dimanche 30 décembre 2012

37 A propos des cultures dites « régionales »

Au nombre des mythes français actuels, on trouve la France éternelle, une et indivisible, dotée de « frontières naturelles ». Comme si la France était un phénomène naturel ! Quand la soi-disant frontière naturelle de la France était acquise sur le Rhin, elle comprenait une large partie de territoires germanophones, Hambourg compris. Si cet état de choses avait perduré, nous aurions connu un grave problème de minorité allemande opprimée à l'intérieur de nos frontières.

La prétention à l'unité nationale a entrainé le mythe de la nuisance des cultures régionales. On les a persécuté et détruite très largement. On a fait honte aux locuteurs des langues dites « régionales » de parler leurs langues. Tout ceci au profit d'un patois parmi d'autres : le patois d'Île-de-France promu au statut de langue nationale pour des raisons politiques et démagogiques. On a appauvri le paysage culturel.

En Suisse, Allemagne, Autriche, Italie, les langues régionales n'ont pas subi ce laminage. Un Suisse allemand parle allemand et Schweizerdeutsch, un Bavarois parle allemand et aussi Bavarois, etc. En France on a tout cassé ou presque. Le saccage a été méthodique. L'école y a servi. Défense de parler patois ! A celui qui parle patois, un morceau de savon dans la bouche ! Ce genre de brimades a aussi eu cours en Louisiane après la guerre de Sécession et en Alsace entre 1870 et 1918... contre les enfants qui parlaient français en classe !

Le saccage des cultures régionales fait qu'aujourd'hui en France, au lieu de chanter, danser, faire de la musique et de la poésie, porter des costumes régionaux, les gens, quand ils ont des loisirs, le plus souvent s'habillent quelconque, s'emmerdent et regardent la télévision.

Les chansons et contes traditionnels et le pipeau présentés comme chansons et contes enfantins et instrument enfantin ont été bien cassés grâce à cette déconsidération organisée par l'école. Bravo l'école ! Vous avez bien bossé contre la culture vivante et populaire ! Et aussi, pratiquement devant nous, ces dernières décennies a été liquidé l'usage des proverbes, trésors de la sagesse populaire.

Le travail contre la culture est bien fait. Il existait à Paris un très beau et très riche Musée des arts et traditions populaires, où étaient notamment organisées de passionnantes expositions. Il a été supprimé en 2005. Pour servir à la création de tout à fait autre chose : un « Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée » à... Marseille. On a dévalisé Pierre pour habiller Paul. Et servir à un truc de politicien local avide d'utiliser la « culture » pour sa promotion électorale.

Pour détruire le patrimoine culturel de la France on a instauré en 1790 les départements. Soi-disant pour le bien des écoliers, on les a obligé durant des décennies à apprendre tous les départements, avec les noms de leurs préfectures et sous-préfectures. Les adultes, le crâne bien bourré se plaisaient à interroger ainsi les enfants : « récites-moi les départements ». Ces départements qui portent souvent des noms de cours d'eau, ou des noms bébêtes du genre : « département des Hautes-Alpes », n'ont été inventé que pour casser dans l'esprit des gens les pays et provinces traditionnels.

A présent, les héritiers des nuisibles départementeurs veulent nous dévaliser et appauvrir une fois de plus. Cette fois-ci en promotionnant des « régions européennes », « métropoles » et conglomérats divers, y dissolvant communes, départements et états nationaux. Excédé par leurs magouilles, on a envie de leur dire, en paraphrasant Jean-Luc Mélenchon : « qu'ils s'en aillent tous ! »

On dirait qu'il existe des politiciens dont le seul but dans la vie est de nuire aux autres et à l'intérêt public.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 décembre 2012

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