dimanche 30 décembre 2012

40 Les « couples inavouables »

Un des secrets de Polichinelle les mieux « dissimulés » dans notre société pourrait porter le nom des « couples inavouables ». Combien sont-ils en France ? Difficile à dire, mais en tous cas ils sont certainement très nombreux. Et aussi dans le reste du monde. Peut-être sont-ils 350 000 en France ? Et des dizaines de millions de par le monde. Et leurs enfants se comptent par dizaines de millions... mais quel est donc cet étrange phénomène ? Il s'agit des couples formés de partenaires apparentés de près qui ont effectivement des relations sexuelles ensemble. Ainsi : grand-père et petite fille ou petit fils, grand mère et petite fille ou petit fils, grand oncle et petite nièce ou petit neveu, grande tante et petite nièce ou petit neveu, père et fille ou fils, mère et fille ou fils, oncle et nièce ou neveu, tante et nièce ou neveu, frère et frère ou sœur. Les combinaisons pouvant se compliquer quand on dépasse la taille du couple pour rassembler sexuellement plus de deux partenaires.

Ce genre de couples est soi-disant impensable, pourtant il est des plus courants et toujours soigneusement caché. Impossible de déclarer publiquement de telles unions. Et quand des enfants en sont issus, il est même précisé par nos lois que la reconnaissance par le père est interdite, impossible. L'enfant est pourtant là. On préfère nier officiellement la réalité de son ascendance.

Jusqu'au début des années 1990, il était courant en France de voir nier l'existence de ces couples. Nombre d'ouvrages pratiquaient la désinformation en expliquant que les lois et coutumes interdisent de telles unions et donc qu'elles n'existent pas. Puis, on a commencé à en parler. Mais pour créer une nouvelle ligne de négation de la vérité. De tels couples ne devaient soi-disant exister que par l'effet de la violence. Il s'agissait de misérables violeurs agressant de malheureuses jeunes filles.

Quand vers 1970 les militants de la libération de l'avortement alors interdit en France ont créé des centres d'interruptions volontaires de la grossesse, ils ont vu, au nombre de leurs clients arriver de très jeunes filles qu'accompagnaient leur père. Ils ont pensé avoir alors affaire à des hommes ouverts d'esprit épaulant leurs filles. Ce n'est que des dizaines d'années après que j'ai vu apparaître incidemment un témoignage émanant d'une militante pro-avortement. Elle avouait ne pas avoir réalisé à l'époque qu'en fait ces hommes qu'elle croyait ouvert d'esprit étaient responsables de ces grossesses, car ils couchaient avec leurs filles et étaient bien contents de les faire ainsi avorter.

Au début des années 1990, en France, le terme « inceste » est devenu synonyme de viol commis par un parent proche. Aucun autre sens ne lui étant proposé. A l'origine, le mot « inceste » vient du latin d'église « incestus », qui a pour signification « pas chaste ».

C'est seulement il y a quelques semaines qu'est apparu dans la presse le terme rectifié en : « inceste consenti ». Ce fut à propos d'un procès à Amiens où était jugé un père amant de ses deux filles, et vivant maritalement avec l'une d'elle et leur fils âgé de dix ans. Il fallait voir les commentaires horrifiés de certains. On avait l'impression qu'ils auraient préféré que jamais n'éclate au grand jour cette affaire. Les psychiatres cités à la barre avaient déclarés notamment qu'il existe des incestes heureux. Entendons par là, aussi heureux qu'un couple classique qui fonctionne pas trop mal.

J'ai connu des cas de couples inavouables : au moins trois père-fille et un frère-sœur. Un père-fille commencé harmonieusement a duré dix ans. Mais le père était jaloux et violent. L'autre a duré quelques années et fini au mariage de la fille. Le troisième couple s'est séparé quand la fille est partie habiter en province après avoir vécu près de son père et amant à Paris. Quant au couple frère-sœur il a duré des dizaines d'années. Les conjoints vivaient ensemble, ne se sont jamais mariés avec personne ni l'un ni l'autre et n'ont pas eu d'enfants. Le mari était un homme très connu. Tout l'entourage savait et faisait comme s'il ne savait rien. Ne comptez pas sur moi pour indiquer un nom.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 décembre 2012

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