jeudi 30 mai 2013

114 Les faux grands séducteurs

La légende est tenace qui témoignent de la persistance au cours des siècles de séducteurs irrésistibles et « couverts de femmes ». La vérité à l'origine de ces propos est toute autre.

Ce que les femmes cherchent surtout et le plus souvent avec les hommes, c'est l'amour et les câlins. En règle général, ils exigent comme péage d'accès à leurs câlins que les femmes « passent à la casserole ». C'est-à-dire soient baisées au sens usuel de ce terme. Les troubles qui résultent de cette conduite triviale font que beaucoup de femmes hésitent à approcher les hommes ou les laisser approcher. Ceux-ci, généralement, ne comprennent rien ou pas grand chose. « Qu'est-ce qu'elles veulent ? » s'exclament-ils. Ils ne cherchent pas à comprendre la source du problème, qui se trouve en eux, dans leur obsession imbécile de l'acte sexuel à tous prix. Auquel s'ajoute une fréquente et décevante médiocrité tactile de leur part.

Quand une femme accepte de « passer à la casserole » pour avoir droit ensuite ou avant, pendant, à des caresses, elle est la plupart du temps très déçue. Un très grand nombre d'hommes sont des nullités au lit.

Quelquefois des hommes comprennent de quoi sont faits les câlins, leur rôle, place, importance. Ils sont très rares. Ils attirent alors à eux quantité de femmes auxquelles ils font des caresses, câlins, bisous et pas du tout forcément l'acte sexuel. Qui peut quelquefois également arriver, mais guère souvent.

Chercher à expliquer ce qui se passe aux innombrables hommes imbéciles qui les entourent est vain et n'a guère d'utilité.

Les faux « grands séducteurs » sont en fait de vrais grands câlineurs. Et les seuls hommes qui aiment vraiment les femmes. Acceptant leur fallacieuse réputation, ils rient sous cape, bien sûr.

Cela dure depuis des siècles, des millénaires, des centaines de milliers d'années.

Avec la complicité amusée des femmes proches des dits « grands séducteurs ».

L'amour existe. Mais il est aussi fréquent que les vrais hommes.

Qui sont si rares, que Diogène Laërce, qui l'avait compris, se promenait en plein jour avec une lanterne allumée, disant à ceux qu'il croisait : « je cherche un homme ».

Il est plus facile de chercher le pouvoir, l'argent, la célébrité, la violence, la vitesse, que l'amour. Car pour poursuivre de tels buts absurdes il n'est pas nécessaire de se remettre en question. Ainsi que les apparences menteuses qui nous entourent de tous côtés.

L'amour est rare parce que les vrais hommes sont rares. Et non seulement l'amour manque à beaucoup. Mais ils ne savent même pas en quoi consiste ce qui leur manque. Ils meurent souvent sans le savoir. Comment voulez-vous alors qu'ils puissent l'apprendre à leurs enfants ?

Chercher l'amour consiste d'abord à chercher à quoi correspond ce qu'on cherche. Le comprendre peut demander des années. Il est parfaitement possible à nous d'y arriver. Et alors de laisser venir l'amour à nous. Et non d'aller le chercher. Démarche antinomique à la récolte du fruit mûr amoureux qui se détache de lui-même. Et tombe quand il faut de la branche de l'arbre fruitier du ciel.

Basile, philosophe naïf, Paris le 30 mai 2013

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