mercredi 14 août 2013

136 Le discours mort de la pornographie

Ce qui fait la vie des choses et des gens, c'est la variété, le changement, la diversité. L'uniformité, c'est la mort. Or, il n'y a pas plus uniformisé que la pornographie.

Le « théâtre » pornographique obéit à des règles impératives, commerciales et redondantes. Il existe des centaines d'enchaînements de scènes rigoureusement semblables, par exemple :

Quand elles sont hétérosexuelles, ces scènes connaissent très fréquemment un programme identique : fellation, pénétration, extraction de l'engin, masturbation et éjaculation faciale finale.

Quand elles sont saphiques, ça donne : roulage de pelles, léchage de seins, cunnilingus avec orgasme réel ou simulé à la fin.

La répétition inlassable de ces scénarios signe leur invraisemblance.

Certains aspects « naturels » de la pornographie sont d'un naturel imaginaire. A en croire la pornographie, toutes scènes de sexe doit s'achever par une « conclusion » orgasmique. Or, dans la réalité, un moment de câlins peut très bien se finir différemment sans pour autant marquer manque ou frustration.

Autres âneries : la pornographie porte au pinacle le triolisme, la sodomie et la double pénétration.

J'ai connu une jeune dame qui n'avait gardé aucun souvenir impérissable d'une partie à trois. Elle ne se rappelait même pas exactement ce qui s'y était passé.

S'agissant de la sodomie, une jeune femme de mes connaissances m'a raconté avoir voulu un jour l'essayer par curiosité. Elle a eu, m'a-t-elle dit, le sentiment d'« avoir une grosse crotte qui montait et descendait ». Ayant derechef fait part de ses impressions à son partenaire et petit ami, celui-ci s'est senti ridicule et a arrêté aussitôt. On le voit, cette activité n'est pas jouissive pour tout le monde.

Quant à la double pénétration tant vantée, elle a été ainsi appréciée par une amie qui l'a pratiqué quelquefois : « c'est absolument nul. Quand tu la pratique tu ne peux absolument pas remuer ! »

Ce qui est extrêmement triste, c'est que la pornographie sert aujourd'hui en France d'« éducation sexuelle » à quantité de jeunes et moins jeunes. Ils croient trouver là des recettes à suivre.

Dans le discours pornographique se trouvent d'immenses absurdités telles que : « il ne faut rater aucune occasion », « il faut tout essayer », « il faut réaliser des performances », etc.

Pour les juger, faisons un parallèle avec la nourriture : si vous invitez à manger quelqu'un, c'est qu'au moins vous le connaissez un peu. Si c'est dans votre lit que vous invitez, il faut au moins que ça soit pareil. Donc, toutes les « occasions » ne sont pas forcément à saisir.

« Il faut tout essayer » : si vous êtes gastronome, pour être heureux avez-vous besoin de goûter absolument tous les plats existants, toutes les nourritures existantes, y compris les rats, les limaces et les araignées ?

Pour ce qui est des « performances », observez les concours de mangeurs de boudin. Ça vous tente ? Il n'y a rien de plus absurde et stupide que prétendre à des « performances » sexuelles !

Basile, philosophe naïf, Paris le 14 août 2013

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