dimanche 27 janvier 2019

1141 Le problème de la « zone de prédation »

Les femmes veulent de la tendresse masculine. Ont besoin de la tendresse masculine. Recherchent la tendresse masculine. Mais elles se heurtent au problème de la « zone de prédation ». Arrivés à un stade de la tendresse avec une femme, les hommes sont persuadés que à partir de là elle doit obligatoirement « passer à la casserole ». Et ça ne lui convient pas. Ça ne lui correspond pas. L'amour n'est jamais une obligation. S'il y a obligation, ça n'est plus de l'amour. Mais allez l'expliquer à des hommes élevés dans l'illusion de l'automaticité de la sexualité humaine ! Arrivés à tel geste, tel contact, tel propos, telle situation, les personnes concernées entrent dans la zone de prédation sexuelle masculine. La femme n'est plus une femme, avec sa sensibilité, ses goûts, ses dégoûts, ses désirs. Elle n'est plus qu'une proie. Et gare à elle si elle refuse ce rôle de proie !

Le résultat de cette situation est que les femmes stoppent avant d'arriver dans la zone de prédation. J'observais ainsi une femme très sympathique qui dansait près de moi dans une fête. Elle bougeait de tout son corps les bras ouverts et suivait le rythme de l'orchestre. Je fini par danser près d'elle. Elle commence à me bousculer gentiment. Me faisant ainsi tacitement signe de la rejoindre. Ce qui arrive et son chahut se traduit par des mouvements plus sensuels encore. Mais à la danse suivante, elle change radicalement d'attitude. Elle veut visiblement danser seule et avec des mouvements moins amples. Je respecte son choix. Il se poursuit avec la danse suivante. Et après celle-ci je pars aux toilettes. Au retour des toilettes je l'observe de loin. Durant mon absence elle a repris les gestes larges notamment des bras et danse comme tout à l'heure. Pourquoi ces changements ? La raison est simple : la zone de prédation. Si cette femme avait poursuivi sa première chorégraphie avec moi, elle pouvait penser que je serais convaincu d'être arrivé dans la zone de prédation. Alors stop tout de suite.

Ce récit pourrait paraître dépourvu d'intérêt. En fait il illustre une situation générale très largement défectueuse. Les femmes passent leur temps à « refroidir » les ardeurs masculines déplacées. Le résultat est qu'elles les évitent, mais un grand dégât collatéral est l’empêchement de la tendresse. Elle est prise en otage par la stupide boulimie sexuelle masculine.

Et quand un homme s'affranchit de cette boulimie générale, il continue à se heurter au problème de la zone de prédation. Il est traité par les femmes comme les hommes prédateurs, même s'il n'en fait plus partie.

Comment alors sortir de cette situation ? C'est d'autant plus ardu que nombre de prédateurs masculins ont intégré dans leurs techniques de chasse le discours comme quoi ils ne recherchent que la tendresse et rien d'autre.

Une autre difficulté réside dans le fait que nombre de femmes croient que la zone de prédation est dans la nature-même de l'homme. Alors qu'il s'agit d'un phénomène culturel héritage des millénaires passés.

Quand les humains ont inventé l'agriculture et l'élevage il y a plus de dix mille ans, ils ignoraient l'existence de l'ovule et le fonctionnement de l'ovulation. Pour eux seul l'homme avait un rôle actif dans la reproduction. La femme était réduite au rôle d'une sorte de terre où l'homme dépose sa semence. Ajouté à cela la femme était rendue douteuse et suspecte par l'incompréhension du saignement menstruel. Il a fallut attendre 1827 pour la découverte de l'ovule par Karl Ernst von Baer et les années 1840 pour l'explication de l'ovulation faite par Félix Archimède Pouchet et Charles Négrier. Durant plus de dix mille ans les humains ont fantasmé leur sexualité et développé des comportements aberrants. Il serait grand temps de rompre avec ces tristes traditions.

Basile philosophe naïf, Paris le 27 janvier 2019

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