mercredi 3 juillet 2013

125 L'aveu

Un criminel est arrêté. La police l'interroge. Il fini par avouer son crime. Après, il a l'air d'aller mieux. C'est « parce qu'il a soulagé sa conscience ».

C'est d'autant plus vrai que, chaque année, interrogés par la police, des innocents avouent des crimes qu'ils n'ont pas commis et finissent en prison.

Pourquoi avouent-ils ? Pour échapper à la pression de l'interrogatoire interminable réalisé par des enquêteurs frais et dispos se relayant et connaissant toutes les ficelles des pressions psychologiques pour vous faire dire ce qu'ils ont envie d'entendre.

Une enquête « réussie », c'est quand à l'issue, le suspect avoue.

Mais d'où vient ce fameux « interrogatoire » ?

La réponse, je l'ai lu un jour en feuilletant un ouvrage écrit par le grand avocat français et parisien Maître Maurice Garçon.

Jadis, la règle, dans les enquêtes, c'était la torture.

La question ordinaire pour faire avouer son crime.

Et, après la condamnation et avant l'exécution, la question extraordinaire pour faire dénoncer ses complices.

Un jour, la torture judiciaire fut officiellement abolie.

Les enquêteurs en furent tout désemparés. On les comprend.

Ils surent se rattraper. Ils réussirent à conserver la torture psychologique : l'interrogatoire poussé, inlassable, persécuteur.

L'interrogatoire, c'est ce qui reste de la torture d'antan.

Si un jour, par malheur, on vous arrête et interroge pour un délit que vous n'avez pas commis, pensez-y. Ça vous aidera peut-être à ne pas céder aux désirs des enquêteurs. Quand vous serez dans leur confortable bureau bien éclairé, imaginez qu'il y a environ deux siècles, vous auriez été dans de sombres caves soumis à la torture physique et légale ! Votre sort n'est pas si terrible.

Et rappelez-vous le célèbre propos de cet homme montant jadis à l'échafaud : « n'avouez jamais ».

Basile, philosophe naïf, Paris le 3 juillet 2013

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