dimanche 4 février 2018

893 L'harmonie n'est pas ce qu'on croit

Dans le dernier texte que j'ai publié dans mon blog philosophique j'ai écrit :

« Une fumisterie souvent colportée est représentée par ce que certains ont baptisé : « l'harmonie sexuelle ». Soi-disant elle existerait et assurerait la solidité et la durée du « couple ». Cette farce se double du discours prétendant qu'avec le temps, en connaissant mieux « le corps » et « les désirs » de l'autre on s'accorderait de mieux en mieux. En réalité, très souvent, dans un « couple » avec le temps on baise de moins en moins et même on cesse complètement de baiser. »

« Pourquoi ? Parce qu'on baise à faux. On raisonne et prend intellectuellement la décision de baiser. Cette manière de faire ne tient pas la route. Alors, souvent on se sépare. Et surtout ensuite on évite de réfléchir au motif de cet échec. On nie même que ce soit un échec. On trouve des arguments justificateurs : « l'amour ça dure deux ans », « ça était ma plus belle histoire d'amour », etc. »

Ce passage mérite d'être approfondi. En fait on arrête ici de baiser parce que justement on se retrouve en harmonie avec l'autre. Avec lequel on n'a aucune raison de baiser. Mais allez l'expliquer à des ignorants.

La pression sociétale n'arrive plus à pénétrer dans la chambre conjugale. Les corps se libèrent du filet idéologique d'injonctions de baiser à tous prix. Il arrive parfois que les individus concernés s'accordent à cette nouvelle situation, l'acceptent et restent ensemble. Mais, bien souvent, l'une des parties en présence ne supporte pas la nouvelle donne.

J'ai connu sans le comprendre cette situation. M'étant harmonisé avec l'autre, baiser ne me disait plus rien. L'autre, la copine, me traitant de « colocataire idéal » mais pas compagnon, m'a largué pour un bon baiseur. Elle n'a rien compris à la situation. J'ai réfléchi et fini par comprendre ce qui s'était passé. L'harmonie entre nous deux, sous la pression sociétale, était vécue par mon amie comme une disharmonie. Elle m'a quitté, c'était son droit. J'ai compris. Cette situation ne se reproduira plus. L'expérience a été pour moi extrêmement douloureuse mais utile.

Je trouve ridicule, obscène et risible les articles de magazines qui traitent la baise comme un produit de consommation obligatoire. Si on n'a pas faim de sexe, on devrait soi-disant chercher la faim, baptisée libido. Via des stratagèmes divers, traitements psychologiques ou physiques les plus divers.

Il existe une autre conséquence de l'harmonie entre deux êtres qui quoi qu'ils pensent n'ont aucune raison de baiser ensemble. L'homme, à la longue, ne parvient plus à bander, puisqu'il n'a en fait aucun motif de bander. Alors on fait appel à des spécialités pharmaceutiques destinées à guérir ce trouble qui n'en est pas un.

Ces spécialités offrent une particularité que je n'ai vu rapporter nulle part. Certes, l'homme va obtenir un zizi dur. Mais il sera parfaitement insensible.

Dans ces conditions on ne voit pas quel intérêt représente l'usage de ces drogues.

L'harmonie n'est pas ce qu'on croit. Telle est la vérité que la plupart ignorent, polarisés qu'ils sont sur une chose. La volonté de suivre à tous prix le discours sociétal qui vante le bonheur sexuel comme l'alpha et l'oméga de la vie. Le « bonheur sexuel » n'existe pas. Pas plus que n'existe le bonheur culinaire ou le bonheur auditif. Il existe une multitude de petits bonheurs divers et variés. Au sommet duquel se trouve le bonheur de faire le bien et rendre heureux les autres.

Basile, philosophe naïf, Paris le 4 février 2018

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