dimanche 30 décembre 2012

36 La soi-disant « Patrie des Droits de l'Homme »

Une des plus belles tartes à la crème de chez nous est... sonnez trompettes ! « La France patrie des Droits de l'Homme » ! Cette prétention fait rire une bonne partie de la planète. Vous allez apprendre pourquoi, si vous ne le savez déjà.

Les Droits de l'Homme ne sont pas nés en France, mais en Amérique et sont plus précisément d'origine iroquoises.

Au seizième siècle vivait en Amérique un chef iroquois nommé Dékanawida ou Déganawida. Auprès de lui se trouvait le sorcier Hyawatha. Ce chef est l'auteur d'un texte : la Gayanashagowa. Ou Grande Loi de la Paix, qui était la Constitution de la Confédération des Nations Iroquoises. Quand, bien plus tard, vers la fin du dix-huitième siècle, les colons anglophones d'Amérique du Nord ont commencé à chercher à s'émanciper du pouvoir de la Grande Bretagne, un de leurs leaders se nommait Benjamin Franklin. Il avait entre autres particularités celle de parler iroquois.

Les Iroquois lui ont alors conseillé de s'inspirer de leur constitution pour organiser l'unité des colons anglophones face au pouvoir de Londres. C'est en suivant ce conseil que Benjamin Franklin a rédigé la Déclaration d'Union d'Albany, qui a servi pour la rédaction de la Déclaration des droits du peuple américain (Bill of Rights), qui a servi pour la rédaction de la Constitution des États-Unis. L'apport des Iroquois a été salué officiellement par le Congrès des États-Unis à l'occasion du bicentenaire de la ratification de la constitution, par le vote le 21 octobre 1988 de la Concurrent Resolution 331 (http://www.senate.gov/reference/resources/pdf/hconres331.pdf) qui reconnaît l'influence de la constitution iroquoise sur la rédaction de la Constitution des États-Unis et de la Déclaration des droits du peuple américain. Et c'est en pompant le texte américain d'inspiration iroquoise que des Français ont rédigé en 1789 la « Déclaration universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen ».

Et, depuis plus de 200 ans, on nous joue la farce de nous expliquer que ce texte a son origine en France... il y a de quoi bien rire.

Bien sûr, pour filiation de ce beau texte soi-disant français, on nous sortira un autre lapin du chapeau de l'Histoire falsifiée, revue et corrigée : le Siècle des Lumières.

Curieux Siècle des Lumières, dont certains porteurs de lumières comme Voltaire ou Diderot correspondaient et copinaient avec Fréderic II de Prusse ou Catherine II de Russie qui étaient des tyrans sanguinaires. Siècle des Lumières qui s'est achevé dans les orgies sanglantes de la Révolution française avec sa très sainte guillotine, appelée aussi par ses admirateurs « le rasoir national ».

Pour justifier ces horreurs, on a l'habitude de nous dire qu'elles étaient nécessaires au progrès. Une version nouvelle du célèbre proverbe « on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs ». L'omelette du progrès se faisant, elle, en tuant des humains. Quantité de braves gens idolâtrent les assassins de jadis au nom dudit précieux progrès dont nous serions les heureux héritiers et bénéficiaires. Une seule et simple question me vient à l'esprit : « si Amnesty international avait existé dans les années 1790... qu'aurait-elle dit de la politique répressive de la France ? » Que nos thuriféraires de l'art de couper en deux les humains à l'aide d'un grand couteau nous répondent...

Un tas de gens intelligents trouvent aujourd'hui encore très chic de patauger dans le sang versé par la Terreur et crier « vivent Marat et Robespierre ! » Ils feraient bien de réfléchir avant et se regarder dans une glace. Le sang, même vieux de deux siècles, reste du sang et se barbouiller avec est un maquillage plutôt répugnant.

Ceux qui se vautrent aujourd'hui très joyeusement dans le sang des victimes de la Terreur pour être cohérents avec eux-mêmes se doivent aussi d'être pour la peine de mort. S'ils se déclarent contre, ils ne peuvent approuver ces massacres. Avis donné aux opposants à la peine de mort qui gloussent de joie devant les massacres « révolutionnaires ».

En pleine terreur stalinienne en Russie, le poète français Louis Aragon écrivait : « Il nous faut une Guépéou ». A présent, certains s'exclament : « Robespierre, revient ! » C'est du pareil au même.

Mais l'idole sauvage qui justifie les si merveilleuses hécatombes « révolutionnaires », c'est le Grand Dieu du Progrès. Le Progrès !! Mais, c'est quoi au juste, le « progrès » ? Quel étrange Dieu avide de sacrifices ! En quoi consiste-t-il ? C'est un concept néo-religieux. Avant, les humains cherchaient dans leur histoire l'expression de la volonté divine. Là, ils croient que dans l'histoire humaine s'exprime une force mystérieuse : le « progrès ». Il fait que, quoi qu'il arrive, l'homme avance vers un but positif. Ainsi, quand on massacre à tour de bras à la Révolution française, qu'on pille et détruit des monuments innombrables, il n'y a pas à s'en faire. Tout de même et malgré tout, ces horreurs assurent la marche inestimable du « progrès ». Ce Moloch généreux, sanguinaire et ô combien capricieux.

Un tel concept « poudre aux yeux » permet de justifier tout et n'importe quoi. Du moment que c'est arrivé, cela a été « bien ». Et ce qu'il y avait avant et qui a disparu, c'était forcément moins bien, puisque c'était avant. Quand certains actes sont trop affreux pour pouvoir être présentés comme positifs, interviennent des tours de passe-passe intellectuels au nombre desquels on trouve « le bilan globalement positif ».

Je l'ai entendu invoqué pour justifier les horreurs staliniennes en Russie et dans les pays de l'est. « Oui, ce sont des horreurs, mais... le bilan est globalement positif. » Dans le même sens, dans les années 70, pour encenser les crimes du maoïsme, on propageait en France le beau discours suivant : « oui, ils n'ont pas la liberté, mais ils ont tous leur bol de riz. Tandis qu'en Inde, ils ont un régime démocratique, mais ils crèvent de faim. » Renseignement pris, quantité de Chinois sont morts de faim sous le maoïsme, notamment au moment la politique imbécile du « Grand bond en avant », et la pauvreté existe toujours en Chine, dans des régions interdites aux étrangers. Et alors, les Indiens ont aussi la misère, mais plus de libertés. Qui sont les plus malheureux ?

Dans les années 70 j'ai fait partie de ceux qui propageaient ces âneries. Mea culpa.

La référence aux Droits de l'Homme soi-disant inventés en France a trouvé ces dernières années une utilisation intéressante à relever ici. Des états, jadis, envahissaient des pays non chrétiens, soi-disant pour leur apporter la vrai foi chrétienne. Puis, le justificatif de ces bienfaiteurs a changé. On envahissait pour apporter la « civilisation ». Enfin, ces dernières décennies, on a inventé un nouvel alibi pour pratiquer cet amour international des autres : si on vient les envahir, ce n'est pas pour les civiliser, mais pour exporter la démocratie et les Droits de l'Homme. Bien sûr, ces nobles causes animent ces généreux envahisseurs quand il y a quelque chose à glaner dans les heureux pays ainsi « secouru », par exemple : du pétrole. Ces opérations désintéressées d'exportation de la liberté, la démocratie et les Droits de l'Homme se font assez curieusement en collaboration étroite avec des alliés locaux pas particulièrement réputés proches de ces valeurs : Qatar, Arabie Saoudite, etc.

Au passage, on liquide rapidement les ex alliés qui risqueraient de raconter trop de choses sur l'époque où on leur faisait des bisous. Mouammar Khadafi est mort fort à propos pour ne pas parler et nous éclairer sur les amitiés de ceux qui se sont appliqués à le renverser après l'avoir soutenu durant des dizaines d'années.

Basile, philosophe naïf, Paris le 27 décembre 2012

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