vendredi 22 septembre 2017

857 Blocage sociétal

Contrairement à une idée souvent répandue dans la société française et parisienne, les femmes seraient généralement infiniment plus motivées que les hommes par le sexe et les câlins, mais cette motivation aurait beaucoup de mal à s'exprimer.

Les femmes ne l'expriment pas le plus souvent parce que règne partout dans la société, comme un poison universellement répandu, la peur diffuse, omniprésente et permanente du viol. Combinée à l'immémoriale domination patriarcale, cela donne le fait que, par exemple, si une femme habillée « sexy » est la victime d'un viol, nombreux seront les imbéciles à déclarer qu'elle l'a bien cherché. Pire, qu'elle est la responsable de son agression parce qu'elle a « provoqué ». Alors, dans cette atmosphère malsaine régnante on imagine qu'il est des plus difficile, ambigu et risqué pour une femme de déclarer qu'elle aime le sexe, ou simplement les câlins, pas nécessairement « sexuels ». L'intolérance sexuelle régnante ayant pour effet de réduire les caresses, bisous, câlins à être soi-disant des « préliminaires » de l'acte sexuel soi-disant obligatoire et obligatoirement jouissif.

Une conséquence calamiteuse et générale de cette manière obtuse et bornée de considérer la relation tactile, est que la peur du viol implique la peur panique du toucher entre adultes. Si par exemple on effleure la peau d'un inconnu ou une inconnue dans le métro parisien, on doit s'empresser de s'excuser. Comme si on l'avait agressé. Pourquoi ? Parce que le toucher entre adultes est très abusivement classé « exclusivement sexuel » ou presque. Et pourquoi si c'est « sexuel » ça doit être forcément violent et odieux ? Parce que le sexuel implique le viol.

Cette peur panique, diffuse, omniprésente et permanente est le produit de l'artificielle fringale sexuelle masculine. Pour « être un homme » un homme doit obligatoirement baiser ou chercher à baiser en permanence. Ce conditionnement dévastateur est conforté par le mythe de la puissance, qui irait de pair avec la soi-disant jouissance extrême et obligatoire de tous coïts, et la soi-disant obligation d'« honorer » toutes les femmes rencontrées en cherchant à baiser avec.

Ce conditionnement et ces mythes sexuels sont d'origine culturelle et pas d'origine « naturelle » comme on l'entend très souvent affirmer. Si l'homme s'interroge pour identifier ses vrais désirs et pas ceux issus de son bourrage de crâne et de la publicité pour le consumérisme sexuel, il se rendra compte que son désir de coït et bien moins fréquent qu'il ne le croit. Cette prise de conscience, qui n'est pas forcément évidente à atteindre, constitue une véritable libération et une réconciliation avec soi-même. Durant des dizaines d'années l'homme aura cherché « comment arriver » à baiser des femmes qui lui résistent... Là, il s'attache dorénavant à suivre son désir effectif et véritable. Il se découvre alors en paix avec lui-même et le sexe opposé. C'est ce qui m'est arrivé.

La croyance dans la légitimité du consumérisme sexuel à induit y compris des comportements féminins complémentaires du désordre masculin solliciteur permanent du coït. S'échapper aussi de cette impasse constitue pour l'homme un progrès psychologique significatif. Non pas que « le sexe » soit mauvais. Mais s'il est mal venu, artificiellement programmé, il nuit gravement à l'équilibre relationnel. Quand on suit bêtement le conditionnement hyper-sexualisé régnant, ça conduit à un véritable blocage sociétal. On rêve de baisouillage généralisé, on se branle devant des vidéos pornographiques mettant en scène ces pratiques, et on est de plus en plus seul.

Notre société n'a jamais été autant gavé de pornographie filmée ou photographiée, d'articles et livres vantant la baise à tous prix et à tous va et dans toutes sortes de déclinaisons. Et il n'y a jamais eu autant d'individus se plaignant de souffrir de la solitude. Il est grand temps d'envisager une vaste réforme des mœurs et des comportements humains pour plus de bonheur et de liberté.

Basile, philosophe naïf, Paris le 22 septembre 2017

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