jeudi 28 mai 2015

380 Pouvoir et parité

Depuis quelques années la parité en politique est un sujet très à la mode en France. Les femmes ont fait leur apparition dans la poste, la police, l'armée, le pilotage des avions de ligne, et bien d'autres professions où on ne les voyait pas avant. Il fallait bien qu'un jour on pose la question : et en politique ? Combien de femmes députés, sénateurs, ministres, présidentes de la République ?

Certes, des femmes en politique, on en a vu de tous temps. Mais c'était des exceptions : Hatshepsout, Blanche de Castille, Catherine et Marie de Médicis, Maris Tudor, Margaret Thatcher, Angela Merkel... pour ne citer que quelques-unes parmi les plus connues en France. Et de rappeler que la moitié du genre humain ne décide pas au plus haut niveau du sort de l'Humanité. Pratiquement partout ce sont des hommes qui gouvernent et prennent « les grandes décisions ».

Certains diront que derrière chaque homme politique il existe au moins une femme qui l'influence. Il serait plus juste de dire que certains hommes politiques sont derrière ces femmes et formellement décident. C'est moins glorieux pour les hommes qui se veulent « supérieurs » et « décideurs ».

L'Histoire, qui est bien trop souvent une successions de drames, guerres et choses horribles diverses est essentiellement pour ses dirigeants une affaire d'hommes. Ce n'est pas très flatteur pour les hommes... mais ça n'est pas ici le sujet.

Qu'est-ce qui amène les hommes à tant désirer « le pouvoir » ? La très grande majorité d'entre eux et hypersexuée, coïtolâtre. Face à leur harcèlement pour les baiser à tous prix, les femmes n'ont pas trente-six modes d'action :

Elles feignent l'indifférence. C'est le cas, par exemple, dans les lieux publics parisiens comme le métro, les autobus. Elles n'arrêtent pas de regarder les hommes en faisant semblant de ne pas les voir.

La seconde façon de réagir, c'est le rejet, la défensive. Même si un homme paraît pas ou peu dangereux, il sera tenu à distance, au moindre geste « déplacé » rejeté vigoureusement. Le geste « déplacé » pourra même être seulement le soupçon de l'intention possible d'un geste peut-être déplacé.

La troisième attitude possible, c'est la négociation, le contrat, le dressage et la domestication. La femme laisse l'homme s'approcher. Et tache d'en prendre le contrôle.

Tous ces comportements féminins amènent les hommes à la détresse et l'incompréhension. Tel homme qui se croit aimable et pacifique est en fait classé dans les gros lourds. Motif : quand il arrive, six autres qui lui ressemblent et qui sont des gros lourds sont déjà passés par là.

L'homme désemparé ne comprend pas ce qui lui arrive. Cherche des responsabilités. Se culpabilise. Accuse l'autre, les autres, tous les autres, l'Humanité entière, la tradition, la religion, l'église, ses parents, les parents de ses parents, les « secrets de famille », le « subconscient », le « cerveau réptilien », etc, etc.

Mais son besoin de caresses, d'amour est toujours là, insatisfait. D'autant plus insatisfait qu'il se retrouve pris au piège de l'alternative suivante : soit il cherche à baiser et n'y arrive pas. Soit il baise et est déçu. Car ce dont il a besoin, ce n'est pas de la baise, mais de l'amour, des câlins et, éventuellement, à l'occasion, ce qu'il appelle de la baise.

Alors, même s'il continue à harceler les femmes. Même s'il en viole certaines, dans sa conscience se construit un fantasme : celui de la séduction. S'il parvient à une chose extraordinaire, c'est sûr, les femmes qui lui plaisent tomberont dans ses bras. Alors, il lisse ses plumes et fait la roue... mais, il n'a pas de plumes et n'est pas un paon. Il cherche des plumes... et quoi de plus séduisant que la richesse et le pouvoir ? Alors, sans se rendre compte de ses véritables motivations il se met à rechercher le plus grand pouvoir envisageable, la plus grande richesse matérielle possible.

Les uns voudront devenir chef de bureau, les autres chefs de services, d'autres députés, et pourquoi pas président de la République ?

On comprend, vues leurs motivations, que les femmes ne se ruent pas comme eux sur la recherche du pouvoir. La recherche frénétique du pouvoir chez les hommes relève d'un désordre de la sexualité masculine.

Certes, il y a des femmes qui cherchent le pouvoir. Il existe également des hommes qui ne le cherchent pas. Mais, si mon hypothèse est juste, elle expliquerait pourquoi les femmes sont si souvent loin du pouvoir. Et que tant d'hommes se battent entre eux pour l'obtenir.

Ce qui caractérise aussi le pouvoir, c'est la violence sous toutes ses formes. On décide à la place des autres sur ce qui les concerne. On tient compte des intérêts des uns contre d'autres. On parvient au pouvoir par la violence, au moins morale. Comme sont violents les hommes politiques entre eux ! Comme souvent ils s'insultent ! Ça ne donne pas envie à ceux qui sont doux, moi le premier, de faire parti de leur confrérie !

Ce n'est pas aux femmes qu'il appartient de vouloir le pouvoir, mais aux hommes qu'il appartient d'y renoncer. Trouvez-vous humain qu'un individu tout seul décide du sort de millions d'autres ? Ne trouvez-vous pas cela dangereux ? Et si celui qui a le pouvoir a un moment de folie, qu'est-ce qui va se passer ? Combien d'entreprises mal dirigées et viables coulent chaque année entrainant dans leur chute et vers le chômage des milliers d'ouvriers, cadres et employés ? Est-ce si beau que ça « le pouvoir » ? Au point de vouloir faire aux femmes le cadeau empoisonné de « la parité » ? La question ne serait pas plutôt celle de la suppression du pouvoir et la réorganisation du monde sur d'autres bases ? S'agissant de la violence, dans le domaine criminel, le nombre de femmes emprisonnées pour des crimes est infiniment plus réduit que celui des hommes, qui forment là de très loin la très grande majorité des accusés et détenus. Dans le domaine routier, c'est pareil : la très grande majorité des accidents graves est le fait des hommes. Les femmes sont infiniment moins meurtrières que les hommes sur la route. Pourtant les tribunaux, quand ils jugent des femmes, ne sont pas plus généreux avec elles qu'avec les hommes. Et une femme au volant d'une voiture peut faire autant de dégâts qu'un homme. Les commandes sont les mêmes. Alors, devons-nous exiger là aussi la parité ? Faut-il faire en sorte que demain la moitié des criminels soient des femmes ? Et que la moitié des accidents graves sur la route soient provoqués par des femmes ?

Vous me direz, le pouvoir ça n'est pas pareil. Ah bon ! Et les décisions politiques telles que déclarer une guerre, ça ne fait pas des victimes ? Les premières victime du pouvoir, de tous les pouvoirs, ce sont les femmes. Alors, la solution serait de leur donner à elles aussi le pouvoir ? Le pouvoir c'est le manque de respect de l'autre, qui n'a pas le pouvoir. La femme souffre du manque de respect. Alors, donnons à des femmes la possibilité pour elles aussi de manquer de respect aux autres en détenant le pouvoir. Et voilà, le tour est joué, tout s'arrange, tout va bien ? Non je ne crois pas que tout va bien. Que le monde soit « dirigé » par l'amour et la liberté et que les hommes renoncent à cette monstruosité qu'ils ont inventé et font subir à tous, hommes, femmes, enfants : le pouvoir. Mais, pour cela, qu'ils se remettent en question et arrêtent de poursuivre incessamment les femmes avec des revendications sexuelles odieuses et absurdes.

Basile, philosophe naïf, Paris le 28 mai 2015

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