vendredi 10 mars 2017

729 Grandeur et vanité de ma philosophie

J'ai commencé à m'interroger sur les relations homme-femme il y a cinquante-trois ans et de ce fait ait rédigé quantité de textes dont les derniers, depuis 2012, s'affichent dans mon blog philosophique. Je faisais de la philosophie avant même d'utiliser particulièrement ce mot. Je croyais à l'utilité de ma philosophie car je pensais que l'amour était recherché universellement. Et que pour des raisons de manques de compréhension des choses, les humains n'y arrivaient pas... Qu'il suffirait alors de trouver les réponses à de très vieux problèmes pour améliorer la situation. Je me suis trompé.

Car les humains très souvent ne recherchent pas l'amour. Si je l'ai cru, je viens de le réaliser, c'est parce que j'ai grandi dans une famille dont les géniteurs, mes père et mère, étaient profondément amoureux l'un de l'autre. Une large partie de sa vie pour ma mère et toute la sienne pour mon père. Ce n'est pas une généralité. Habitué à croire que les humains cherchent l'amour, je me suis complètement planté.

Qu'est-ce que recherchent les femmes ? Un homme qui puisse assurer matériellement et moralement la charge d'une famille, des enfants, et être présent. C'est pourquoi, par exemple, les éleveurs français sont réputés de nos jours avoir beaucoup de difficultés pour parvenir à trouver une compagne. S'occuper d'un troupeau, c'est toute l'année et tous les jours et même par moments les nuits aussi. La plupart des femmes préfèrent des hommes salariés qui sont de retour à la maison tous les soirs et ont leurs week-ends de libre et peuvent aussi partir en vacances.

Pourquoi les machos sont souvent mariés et avec de très jolies femmes ? Parce que celles-ci acceptent leur machisme à partir du moment où ils font bouillir la marmite familiale.

En revanche, un poète fantaisiste les pieds dans les nuages et fier de vivre de petits boulots alimentaires comme moi, ne risquait pas de trouver une relation dite « sérieuse ». Restait le cas des femmes qui voulaient juste s'amuser avec moi au lit et puis « passer à autre chose ». Elles ne m'intéressaient guère, imprégné que j'étais de mon modèle parental.

J'ai passé cinquante-trois ans à croire que les femmes cherchaient « l'amour » et que les hommes cherchaient la même chose. Les hommes, c'est différent, ils cherchent souvent juste un cul. Alors les femmes doivent ruser pour parvenir à les capturer, faire marcher droit, remplir et chauffer la marmite familiale. L'amour en tant que grand, noble et premier sentiment recherché n'a absolument pas la côte, sauf dans beaucoup de films, poèmes et discours. Et peut-on reprocher aux femmes - dont le travail domestique et maternel n'est ni reconnu ni rémunéré, - de chercher à assurer la nourriture de leurs gosses ? Bien sûr que non. Mais exit « l'amour ». C'est juste un concept alimentant des poèmes et des chansons. Les poètes qui croient que les femmes dont ils s'éprennent cherchent l'amour se retrouvent le plus souvent isolés et marginalisés. Ce fut mon cas.

Mon blog philosophique destiné, je le croyais, à répondre à de grandes questions et faire avancer l'Humanité toute entière, la Poésie et l'Amour, n'était qu'un pipi de chat.

L'amour dans notre société n'est qu'un mot qui vient se fracasser contre la persistante et prosaïque réalité. Une femme ne va pas affamer ses gosses pour complaire à « l'amour ».

L'amour existe-t-il ? Oh certes oui, si peu et si mal. Vous aimez une femme qui vous aime ? Votre travail vous contraint à être absent toute la semaine ? Vous le perdez ? Votre amour filera aussi. Il est des métiers où les divorces abondent, car au fond, là aussi, l'amour n'existe pas.

Basile, philosophe naïf, Paris le 10 mars 2017

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