lundi 11 mars 2019

1158 Les huit jours et huit nuits de Viverone

Il y a nombre d'années j'ai passé huit jours et huit nuits hébergé par une très chère amie au bord du lac de Viverone, dans la petite ville de Viverone. C'est en Italie, dans la province du Piémont. J'étais en vacances. Notre relation était très claire. Je n'étais pas amoureux de mon amie. Elle, de son côté, était très éprise d'un autre que moi.

Cette amie était une belle jeune fille. Nous avons dormi chaque nuit ensemble, en n'étant que peu habillés. Rien de sexuel n'est arrivé entre nous. Et nous avons très bien vécu et apprécié cette délicieuse intimité. L'amitié entre cette amie et moi est ressortie renforcée par cette expérience vécue. Et par la suite nous n'avons jamais eu de rapports sexuels ensemble.

J'ai parlé de cette expérience à un ami artiste, sensible et intelligent. Il n'en revenait pas. Qu'on puisse ainsi cohabiter pendant huit nuits lui paraissait ahurissant, surréaliste. « Pourtant, on a des envies... ? » bafouilla-t-il .

Quand je repense à ces huit jours et huit nuits de Viverone, je me dit qu'une des pires calamités de nos règles morales est d'avoir prétendu le sommeil partagé synonyme de baise. Résultat, une femme ou un homme qui souhaite partager son lit avec quelqu'un en est réduit à accepter de « passer à la casserole » sexuelle. Ou alors de résister aux assauts de sa compagne ou son compagnon. Susciter de telles situations est infâme.

Soi-disant c'et « naturel », «logique », « inévitable », « bon à prendre », « souhaitable », et j'en passe et des meilleurs. Tout ceci est faux. Dormir ensemble est une des plus délicieuse chose dont nous sommes le plus souvent privé par la faute des outrances sexuelles de nos règles morales établies.

Le langage lui-même est perverti : « dormir avec », « passer la nuit avec », « aller au lit avec », signifie baiser.

Je propose un nouveau verbe pour le fait de dormir ensemble sans baiser : viveroner.

J'ajoute que j'ai en ce moment une amie avec laquelle j'ai une envie intense de viveroner.

Elle lira cet article et sûrement on en parlera.

Je suis absolument convaincu qu'une part très importante de la population rêve de viveroner. Mais n'arrive pas à formuler ce désir. Ou n'ose pas, ne pense pas possible d'exprimer cette envie. Elle doit être extrêmement forte notamment chez les jumelles solitaires, qui ont perdu leur alter ego gémellaire.

Place à la tendresse philosophique en action ! Viveronons ensemble !!!

Basile philosophe naïf, Paris le 10 mars 2019

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