lundi 28 octobre 2013

165 Qu'est-ce que l'« amour » ? Que signifie « faire l'amour » ?

L'univers est régi par la loi du changement, la grande loi qui unit et pulse toutes les choses. Son énergie confère la vie et le mouvement par la pulsation universelle sans origine expliquée. Ce qui fait qu'on peut, si on veut, la nommer la respiration de Dieu. On retrouve partout celle-ci : l'inspiration et l'expiration, la diastole et la systole du mouvement cardiaque. Les pieds qui gonflent durant la journée où on est debout. Et dégonflent la nuit quand on reste allongé. La colonne vertébrale de l'humain qui se tasse durant la journée debout. Et s'élonge la nuit quand on est couché.

Cette loi s'exprime au niveau des astres et de l'espace intergalactique, avec l'éloignement des galaxies les unes par rapport aux autres. Auquel succèdera le phénomène inverse, suivant un cycle inlassable. Ce que les ignorants dogmatiques matérialistes entrainés par le chanoine catholique belge Georges Lemaître ont interprété comme la Genèse sans Dieu, fondement de la religion matérialiste big-banguienne. Où « la matière », concept stupide et obscur, va surgir de « rien », affirmation ânesque, superstitieuse et antiscientifique. Qui est à présent, chez nous en France, la base de la religion officielle des physiciens matérialistes, des imbéciles, des ignorants et des capitalistes.

Cette pulsation universelle se retrouve à l'échelle microscopique avec l'oscillation des atomes et l'ondulation de la lumière.

Même l'atmosphère terrestre tremble et fait scintiller à nos yeux les étoiles.

Partout existe ce mouvement de pulsation universel. Que les Chinois des temps anciens ont symbolisé avec le dessin du tai-chi formé des deux éléments symétriques, dynamiques, opposés et complémentaires des énergies yin et yang. Et qu'ils ont aussi approché avec le concept du Tao. Cours universel des choses qu'on ne saurait expliquer ou dessiner précisément. Mais auquel, en s'y conformant, on s'accorde en trouvant sa plénitude. Qu'on peut aussi appeler le bonheur.

Cette pulsation, cet échange, sous la forme perçue comme donner et recevoir, se retrouve dans l'amour entre les humains, suivant l'exemple du mouvement des atomes et de la course des galaxies.

Pour vivre et exister, il faut donner et recevoir. Si on ne donne pas et on ne reçoit pas, au sens figuré ou littéral on est mort. Si on donne seulement, ou on reçoit seulement, on est mal.

Que signifie « faire l'amour » ? Jadis, cela signifiait : « faire la cour ».

Aujourd'hui ça a pris le sens de baiser.

Je propose de lui donner son vrai sens : développer un échange d'amour.

Qui peut comprendre l'acte sexuel, mais absolument pas forcément.

La caresse, le bisou, l'acte sexuel, autant d'éléments qui n'ont de raisons valables d'exister qu'à condition de s'intégrer à l'échange. Sinon ce ne sont que des perturbations du cours de la vie.

L'évolution des mots français désignant les choses en amour est curieuse. Embrasser signifiait prendre dans ses bras. Et a fini par signifier faire un bisou. Baiser signifiait faire un bisou. Et signifie aujourd'hui copuler. Être amant voulait dire aimer et être aimé. Être amoureux aimer sans être aimé. A présent être amant signifie coucher. Être amoureux : aimer, sans plus de précisions.

Faire l'amour, c'est développer un échange d'amour.

Nous avons de longues discussions où nous nous entendons et passons un bon moment ensemble unetelle et moi, une autre unetelle et moi, untel, unetelle et moi, une société réunie d'environ dix personnes et moi. Eh bien, je dirais qu'ainsi « nous faisons l'amour ». Basta les définitions étroites ! Les caresses, les bisous, l'acte sexuel ? Cela existe. Je n'ai rien contre. A condition que cela soit subordonné au reste. Et si je ne m'en fait pas, les caresses, les bisous, l'acte sexuel viendront forcément aussi un jour.

Notre civilisation a inventé l'étrange concept d'« amour physique ». Qu'est-ce que ça veut dire « physique » ? Parce qu'être assis à une même table, une tasse à café à la main, en discutant avec quelqu'un qu'on aime, ce n'est pas physique ?

Un problème qui perturbe l'amour, c'est quand on donne et ne reçoit pas, ou qu'on reçoit et ne donne pas. Quand le partage n'existe pas, l'amour est malade et se porte mal, est menacé.

J'ai connu un tel amour où je passais mon temps à donner sans recevoir. Mon amie souvent malade me disait : « je ne me lève pas pour toi parce que tu fais partie de mon histoire ». Elle était tout le temps au lit. Elle acceptait mes caresses et refusait de m'en donner sous prétexte que je ne réagissais pas suffisamment. Quand nous recevions des amis, je devenais transparent pour elle. Elle s'occupait des amis et m'ignorait. Croyant bien faire, j'acceptais tout. Je croyais que, pour que notre amour dure et se porte bien, il suffisait que je donne.

Cela prenait souvent la forme de taches ménagères. Quand des amis venaient, après la fête je nettoyais et rangeais tout. Quand mon amie était hospitalisée, je préparais, nettoyais, triais, pliais et lui apportais son linge. Un jour, j'ai passé plusieurs heures à remettre en un état impeccable son congélateur qui était rempli de givre. J'étais heureux de faire toutes ces corvées ménagères pour mon amie. Ce qu'elle ne me donnait pas, d'une certaine façon, je le compensais en lui donnant le double. Mais j'étais complètement dans l'erreur. La relation privée d'un réel échange devenait insupportable, aussi bien pour elle que pour moi. On n'échappe pas aux lois de l'échange amoureux. Une caricature d'amour ne tient pas indéfiniment.

J'abondais dans le mauvais sens. Je couvrais de cadeaux mon amie. Un jour, elle a voulu m'offrir un très beau livre coutant 50 euros. J'aurais du accepter. J'ai refusé, pour épargner son budget à elle. J'aurais du accepter, pas seulement pour moi, à qui ce livre aurait fait plaisir. Mais aussi pour elle, car accepter ce livre c'était l'aider à m'aimer.

Le déséquilibre a fini par être tel que ça a fini comme ça devait finir, par une rupture pénible.

Pour un retour à l'équilibre, ç'a été dur pour moi. Point positif : il semble que mon excès d'amour a eu un bon effet sur mon ex amie. Son moral n'a jamais été aussi bien. Car elle a vu et senti qu'elle pouvait être vraiment aimée. Ce dont elle doutait avant de m'avoir connu et fréquenté.

L'échange est une donnée fondamentale. L'autre jour, je rencontrais un brave militant catholique qui expliquait que lui n'était rien. Qu'il était mauvais, méprisable, bon à jeter. Et que seule la venue de Dieu en lui le rendait bon. Mais c'était Dieu, pas lui, à qui revenait tout le mérite.

Son propos, je n'y souscris pas. La grande loi qui unit s'applique partout. S'il l'interprête comme « la venue de Dieu en lui », à partir du moment où il a Dieu en dedans, il devient lui-même une parcelle de Dieu. On ne sépare pas la lumière du filament chauffé de la lampe, la flamme de la bougie de la mêche de la bougie, la bonté, fut-elle d'origine « divine », de celui qui porte celle-ci.

Faire absolument une telle dichotomie en séparant ce que cet homme appelle Dieu et lui, relève de la logique d'Aristote. Il faut absolument qu'une chose soit ça ou ça. Mais la logique aristotélicienne est juste un outil de la pensée parmi d'autres, avec ses limites et défauts.

Il y a dix jours, vendredi 18 octobre 2013, veille des vacances de la Toussaint, je suis place de la Bastille, puis place de la Nation, pour voir les jeunes lycéens rassemblés là. Ils protestent ainsi contre l'expulsion de la jeune collégienne Leonarda 15 ans et du jeune lycéen Khatchik 19 ans.

Le raisonnement de ces jeunes gens et jeunes filles rassemblés est simple : « ils sont comme nous, Leonarda et Khatchik, alors nous n'acceptons pas leur expulsion ! »

J'ai tenu à aller voir ces jeunes pour me faire une idée sans passer par le filtre déformant des médias.

Cette mobilisation de protestation soulève la question, faut-il choisir la loi ou le cœur, l'application des règlements en vigueur ou l'amour ?

Certains déclarent préférer choisir « la loi ».

Leonarda : « C'est une fausse affaire » a déclaré hier Robert Badinter au journal Le Parisien, « L’État de droit n'est pas l’État de faiblesse. Les lois s'appliquent ».

Donc, selon lui, quand la loi s'applique, il n'y a rien à redire.

Quand en 1957, durant la guerre d'Algérie, Fernand Iveton a été guillotiné pour avoir soutenu l'action du FLN, la loi a été appliquée.

Quand, durant l'Occupation, une avorteuse a été guillotiné à Paris, la loi a été appliquée.

A la même époque, une loi portant sur le statut des Juifs a été adoptée, suivie d'autres mesures légales qui ont conduit des dizaines de milliers de Juifs à la mort, légalement.

Quand, dans certains pays musulmans la Charia est officiellement adoptée et qu'on coupe la main droite aux voleurs et lapide les femmes adultères, la loi s'applique.

Quand, avant 1789, en France, l'usage de la torture était légal, c'était la loi.

Alors, dans tous ces cas, il n'y a rien à redire ? Parce que c'est ou c'était « la loi » ?

La « loi » c'est quoi ? Un mot en trois lettre, une consonne suivie de deux voyelles.

Invoquer « la loi » comme au dessus de tout, c'est faire appel à la pensée magique. Des hommes adoptent une loi. Et ensuite ce serait une entité abstraite : « la loi », qui s'imposerait à tous. En quelque sorte, un chiffon de papier sur lequel sont écrits à l'encre quelques phrases, qui commanderait aux hommes. Chiffon de papier fabriqué par des hommes et portant des mots écrits par eux. Pitoyable absurdité !

La grande loi qui unit est tout. La « loi » des hommes n'est rien quand elle s'oppose à la grande loi qui unit.

Cette prétention à devoir se prosterner devant des chiffons de papier, je l'ai rencontré il y a quelques mois. Un brave jeune homme regrettait les saloperies commises par l'Union européenne, ajoutant qu'on ne pouvait rien faire contre. Parce que « on avait signé un tas de traités européens ». Et alors ? Autant de traités, autant de chiffons de papier s'ils s'opposent à la grande loi qui unit. Les traités qui affament et martyrisent les peuple grec et portugais, et nous bientôt, sont nuls et non avenus parce qu'ils s'opposent à la grande loi qui unit. Les chiffons de papier n'ont pas de pouvoirs, quand bien-même ils portent les mots ronflants de lois, traités, etc. Par rapports à eux, seuls les hommes agissent. Et leurs agissement ne sont respectables que s'ils se conforment à la grande loi qui unit. Sinon, leurs actes sont ignobles et révoltants et doivent être traités et considérés en conséquence.

Il y a quelques années je me suis retrouvé par hasard dans le métro assis en face de Robert Badinter. Il était accompagné par une dame avec laquelle il conversait. Je l'ai bien reconnu. Et ne lui ai pas parlé. Je l'ai un peu regretté par la suite. A présent, après ses propos sur Leonarda que j'ai lu sur le site Internet du journal Le Parisien hier, je ne regrette rien.

On parle des lois des hommes, et aussi des « lois » de la Nature. Elles ne sont pas pareilles.

Une de ces « lois de la Nature » indique qu'au niveau de la mer l'eau bout à 100 degrés et gèle à 0°. Cette loi est immuable. Par exemple, on ne peut pas décider, y compris par référendum, que dorénavant au niveau de la mer l'eau va bouillir à 101° et geler à 5°. Les hommes ne peuvent pas ainsi faire obéir la Nature. Ce qui n'empêche pas certains d'essayer. Quand le savant et docteur français Jacques Benveniste a prouvé par ses travaux l'action de dilutions homéopathiques sur des cultures de tissus, il a été censuré. Au nom de la « science » matérialiste on a vu des petits malins calomnier Benveniste. Selon ces petits malins, l'action des dilutions homéopathiques relèvent de la psychologie, de l'effet placebo. Quand j'avais six mois, une otite double avec 41° de fièvre, j'ai été sauvé par des médicaments homéopathiques prescrits par le docteur Griolé envoyé par le docteur Chavanon. A six mois, je connaissais donc l'effet supposé des médicaments homéopathiques, puisque j'ai réagit à leur administration ! Quel génie je suis !

Les propos de quelqu'un rapprochent ses auditeurs, ou lecteurs, de la grande loi qui unit. Alors, ils sont remarqués par eux comme ceux d'un grand philosophe, un prophète. Il en est ainsi par exemple de Lao Tseu, Siddhārtha Gautama Shākyamuni, Jésus, Deganawida...

Siddhārtha Gautama Shākyamuni que nous appelons le Bouddha en Occident. Deganawida, qui a rédigé l'iroquoise Grande loi qui unit. Qui a servi de base à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Et qui porte le même nom que la grande loi qui unit dont je parle ici.

Quand les propos de quelqu'un ou quelques-uns unissent sur de mauvaises bases et éloignent de la grande loi qui unit, ils peuvent tromper et égarer en étant assimilés à des paroles qui rapprochent de la grande loi qui unit. L'union doit se faire sur des bases justes, sinon elle finit mal et en désunion.

Quand une amie et moi nous sommes rapprochés, l'entourage a applaudit. Et nous a encouragé dans l'erreur de la pratique de l'amourisme : au lieu de nous poser la question de ce que nous voulions, pouvions faire et qui était bien, nous avons voulu suivre le scénario de fonctionnement du « couple » et incarner les rôles correspondants. Le résultat est qu'au bout de quelques années plus rien n'allait. Et la rupture de cette relation faussée est arrivée.

L'autre jour, je participais à la délégation du Comité de défense de l'hôpital Hôtel-Dieu chez Nathalie Kosciusko-Morizet candidate à la mairie de Paris. Elle et son porte-parole, un élu du IVème arrondissement de Paris, nous ont répété que si l'hôpital Hôtel-Dieu ferme comme prévu le 4 novembre 2013, il ne pourra plus être rouvert en avril 2014. Ils m'ont parut favorable de facto à la fermeture, car peu décidés à faire vraiment dans l'immédiat quelque chose d'important contre. Et pourquoi ce précieux hôpital s'il fermait serait impossible à rouvrir ? Le souhaiteraient-ils ? Il pourrait parfaitement rouvrir. Car la seule chose qui ne change pas, c'est la loi du changement : la grande loi qui unit et fait pulser toutes les choses. Tout le reste peut changer. Elle reste immuable.

Basile, philosophe naïf, Paris le 28 octobre 2013

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