vendredi 15 août 2014

272 L'invention du désir permanent et les enfants des premiers jours

Pourquoi les humains se plaignent-ils tant de ne pas arriver à connaître l'amour ? Très simplement parce qu'ils ignorent ce que c'est et cherchent dans de mauvaises directions.

Parmi celles-ci on peut en identifier plusieurs :

Le « mariage » : se « marier » assurerait le bonheur. Mais, le mariage, qu'est-ce que c'est ? Juste un contrat passé devant les autorités civiles ou religieuses. Pourquoi juste un contrat assurerait-il le bonheur ?

Le « Grand Amour » : là, on joue avec les mots. On décrète qu'un « amour », soit une relation entre deux personnes est qualifié « Grand ». Une démarche sémantique qui relève de la magie. Je te baptise vert, si tu es rose, dorénavant tu es vert.

Le « sexe » fabuleux : la pratique de l'acte sexuel avec une personne donnée entraînerait une jouissance extrême. Encore un mythe qui a la vie dure. Et conserve ses adeptes.

La « beauté » : une femme ou un homme très « beau » physiquement assurerait le bonheur de par sa beauté. Une belle ânerie qui fait régulièrement le malheur d'une quantité de gens, notamment des dites très belles personnes qui se font pourchasser par des troupeaux d'imbéciles.

Le plus d'« aventures » possible : coucher avec un maximum de partenaires jeunes et jolies assurerait le « bonheur ». Cette recherche frénétique conduit à divers délires. Un homme riche et célèbre qui collectionnait les belles amours tarifées a même fini par se faire prendre à « entreprendre » une femme de ménage dans un hôtel et voir sa carrière politique terminée.

On voit proclamer des « catégories » qui seraient sensées chercher l'amour : homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle, asexuelle. Les uns chercheraient l'amour avec des personnes du même sexe qu'elles, les autres avec des personnes de sexe opposé, les troisièmes avec des personnes des deux sexes, les derniers éviteraient le sexe. A tous ces gens-là, il est bon de dire : « votre démarche vous regarde, je ne suis pas concerné et ne fait pas partie de votre société ».

Car le sexe est une chose totalement secondaire. Il existe. Mais le plus important est une chose que vous ignorez tout en l'invoquant fréquemment : c'est... l'amour.

Aucune espèce animale, l'homme y compris, n'a en permanence l'envie de s'accoupler. Vous êtes de pauvres gens abusés par votre éducation et croyez que le « sexe » est une activité permanente à pratiquer ou rejeter en permanence.

L'amour, la plupart du temps ignore le sexe. Si le sexe était de la crème fouettée, vous feriez penser à des abrutis qui ramènent une quantité de crème fouettée à ajouter à tous les plats, toutes les boissons qui existent, pire même, toutes les activités. Je veux me promener ? Voici de la crème fouettée ! Je veux faire du sport ? Voici de la crème fouettée ! Je veux manger un sandwich au saucisson ? Voici de la crème fouettée !

Comment ? La crème fouettée te dérange ? Mais c'est très bon, la crème fouettée ! Si tu n'en veux pas, c'est que tu ne l'aimes pas, tu as « un problème » !

Voilà où en sont rendu les milliards d'imbéciles qui ramènent le sexe dans la relation humaine quand il n'a rien à y faire. L'acte sexuel n'est pas quelque chose d'anodin. Et, quand le jour J à l'heure H il n'a pas sa place dans une relation, si tendre et affectueuse soit-elle, on doit le laisser de côté.

Les humains, abusés par leur éducation, assimilent toutes leurs réactions génitales à « l'obligation » de « faire l'amour ». Ils croient aussi que la masturbation exprime le besoin de « faire l'amour ». Alors qu'elle est l'expression de la compensation du manque affectif causé par l'abus de la recherche systématique et permanente de l'acte sexuel. Celui-ci ne devant être recherché que quand un vrai désir réciproque existe, ce qui arrive rarement.

Quand on ne cherche plus systématiquement à mimer les gestes de la reproduction, on découvre la réalité de soi et des autres, qui est pour le moins surprenante. Et l'amour, on le voit partout.

On aime librement. On est libre. Débarrassé de la mythologie amoureuse et sexuelle, on vit enfin sa vie tranquille, loin de l'agitation stupide des autres : les proclamés homosexuels, hétérosexuels, bisexuels ou asexuels. On ne se rattache plus à une des quatre catégories qui s'agitent et croient chercher l'amour. On « est » la relation. On « est » l'amour.

On ne participe plus de la vaste cacophonie ambiante. On préfère et suit la petite musique des fleurs.

Et on se retrouve tel qu'on a toujours été, enfant des premiers jours.

Basile, philosophe naïf, Paris le 15 août 2014

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