dimanche 26 avril 2020

1270 Remarque à propos des violences faites aux femmes.

La première des violences qu'infligent aux femmes un très grand nombre d'hommes, est de chercher à leur imposer une sexualité invasive et mal venue. Un très grand nombre d'hommes veulent trop, trop sommairement, très maladroitement et parfois violemment imposer l'« Acte sexuel » aux femmes qu'ils ont choisi. À partir du moment où il s'agit d'un acte imposé, même par la seule pression morale ou financière, il ne s'agit plus d'une relation entre deux êtres, mais d'un viol. La femme est réduite au statut de poupée gonflable vivante. Elle mettra plus ou moins rapidement un terme à cette situation qu'elle n'apprécie pas. Le trouble règne ainsi fréquemment entre l'homme et la femme.

Ce trouble est très ancien. Ne dit-on pas « conquérir une femme » ? « Conquérir » est un terme agressif et dominateur. Ce n'est pas un terme qui évoque la tendresse et l'amour. Je remarque qu'aux homosexuels masculins il est souvent reproché de tenir le rôle que la société assigne aux femmes, c'est-à-dire être dominées. Une part du vocabulaire courant associe acte sexuel et domination. Ainsi, par exemple, « se faire baiser » signifie se faire avoir.

Traditionnellement la femme représente « le sexe faible » et l'homme « le sexe fort ». Et il est qualifié d'« impuissant » quand il n'est plus à même d'avoir une érection. Autant d'aspects machistes du langage dont il faudra bien penser un jour à se débarrasser. Et le plus tôt sera le mieux.

L'emploi des mots est rendu parfois très délicat par le statut restrictif et spécialisé que leur a accordé la société. Ainsi, si je dis ou écris « je vous aime » à quelqu'un, ces mots ont un sens invasif et dominateur. Alors que je veux seulement témoigner de mon sentiment sans chercher l'envahissement et la relation dite « sexuelle » avec l'autre. Il faut libérer les mots et leur rendre ou leur donner leur sens pur et effectif. C'est ce que je m'efforce de faire dans ma vie et mes poèmes. Ce n'est pas toujours facile et quelquefois c'est même impossible. Je peux vanter dans une poésie les yeux ou les cheveux d'une femme. Mais allez vanter son fessier ou sa poitrine, ou dire vouloir lui faire une caresse, sans paraître vulgaire et agressif ! Le poète voit alors là les mots lui échapper.

Basile philosophe naïf, Paris le 26 avril 2020

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