbre réalisateur. Ça se passait il y a environ soixante-dix ans. Ces derniers jours un célèbre producteur de Hollywood se retrouve sous les projecteurs avec une avalanche d'accusations de harcèlements sexuels, agressions sexuelles et viols commis contre des actrices de cinéma dont de très célèbres. Ce sont des dénonciations légitimes de comportements inadmissibles et criminels. Mais qui appellent deux remarques.

La première est que ces actes étaient connus comme le loup blanc par un grand nombre de personnes. Elles ont fait silence et font pour certaines mine de tout découvrir aujourd'hui. Ce qui en dit long sur leur mentalité et leur manière de considérer les victimes et l'agresseur.

La deuxième est qu'on fait comme s'il s'agissait là d'un comportement d'un individu précis qu'il suffirait de reprouver, dénoncer, punir... Alors qu'il s'agit ici de l'expression d'un comportement de prédateur sexuel masculin qui est le fait d'une très large partie des hommes en général.

Une jeune fille de seize ans qui me connaît très bien me disait il y a peu d'années : « je n'ai pas peur de toi, parce que je te connais. » Sa sœur, récemment, me parlant, me disait à plusieurs reprises : « tu es inoffensif. » Ces compliments exprimaient à contrario qu'en règle général, avec des hommes qu'elles ne connaissent pas comme pacifiques à leur égard, elles sont en permanence sur la défensive. Comme le sont toutes les femmes et pas seulement vis à vis d'un richissime producteur hollywoodien... Et là est bien le problème. Sans absoudre le producteur en question il est nécessaire de ne pas ignorer les agissements des millions d'autres prédateurs qui pourrissent la vie des femmes en particulier et la vie de la société en général. Cette situation d'où vient-elle ? Peut-elle changer en s'améliorant ? Quand et comment ? Voici les bonnes questions que soulève cette énième affaire de mœurs touchant la « haute société ».

L'inconduite masculine très répandue est une véritable maladie de société. La société peut-elle trouver en elle les voies et moyens pour en guérir ? Ce n'est pas parce qu'un problème est très ancien et très répandu qu'il est pour autant inguérissable. Il serait bon de l'identifier clairement et en discuter entre hommes et femmes, clairement et ouvertement.

La recherche de l'harmonie est à ce prix. Les ressources de paix non utilisées sont incalculables, à condition de bien vouloir consentir à les rechercher en nous et autour de nous. Tout le monde rêve de paix tout en souffrant d'une immémoriale situation conflictuelle entre les humains et à l'intérieur d'eux-mêmes. Pourquoi la paix intérieure et extérieure serait-elle impossible ? L'Histoire humaine abonde en conflits interminables qui ont fini par trouver une fin. Le conflit entre l'homme et la femme et de l'homme avec lui-même et de la femme avec elle-même est le conflit le plus ancien. Le résoudre amènera certainement la fin de tous les autres conflits. Cette recherche de paix vaut donc vraiment la peine.

Il y a deux mille cinq cent ans environ, un sage indien qui est connu comme le Grand Bouddha déclara : « si la haine répond à la haine, quand finira-t-elle ? » Ce n'est pas la haine, ni le savoir qui représente la force, mais notre capacité à aimer en dépit de tout et malgré tout ce qui paraît s'y opposer. Aimer est le chemin. Reste à tracer la route. Mettons-nous à l'ouvrage dès maintenant !

Basile, philosophe naïf, Paris le 12 octobre 2017

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